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Politique

par Gil Thériault 15 octobre 2021

Ceux qui connaissent un peu mon tortueux parcours professionnel pourraient penser que je m’intéresse passablement à la politique, ce qui n’est pas totalement faux, mais disons qu’à l’instar de la religion, je m’y intéresse surtout comme à un phénomène social influant où je suis davantage observateur que pratiquant. Jusqu’à maintenant du moins.

Tout récemment, j’ai accepté de remplir le questionnaire en ligne « la boussole électorale ». Pour tout dire, j’ai trouvé l’exercice fastidieux et pas très concluant.

Beaucoup de mes réponses se sont soldées par un chagrinant « je ne sais pas ». Peut-être suis-je plus ignorant que la moyenne, mais lorsqu’on me demande si le Canada devrait baisser ou augmenter son budget militaire, il faudrait que je commence par connaître à combien il s’élève, à quel autre pays il se compare en pourcentage du budget global, comment est-il dépensé, est-ce qu’il a baissé ou augmenté ces dernières années et pourquoi…

Il me semble qu’avant de se positionner sur cet enjeu et beaucoup d’autres du genre, il faudrait en maîtriser les rudiments, ce qui n’est pas mon cas… et je me demande quel pourcentage des répondants maîtrise assez bien ces dossiers pour véritablement donner des réponses pertinentes.

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Ces derniers temps, j’ai eu un échange amical, mais quand même un peu intense avec un bon ami qui me reprochait mon manque de confiance envers certains médias de grandes écoutes. « À un certain moment, il faut quand même faire confiance à quelques-uns d’entre eux », rétorquait-il.

C’est vrai. Et je ne les classe pas tous sur le même pied d’égalité non plus, mais c’est également vrai que ma foi envers les médias en général est en chute libre.

Ça m’a donc poussé à une petite introspection qui m’a permis de réaliser qu’avant de me consacrer à l’étude du dossier du phoque, j’étais plutôt ce que l’on pourrait qualifier de généraliste. Je m’intéressais à tout et rien, surfant un peu sur la plupart des sujets, mais sans jamais creuser très profond.

Depuis une douzaine d’années, j’ai consulté des milliers de documents sur ce dossier controversé : études, documentaires, articles, livres, exposés, graphiques… Je me suis en quelque sorte spécialisé en débordant un peu sur la gestion d’autres espèces charismatiques (éléphant, rhino, requin, baleine, ours polaires…).

Ce sujet est devenu, en quelque sorte, mon baromètre de connaissance.

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Il y a de ces événements qui marquent.

La grande majorité des gens de ma génération se souviennent très bien où ils étaient et ce qu’ils faisaient lorsque les attaques contre les deux tours du World Trade Center de New York se sont déroulées.

Champion de marketing, les Américains se sont arrangés pour que cette date soit très facile à retenir : 9-1-1. Le numéro à composer en cas d’urgence est devenu date, le 11 septembre. Lorsque l’on relativise le tragique événement (presque 3 000 morts), le nombre de victimes est faible comparé à d’autres. Guerres, génocides et même plusieurs catastrophes naturelles ont fauché davantage de vies, mais il figure quand même en haut de liste pour le nombre de victime causé par un acte terroriste.

Comme nous venons tout juste de commémorer le 20e anniversaire de cette tragédie, les médias en parlent beaucoup ces temps-ci. De plus, le président américain a récemment décidé de retirer les troupes américaines d’Afghanistan alors que la raison première de leur présence dans ce pays était justement de le purger de son potentiel terroriste. Ce faisant, il a tout de même cautérisé une hémorragie financière estimée à plus de 5,8 trillions de dollars (et 4 000 morts) seulement pour les États-Unis.

Mais je crois qu’il est bon de rappeler les circonstances qui ont mené à ces attentats en sol américain.

