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Le 6 juillet dernier, Mary Simon, leader inuk du Grand Nord québécois, a été nommée au poste de gouverneure générale du Canada.

J’ai eu l’opportunité de rencontrer Mme Simon à quelques reprises, essentiellement lors de réunions concernant la gestion des ressources sauvages, tel que le phoque et l’ours polaire. Je ne la connais donc pas personnellement et très peu professionnellement, mais j’ai quand même pu constater que ses interventions restaient pertinentes, chose que je ne pourrais affirmer de tous ceux qui participent à ce genre de réunion… et c’est déjà ça de gagner.

Mon but ici n’est pas de discourir sur le poste de gouverneur général. Tout le monde entretient sa propre opinion sur ce poste, essentiellement symbolique, de représentant de la reine au Canada ainsi que de commandant en chef des Forces armées canadiennes.

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Chroniques

L’an 40

par Gil Thériault 9 juillet 2021

Il nous arrive tous d’utiliser des expressions dont on connait le sens, mais dont l’origine nous échappe complètement. « Fou comme un balai », « bête comme ses pieds », « se mêler de ses oignons » et « un de ces quatre » n’en sont que quelques exemples.

L’une de celles que j’utilise personnellement depuis « belle lurette » (en voilà une autre), c’est « je m’en fous comme de l’an 40 ».

Et puis, récemment, ça m’a frappé : mais qu’est-ce qui s’est passé… ou plus justement, ne s’est pas passé en l’an 40 pour qu’on s’en foute à ce point?

Pour commencer, l’expression signifie que l’on accorde très peu ou aucune importance à quelque chose. Mais pourquoi cette année en particulier? Les origines d’une expression sont parfois limpides, mais dans ce cas-ci, disons que… « ça part en couille ».

Déjà, de quelle année 40 parle-t-on? 2040? 1240? 40 après J.-C.? Avant? Comme l’expression a été répertoriée à la fin du XVIIIe siècle, on pourrait croire que ça réfère au moins à une date antérieure, mais l’une des explications veut qu’elle vienne d’un roman d’anticipation intitulé L’an 2440, rêve s’il en fut jamais de Louis-Sébastien Mercier, publié en 1771. L’auteur y décrit une société utopique dont les révolutionnaires de l’époque se seraient vertement moqués, d’où l’expression.

Autre hypothèse qui date de la même époque : certains Français auraient fait des blagues sur l’âge qu’aurait eu Louis XVI quelques jours après être passé à la guillotine.

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Ceux qui s’intéressent aux actualités internationales n’attendent jamais trop longtemps avant d’entendre parler d’une nouvelle flambée de violence entre Israéliens et Palestiniens, images chocs à l’appui.

Comme la plupart des gens, ces nouvelles m’ont toujours attristé profondément, mais je passais toujours rapidement à autre chose.

Puis, lors de l’un de mes voyages, j’ai connu Fawwaz, un Palestinien vivant aux Émirats Arabes Unis. Lorsqu’il a su que j’étais Canadien, il m’a rapidement demandé qu’est-ce que mes compatriotes pensaient de ce conflit.

Je lui ai expliqué qu’à part ce qui se passait aux États-Unis (et encore), une vaste majorité de Canadien s’intéressait peu aux actualités étrangères et que dans un bulletin de nouvelles d’une heure, si l’on allait cinq minutes au-delà des frontières du voisin du sud, c’est qu’il s’y était passé une catastrophe majeure. Mais quand même, j’osai prétendre que ceux qui s’intéressaient un tant soit peu à ce conflit y voyaient un combat totalement inégal, un peu du genre David contre Goliath. Des roches contre des tanks, genre.

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Maintenant, bien que les origines réelles d’un mouvement soient souvent difficiles à bien cerner, il semble que la crise financière mondiale de 2007-2008 ait motivé certaines personnes à repenser en profondeur la façon d’échanger des biens.

Le 31 octobre 2008 est publié sur internet le livre blanc du projet Bitcoin, devenu depuis la cryptomonnaie de référence. L’auteur (ou les auteurs) se cachent sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto et désire « permettre des paiements en ligne directement d’un tiers à un autre sans passer par une institution financière. »

Il s’agit donc d’une réaction au monopole des banques et des gouvernements pour décider de la valeur des transactions en s’octroyant un profil au passage. L’idée est noble et fait un peu penser à un retour au troc, mais dans un monde électronique et avec une unité de base commune comme monnaie d’échange.

