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Chroniques

Parmi les nombreux sujets de discussion concernant les changements climatiques et les actions concrètes que nous pouvons prendre, en tant qu’humain, pour réduire les impacts négatifs que notre espèce joue sur ce phénomène global, l’un d’eux a récemment capté mon attention. Il s’agit, en fait, d’une nouvelle qui date d’un peu plus d’un an, sortie à la suite de la publication d’une étude conjointe de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université de Lund en Suède, et ciblant les pays et régions développés comme le Canada, les États-Unis, la Scandinavie… Grosso modo, ça place sur une échelle graduée la valeur de certaines actions largement considérées comme proenvironnement. Par exemple, changer ses ampoules traditionnelles pour des moins énergivores donne 0,1, recycler, laver son linge à l’eau froide et sécher son linge à l’air libre, environ 0,2 alors qu’éviter un vol transatlantique score tout de même un intéressant 1,6.

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Dans le dictionnaire Larousse, on trouve la définition suivante pour l’expression « Plafond de verre : barrière sociale ou professionnelle implicite, empêchant l’ascension d’une personne, d’un groupe. » Puis, pour l’expression « crever le plafond », on ajoute ceci : dépasser la limite normale. S’il est une femme, fière Madelinienne de surcroît qui, depuis plus de trente ans, a contribué à briser ce plafond de verre et à promouvoir l’égalité hommes-femmes dans le milieu de la construction, c’est bien Sylvie Déraspe, compagnon opératrice de pelles mécaniques et formatrice agréée en santé-sécurité, engins de levage et équipements lourds. Portrait d’une battante…

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Ces temps-ci, on nous présente généralement l’idée de la décroissance et de la simplicité volontaire comme des concepts nouveaux et révolutionnaires adoptés par une poignée d’humains plus évolués que les autres parce qu’eux, contrairement au petit peuple ignare, peuvent prévoir le futur.

Il s’agit en fait d’idées vieilles comme le monde ou presque. Plusieurs mystiques et religions ont prôné les vertus du dépouillement et du besoin de se recentrer sur l’essentiel.

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Le répertoire des blagues de gars chaud est bien touffu. Comme celle du gars qui dit à l’autre de prendre le volant parce qu’il est trop saoul pour jouer de la guitare… ou bien de celui qui dit qu’il n’a pas le choix de conduire parce qu’il est trop chaud pour marcher.

Tout le monde les trouve drôles, ces blagues. Tout le monde, sauf les victimes directes ou indirectes de ces chauffards.

Je discutais dernièrement avec un Madelinot dans la soixantaine. Il me racontait qu’un de ses amis ayant pris un verre de trop lui avait récemment demandé de l’accompagner, ce qu’il fit avec plaisir. « Je trouvais ça super qu’il me demande mon aide, car ce n’était pas dans ses habitudes. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il voulait que je l’accompagne… jusqu’à sa voiture. » Ça ferait une autre bonne blague si ce n’était pas si triste.

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Aux Îles de la Madeleine, il y a des êtres qui ont à un point tel marqué la vie de la communauté qu’on s’imagine qu’ils ont été là, de tout temps. Jean-Marc Cormier est de ceux-là. Livrant aujourd’hui un vaillant combat contre la maladie, cet homme des plus attachants a eu une vie bien remplie. Ils sont rares les habitants des Îles qui ne l’ont pas connu. En effet, beaucoup de Madelinots et de Madeliniennes ont pu bénéficier de son œuvre bienveillante. Mentionnons, entre autres réalisations, ses 28 ans comme professeur de musique à la polyvalente et sa participation, majeure, en tant qu’un des instigateurs de la belle aventure du célèbre Café de La Grave. Écoutons cet homme nous raconter sa vie, de sa belle voix de baryton.

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Vous avez certainement vu ça passer dans les nouvelles.

Chaque année, un organisme sans but lucratif (OSBL) fondé en 2003 et connu sous le nom de Global Footprint Network (GFN) annonce qu’à partir de telle ou telle date, l’Humanité aura dépensé toutes les ressources que la planète peut produire dans son année et nous avertit qu’à partir de cette journée fatidique, nous grugeons dans des ressources non renouvelables. Ils appellent ça le Earth Overshoot Day ou en français, le Jour du dépassement.

