Pour que nos mots nous survivent

Je suis Madelinot. Acadien. Et depuis une vingtaine d’années, je vis loin de mes Îles, du côté de Varennes, avec le pont Jacques-Cartier qui découpe l’horizon au lieu des dunes, et le fleuve qui chatouille le rivage à la place du Golfe. Le paysage a changé, mais l’accent, lui, revient toujours. Surtout quand je suis fatigué, quand je parle au téléphone avec ma mère. Il ressort comme une marée qu’on croyait basse pour de bon et qui remonte sans prévenir . . .

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