Pour ce faire, il fallait bien sûr bâtir la confiance des gens envers une nouvelle « valeur » électronique et virtuelle, donc sans substance matérielle. Après tout, depuis l’abandon de l’or et autres métaux précieux comme étalons pour les transactions électroniques, c’est un peu où nous en étions, sauf que le suivi de ces transactions est centralisé et assuré en secret par ces institutions (banques et gouvernements). Ils sont les seuls à les connaître et les contrôler. Comment alors s’y prendre pour assurer la validité d’un nouveau type de transactions virtuelles, sans intermédiaire et accessibles à qui le veut bien?

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« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. » – Nicolas Boileau, écrivain français, 1636-1711, dans L’Art poétique.

Récemment, le gouvernement de la CAQ a présenté le projet de loi 96, vaste programme visant à redonner de la vigueur à la loi 101, votée par le Parti Québécois, en 1977. Tous, ou presque, s’accordent pour dire qu’il fallait agir devant le recul constaté du français au Québec, principalement dans la grande région de Montréal, où habite néanmoins plus de la moitié de la population du Québec. Ce qui se passe là-bas percole, inévitablement, avec le temps, dans le reste du Québec.

Milieu de travail, langue d’affichage, information gouvernementale, municipalités, éducation, immigration, etc., cette loi ratisse large. Selon le premier ministre François Legault, il s’agit de ramener un sentiment de fierté envers cette belle langue qui est nôtre. Nous la voulons langue commune à tous les Québécois, anciens ou nouveaux. Par ailleurs, certains, bien qu’ils applaudissent à cet effort sincère, après tant d’années de laisser-aller des gouvernements précédents, sont plus exigeants et jugent que le gouvernement y va de demi-mesures et qu’il ne va pas assez loin. Le temps nous dira bien si cette loi aura les effets escomptés.

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Dans la première partie, j’avais abordé le troc, la paléo monnaie, l’adoption de l’or comme échelle de valeur puis son abandon, dans les années 70, ce qui équivaut à baser uniquement notre économie sur un concept aussi volatile que la confiance. Mais avant même ce moment charnière, plusieurs événements ont façonné l’utilisation moderne de la monnaie et le système économique d’aujourd’hui.

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À mon avis, à la fois l’un des plaisirs et l’un des avantages de voyager à l’étranger, c’est d’être exposé à toutes sortes d’éléments novateurs et ainsi élargir nos horizons.

Au cours de leur vie, une grande majorité de Canadiens ne sera exposée qu’à un nombre extrêmement limités d’unités monétaire, possiblement les dollars canadien et américain. Plusieurs auront tout de même entendu parler de l’euro, la livre sterling et peut-être même du yen, mais leur connaissance des devises (unité monétaire) se limitera souvent à ces quelques monnaies vedettes.

Au cours de mes voyages, je dois bien en avoir utilisé près d’une cinquantaine, mais il existe en fait 180 différentes devises reconnues par les Nations-Unis et plusieurs valent plus que l’euro, comme le dinar du Koweït, le rial d’Oman et même le dollar des Îles Cayman. Et ça a piqué ma curiosité.

L’histoire et l’évolution des monnaies sont fascinantes au point de stimuler un triptyque en la matière (passé, présent et futur) dans mes trois prochaines chroniques.

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S’il est un sujet de l’actualité à prendre avec des pincettes, de doigts bien gantés de blanc, c’est sûrement cet épineux dossier de la laïcité de l’État. Longtemps, je me suis retenu de plonger dans ce panier de crabes, mais le récent jugement de la Cour supérieure du Québec, visant à valider ou invalider cette loi votée par l’Assemblée nationale du Québec, la loi 21, a eu raison de ma réticence. Je me mouille

Appuyée par une majorité de Québécois, la loi 21 soulève les passions. Les arguments dans le débat en cours, pour et contre, révèlent le degré d’emprise que la religion a, ou n’a pas, ou n’a plus, sur les individus. Il s’agit aussi de définir de quelle manière doit s’exprimer la notion d’un État laïque, ce que revendique l’État québécois.

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Chroniques

Humus

par Gil Thériault 30 avril 2021

Lors de ma dernière chronique, j’ai descendu en flamme l’affligeant documentaire Seaspiracy. Cette fois, histoire de contrebalancer un chouia, je vais aborder deux autres documentaires qui, au contraire, m’ont beaucoup plu. Même si j’ai moi-même écouté d’abord The Biggest Little Farm (2018) et ensuite Kiss the Ground (2020), je recommanderais l’ordre inverse.