Si on comparait ça à un compte de banque, c’est un peu comme si nous pigions dans nos intérêts, mais qu’à partir de telle date, nous utilisions notre capital, et ce, sans pouvoir le remplacer. Évidemment, avec cet exemple, on comprend bien qu’à force de dilapider notre argent, on en viendra à dépenser tout l’argent qui se trouve dans ce compte qui ne produira donc plus d’intérêt du tout. La faillite, quoi.

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Chroniques

À mort!

par Gil Thériault 31 août 2018

À la suite et (possiblement) fin des chroniques inspirées par mon séjour au chalet.

Depuis plusieurs années, je constate à quel point nous nous sommes éloignés de la nature. Des « animaux dénaturés » écrivait Vercors. L’urbanisation y est certes pour quelque chose, mais même en campagne, on s’habitue vite au confort de la vie moderne.

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Il y a plein de petits garçons qui, dans leur enfance, rêvent d’un jour devenir pilote d’avion. Nicolas Thériault était de ceux-là… et il a réalisé son rêve. Depuis six mois, ce Madelinot, né en 1983 à Havre-aux-Maisons, est commandant de bord pour Air Transat, l’une des grandes compagnies d’aviation canadienne, après avoir été, pendant six ans, copilote. Avant, il a travaillé, pendant cinq ans, chez Pascan.

Il faut dire que, dès sa tendre enfance, Nicolas baigna dans le milieu de l’aviation. En effet, son père, Jean-Yves Thériault, fut gérant chez Québécair et puis pour Inter-Canadien, ici à l’aéroport des Îles, pendant 25 ans. Il eut une grande influence sur le choix de carrière de son fils, à qui il inculqua la passion des avions.

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Depuis ma tendre enfance, chaque printemps, mon père me demandait de prendre un sac à déchets et ratisser la propriété afin de ramasser les déchets qui s’y trouvaient.

Je me souviens que l’on pouvait facilement remplir deux pleins sacs à poubelle d’objets en tout genre : beaucoup de bouteille en verre, des paquets et filtres de cigarettes, mais également des emballages de toutes sortes. Chose impensable aujourd’hui, c’était l’époque où l’on jetait simplement sa bouteille tétine de Molson et son paquet de Craven A par la fenêtre une fois vidés de leur précieux contenu.

Je refais systématiquement le même exercice chaque printemps et nos efforts collectifs ont sans doute payé puisque maintenant, un petit sac d’épicerie suffit à l’embarrassante récolte. Malgré toutes nos bonnes intentions, il y aura toujours d’irréductibles pollueurs et, surtout, le vent finit toujours par renverser et ouvrir une poubelle ci et là et disperser son contenu à son gré.

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Comme les Îles pullulent de visiteurs en ce moment, j’ai cru que ce serait un bon moment pour discuter d’un thème cher à plusieurs, tombés irrémédiablement sous le charme de la région : vivre aux Îles, ça ressemble à quoi?

D’emblée, avertissement aux visiteurs : « Ne tombez pas dans le piège estival. Vivre ici à l’année, c’est accepter une vie en montagne russe. Énergie, mouvement, abondance et folie l’été, mais lenteur, retrait et tranquillité l’hiver. » L’esprit doit accepter ce puissant contraste.

On pourrait argumenter qu’à la base, on se sent plus confortable dans un endroit connu et ça veut généralement dire celui où l’on est né. Par contre, je me souviens d’un copain de Québec qui me disait souvent : « C’est bizarre. La plupart de mes amis qui viennent de petits villages ruraux me disent qu’ils n’y retourneront jamais alors que les Madelinots disent presque tous vouloir y retourner plus tard, si c’est possible. » Les particularités de l’endroit semblent donc générer une expectative différente.

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Le dictionnaire définit la dinanderie ainsi : « Art médiéval de la production d’objets en laiton coulé, travail artistique du cuivre ou du laiton en feuille par martelage. » Quand on pénètre dans l’atelier de travail de Claude Bourque, sis à l’Étang-du-Nord, face à la mer, on est tout de suite saisi par la pléthore d’objets et de matériaux divers qui remplissent l’espace. C’est plein d’œuvres, achevées ou en voie de réalisation. Tout cela témoigne de l’activité intense qui s’y déploie. L’imaginaire créatif de cet artiste émérite suinte de toutes parts, nous laissant entrevoir un aperçu de la richesse de son inspiration.