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Il y a longtemps que le végétarisme, en tant que phénomène social, m’interroge. L’une de mes premières chroniques Mots de tête, il y a près de cinq ans déjà, y était d’ailleurs consacrée.

Les membres les plus extrêmes de ce mouvement tournent souvent au véganisme qui, non contents de ne manger que des produits à base de plante, refusent tous produits ayant un quelconque lien avec les animaux. Le miel, par exemple, est condamné comme produit de l’esclavage des abeilles. Ça ne s’invente pas.

Pendant longtemps, j’ai pensé que mon aversion pour ce mouvement relevait simplement de mon appétit pour la protéine animale, mais plus je m’informe, plus il me rebute. Pas le régime alimentaire, bien sûr. Je me fous de ce que les gens mettent dans leur assiette, mais bien le dogmatisme du végétalien intégral.

On pourrait sans doute critiquer la sélectivité de mes lectures, soit, mais quand même, au fil des lectures, les critiques envers ce mouvement se sont accumulées à un point tel que je sais maintenant qu’un cheminement tout à fait rationnel m’a mené à cette conclusion.

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En ces temps pandémiques, nous avons tendance à nous gratter le bobo : tannés des masques et du lavage de main, le passeport vaccinal qui chatouille notre libre choix, la distanciation interpersonnelle qui grossit les files d’attentes…

Il suffit pourtant d’un petit regard de l’autre côté de la clôture pour constater que ce n’est vraiment pas plus vert (ou rose) chez le voisin.

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Ces temps-ci, quelques pages à la fois, je rejoins le rang des millions de lecteurs à travers le monde qui ont lu Sapiens : une brève histoire de l’humanité de Yuval Noah Harari.

Si l’ouvrage est loin d’être parfait, il est certes joliment bien écrit, pose des questions pertinentes et leur tente des hypothèses plausibles, même s’ils sont pour la plupart loin de faire l’unanimité parmi les historiens.

Le livre aborde nombre de sujets méritant chronique et dissection, mais l’un d’eux a particulièrement remis en question quelques-unes de mes idées sur la religion.

Pendant de nombreuses années, je me suis tant intéressé à ce phénomène social que j’avais l’impression d’en avoir suffisamment défini les contours, du moins pour m’auto-satisfaire.

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Le 6 juillet dernier, Mary Simon, leader inuk du Grand Nord québécois, a été nommée au poste de gouverneure générale du Canada.

J’ai eu l’opportunité de rencontrer Mme Simon à quelques reprises, essentiellement lors de réunions concernant la gestion des ressources sauvages, tel que le phoque et l’ours polaire. Je ne la connais donc pas personnellement et très peu professionnellement, mais j’ai quand même pu constater que ses interventions restaient pertinentes, chose que je ne pourrais affirmer de tous ceux qui participent à ce genre de réunion… et c’est déjà ça de gagner.

Mon but ici n’est pas de discourir sur le poste de gouverneur général. Tout le monde entretient sa propre opinion sur ce poste, essentiellement symbolique, de représentant de la reine au Canada ainsi que de commandant en chef des Forces armées canadiennes.

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L’an 40

par Gil Thériault 9 juillet 2021

Il nous arrive tous d’utiliser des expressions dont on connait le sens, mais dont l’origine nous échappe complètement. « Fou comme un balai », « bête comme ses pieds », « se mêler de ses oignons » et « un de ces quatre » n’en sont que quelques exemples.

L’une de celles que j’utilise personnellement depuis « belle lurette » (en voilà une autre), c’est « je m’en fous comme de l’an 40 ».

Et puis, récemment, ça m’a frappé : mais qu’est-ce qui s’est passé… ou plus justement, ne s’est pas passé en l’an 40 pour qu’on s’en foute à ce point?

Pour commencer, l’expression signifie que l’on accorde très peu ou aucune importance à quelque chose. Mais pourquoi cette année en particulier? Les origines d’une expression sont parfois limpides, mais dans ce cas-ci, disons que… « ça part en couille ».