En gros, Kiss the Ground souligne l’extrême importance du sol dans tout l’écosystème et l’équilibre planétaire en général. J’ai déjà abordé ce même sujet lors d’une précédente chronique : un sol fertile demeure la base de tout ce système. Il s’agit de la fondation du bâtiment sans laquelle tout s’écroule.

Je n’ai pas fait d’enquête afin de vérifier les chiffres qu’ils avancent dans ce documentaire, mais les quelques papiers scientifiques que j’ai consulté sur la désertification sont assez éloquents et les dommages causés à la terre par les pesticides et insecticides utilisés dans les monocultures de grands volumes sont bien documentés.

Bien que j’aurais aimé qu’on y explique davantage les raisons qui nous ont motivé, en tant que société, à adopter aussi farouchement l’utilisation des produits chimiques dans nos méthodes agricoles et la complexité de toute cette problématique, les réalisateurs y évitent tout de même le ton moralisateur et n’offrent pas non plus de solution miracle. Enfin, une approche nuancée.

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En 2017, on m’a invité à Rabat, au Maroc, pour faire une présentation à la Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les états africains riverains de l’Océan Atlantique (COMHAFAT). Ma présentation tournait globalement autour d’une constatation et d’un message : l’image de l’industrie de la pêche est publiquement malmenée et vous auriez tout intérêt à vous en préoccuper.

Dernièrement (mars) est apparu sur Netflix le (pseudo) documentaire Seaspiracy, réalisé par un cinéaste britannique, Ali Tabrizi qui, tel une Greta marine, a déjà tout compris de la complexité océanique après deux décennies d’existence. Le film a été produit par la même équipe que Cowspiracy (2014) et applique la même recette. Pourquoi changer une formule gagnante?

Sachant un peu à l’avance que ça allait dans le même sens que tant de pseudo documentaires empruntant une position radicale pour faire parler de soi, j’ai beaucoup hésité avant de le regarder et écrire à son sujet puisque ça lui donne encore un peu plus de visibilité et me fait tomber directement dans ce piège grossier.

En même temps, comme le film arrive en enviable position parmi les plus visionnés dans plusieurs pays du monde, d’un côté comme de l’autre, mon grain de sel n’y changera pas grand-chose… et ça prouve que ce que j’avançais en 2017 (sur la piètre image de l’industrie de la pêche) s’accélère.

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Notre monde mondialisé a fait naître, entre les pays, des inégalités de toutes sortes. Celles-ci sont aussi présentes à l’intérieur des pays. Surtout financières, elles continuent de croître. Des études ont révélé que la pandémie a même permis aux plus riches individus ou organisations de s’enrichir encore davantage. Le 1 % de privilégiés et les méga entreprises voguent sur une vague déferlante qui s’amplifie. Plus rien ne les arrête. Un rapport récent d’Oxfam brosse un portrait peu reluisant. Saviez-vous que près de la moitié des habitants de la planète se contente de vivre avec 5,50 $… par jour? Par ailleurs, la fortune des 1000 milliardaires les plus fortunés totaliserait 11 950 milliards de dollars, ce qui équivaut aux sommes dépensées à ce jour par les gouvernements du G20 pour faire face à la pandémie. Malgré la crise sanitaire, les riches ont vite retrouvé leurs coussins moelleux. Les contraintes imposées aux vols commerciaux ont même vu une forte hausse (15 %) des ventes de… jets privés. Quand on peut, on veut!

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Il aurait fallu être caché sous une roche depuis plusieurs semaines pour ne pas avoir suivi le voyage et l’arrivée du Madeleine II aux Îles la semaine passée.

Je m’y connais assez peu en bateau (et globalement en tout autre moyen de transport), mais aux dires des spécialistes de la question, il était grand temps de remplacer l’ancien traversier. Comme tout matériel, ça finit par vieillir et j’imagine que, comme une voiture, à un certain moment, en plus de coûter plus cher à entretenir qu’à remplacer, la vétusté engendre son lot de risques.

Évidemment, l’équipe de la CTMA ainsi que les Madelinots, en général, ont amplement exprimé leur joie et leur fierté à l’arrivée du nouveau traversier de construction récente, donc plus moderne.

Équipements à la fine pointe de la technologie, timonerie spacieuse, espaces publics adaptés aux personnes à mobilité réduite et bien éclairés, chenil avec accès au pont extérieur, cabines plus confortables, capacité augmentée, utilisation du carburant plus efficace… il semble vraiment avoir tout pour plaire.

Et puis, l’une des personnes de mon entourage s’est étonnée : « Je ne sais pas pourquoi les gens semblent si excités par l’arrivée de ce bateau. Après tout, c’est juste un bateau. »

Sur le coup, j’avoue que ça m’a un peu questionné.