Né près de l’église de Lavernière, à l’Étang-du-Nord, en 1964, Claude a un frère aîné, Yves, qui vit à Québec. Son père, Nestor Bourque, aujourd’hui décédé, était garde-pêche. Sa mère, Olivine Gallant, toujours vivante, à 80 ans, était caissière à la COOP l’Unité, à Lavernière. « J’ai passé mon enfance dehors, avec mes copains, à jouer dans le bois, au football, au hockey boule et au hockey sur glace, dont j’étais un maniaque. » Après ses études primaires et secondaires aux Îles, Claude a étudié, pendant un an, au Cégep de Sainte-Foy, à Québec, en sciences pures. Il a alors pensé, brièvement, à une carrière de vétérinaire, mais il a vite plutôt opté pour les arts visuels, sa matière préférée. Il est donc allé à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, où il a obtenu, en 1986, un baccalauréat en arts visuels, avec une majeure en céramique et gravure. « C’était plus près des Îles et j’ai pu y étudier en français. »

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Chroniques

Arsenaux

par Gil Thériault 6 juillet 2018

Eh oui! Il y a de fortes chances pour que ce nom de famille si commun aux Îles soit le pluriel d’arsenal.

Mais ce dont je voulais vous entretenir aujourd’hui concerne plutôt l’arsenal militaire, plus particulièrement le nucléaire.

Récemment, on a beaucoup parlé de la rencontre entre Trump et Kim Jong-un. L’un des sujets chauds de leur discussion concernait l’armement nucléaire. Beaucoup de pays, possiblement à raison, s’inquiètent que la Corée du Nord possède l’arme nucléaire. Pourtant, les États-Unis l’ont bien, eux.

Comme moi, vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi ça semble tellement normal de désarmer l’un et pas l’autre.

J’ai donc effectué de petites recherches et suis tombé sur l’intéressante explication de M. Hanson, un historien américain.

Il explique que dans les années 40, 50 et jusqu’au début des années 60, il n’y avait que les pays avec la connaissance technologique, la puissance et l’argent nécessaire à ce genre d’expérience qui pouvaient se permettre le nucléaire. On pense ici à l’Angleterre, la France, l’Union soviétique et les États-Unis.

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À 85 ans bien sonnés, Byron Clark, né à Old Harry, à Grosse-Île, reste des plus actifs, alors qu’il s’apprête à publier son huitième ouvrage, à caractère historique, relatant divers aspects et différentes époques de la vie de la communauté anglophone des Îles, principalement. « Ce travail aide à garder ma mémoire active », dit-il, tout en constituant, pour nous, un legs de la mémoire collective du passé.

Les origines familiales de Byron sont doubles, anglaises du côté de son père et irlandaises, du côté de sa mère. L’arrivée des Clark au Canada, venus s’installer en Nouvelle-Écosse, remonte au dix-neuvième siècle. James Clark, l’arrière-arrière-grand-père de Byron, fut le premier, en 1828, à venir vivre aux Îles. Frank, le père de Byron, était menuisier, constructeur de bateaux, pêcheur de morue, marin, durant la Première Guerre mondiale et travailleur des postes, à Old Harry. La mère de Byron, Annie Bell, était d’origine irlandaise, son père étant né à Belfast, en Irlande du Nord.

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À l’heure de publier cette chronique, je suis à Tokyo en train de parler du dossier des baleines franches dans le golfe du Saint-Laurent.

Évidemment, si l’on m’invite aussi loin et à grands frais, ce n’est pas seulement pour rapporter les faits, mais bien pour analyser la situation en profondeur.

C’est donc avec beaucoup d’attention que j’ai fouillé ce dossier au cours des dernières semaines.

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« Le voyage forme la jeunesse », affirme l’adage sans suggérer d’effet sur la vieillesse.

Il faut ici distinguer entre voyage et visite. Dans le premier cas, on découvre en profondeur. Dans la deuxième, sans trop s’imprégner. C’est, selon moi, la différence entre voyageur et touriste/visiteur.

Sans trop savoir pourquoi, ça m’a rapidement attiré d’aller voir ailleurs. Nous voyagions assez peu en famille et les opportunités de le faire en contexte scolaire étaient beaucoup plus rares à mon époque qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Ça explique peut-être en partie pourquoi j’ai sauté sur l’occasion d’un voyage échange avec l’Ontario en 4e secondaire. La piqûre a été forte et instantanée. Découvrir des gens qui s’expriment autrement, pensent, vivent, mangent, aiment autrement, ça me fascinait et pendant les décennies qui ont suivi, ma soif de découverte du même genre semblait insatiable.

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