C’est bien vrai que pour moi, une chambre d’hôtel reste juste une chambre d’hôtel et à partir du moment où elle est propre et confortable, ça me convient parfaitement. C’est dire que je ne comprends absolument pas les gens qui paient 1 500 $ pour dormir dans une chambre de luxe qui n’est certainement pas 15 fois plus confortable que celle à 100 $.

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Pas certain si la Dune-du-Sud possède un nombre anormalement élevé de ces adeptes du décibel amplifié, mais entre ces trois irritations sonores que sont les autos et motoneiges modifiées ainsi que les mobylettes avec le moteur dans le tapis, peu de répit annuel.

Je dois dire que cet hiver, ce fut passablement calme. Peu de neige jusqu’à tout récemment et un couvre-feu imposé par la Santé publique aidants. Mais il faut bien souligner ici que ceux qui prennent plaisir à nous casser les oreilles ne sont possiblement pas les premiers à suivre les consignes gouvernementales. Ultimement, il est quand même triste d’en être réduit à souhaiter des hivers pluvieux pour trouver le sommeil.

Parce que s’il y a une chose qui m’irrite profondément, c’est de me faire réveiller en sursaut vers 3 h ou 4 h du matin par ce genre de bruit. Et si j’en crois les commentaires recueillis auprès des voisins, je ne suis pas le seul.

Je me suis donc posé la question : pourquoi au juste? Pourquoi modifier sciemment un engin pour qu’il fasse davantage de bruit et dérange les voisins? Le pur amour du bruit? Si c’était le cas, ils n’auraient qu’à prendre un casque d’écoute et s’auto-étourdir à volonté, non? À défaut d’option, j’en conclus donc que ces couillons éprouvent simplement un réel plaisir à faire le suer le peuple.

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À l’heure actuelle, le Québec est toujours aux prises avec la pandémie de la COVID-19. Dès les débuts, de graves lacunes dans notre système de santé sont apparues, principalement pour les soins aux aîné(e)s. Les milliers de morts dans les CHSLD et les RPA, résidences pour aînés du privé, sont une véritable honte. Le gouvernement doit, de toute urgence, pallier à ces problèmes.

Par ailleurs, cette pandémie nous a aussi révélé les problèmes encourus quant au matériel sanitaire et à la vaccination. Au début de la crise, le Québec, ayant été mal préparé, a fait face à une pénurie de matériel stratégique comme les masques, les gants et les blouses. Aujourd’hui, c’est l’approvisionnement en vaccins qui pose problème. Tous fabriqués et achetés à l’extérieur du Canada, leur arrivée au pays se fait attendre et ils rentrent au compte-gouttes. Certains pays semblent avoir mieux négocié pour obtenir leur juste part. Ainsi, plusieurs estiment que les choses auraient été différentes si le Québec avait sa propre industrie pharmaceutique. Or, ce fut déjà le cas.

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Grosse nouvelle la semaine passée : M. Patate n’est plus.

Écoute… ça a été pour moi une révélation et j’ai décidé de ce pas de faire un grand ménage chez-moi. Fini la domination patriarcale phallocentrique. F.I. fi, N. I. ni.

Premièrement, un grand ménage de tous ces produits qui promeuvent l’horrible archétype. J’ai viré tous les produits M. Net, Capitaine Crounche, Mr. Freeze, la casquette Monsieur Muffler et j’en passe.

Je me suis évidemment senti tout de suite mal d’avoir assumé sans vergogne que mes enfants étaient des fillettes et me suis repenti de les avoir affublées de noms genrés… quelle idée. Je les ai donc renommées immédiatement « Patente » et « Chose ». Ça (pour remplacer le ils/elles) décidera plus tard quel sera leur identité de genre et même si ça en veut une. Même leur mère… désolé (les mauvaises habitudes ont la vie dure), leur autre parent, n’était pas d’accord… c’est à n’y rien comprendre.

Ça eut beau insister que tous leurs papiers d’identité étaient à leur nom d’origine, rien n’y a fait. Ça coûtera ce que ça coûtera, c’est un investissement pour leur avenir dans un monde sans préjugés, donc meilleur. Comme il faisait beau, nous sommes sortis faire une chose de neige. Les enfants semblaient déçus que j’insiste pour ne plus utiliser le terme « bonhomme de neige », mais je suis resté de glace. Après tout, j’ai la responsabilité de leur montrer la voie. La route sera longue et pénible, je devrai rester fort. C’est pour leur bien après tout.

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