Déjà, de quelle année 40 parle-t-on? 2040? 1240? 40 après J.-C.? Avant? Comme l’expression a été répertoriée à la fin du XVIIIe siècle, on pourrait croire que ça réfère au moins à une date antérieure, mais l’une des explications veut qu’elle vienne d’un roman d’anticipation intitulé L’an 2440, rêve s’il en fut jamais de Louis-Sébastien Mercier, publié en 1771. L’auteur y décrit une société utopique dont les révolutionnaires de l’époque se seraient vertement moqués, d’où l’expression.

Autre hypothèse qui date de la même époque : certains Français auraient fait des blagues sur l’âge qu’aurait eu Louis XVI quelques jours après être passé à la guillotine.

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Ceux qui s’intéressent aux actualités internationales n’attendent jamais trop longtemps avant d’entendre parler d’une nouvelle flambée de violence entre Israéliens et Palestiniens, images chocs à l’appui.

Comme la plupart des gens, ces nouvelles m’ont toujours attristé profondément, mais je passais toujours rapidement à autre chose.

Puis, lors de l’un de mes voyages, j’ai connu Fawwaz, un Palestinien vivant aux Émirats Arabes Unis. Lorsqu’il a su que j’étais Canadien, il m’a rapidement demandé qu’est-ce que mes compatriotes pensaient de ce conflit.

Je lui ai expliqué qu’à part ce qui se passait aux États-Unis (et encore), une vaste majorité de Canadien s’intéressait peu aux actualités étrangères et que dans un bulletin de nouvelles d’une heure, si l’on allait cinq minutes au-delà des frontières du voisin du sud, c’est qu’il s’y était passé une catastrophe majeure. Mais quand même, j’osai prétendre que ceux qui s’intéressaient un tant soit peu à ce conflit y voyaient un combat totalement inégal, un peu du genre David contre Goliath. Des roches contre des tanks, genre.

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Maintenant, bien que les origines réelles d’un mouvement soient souvent difficiles à bien cerner, il semble que la crise financière mondiale de 2007-2008 ait motivé certaines personnes à repenser en profondeur la façon d’échanger des biens.

Le 31 octobre 2008 est publié sur internet le livre blanc du projet Bitcoin, devenu depuis la cryptomonnaie de référence. L’auteur (ou les auteurs) se cachent sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto et désire « permettre des paiements en ligne directement d’un tiers à un autre sans passer par une institution financière. »

Il s’agit donc d’une réaction au monopole des banques et des gouvernements pour décider de la valeur des transactions en s’octroyant un profil au passage. L’idée est noble et fait un peu penser à un retour au troc, mais dans un monde électronique et avec une unité de base commune comme monnaie d’échange.

Pour ce faire, il fallait bien sûr bâtir la confiance des gens envers une nouvelle « valeur » électronique et virtuelle, donc sans substance matérielle. Après tout, depuis l’abandon de l’or et autres métaux précieux comme étalons pour les transactions électroniques, c’est un peu où nous en étions, sauf que le suivi de ces transactions est centralisé et assuré en secret par ces institutions (banques et gouvernements). Ils sont les seuls à les connaître et les contrôler. Comment alors s’y prendre pour assurer la validité d’un nouveau type de transactions virtuelles, sans intermédiaire et accessibles à qui le veut bien?

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« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. » – Nicolas Boileau, écrivain français, 1636-1711, dans L’Art poétique.

Récemment, le gouvernement de la CAQ a présenté le projet de loi 96, vaste programme visant à redonner de la vigueur à la loi 101, votée par le Parti Québécois, en 1977. Tous, ou presque, s’accordent pour dire qu’il fallait agir devant le recul constaté du français au Québec, principalement dans la grande région de Montréal, où habite néanmoins plus de la moitié de la population du Québec. Ce qui se passe là-bas percole, inévitablement, avec le temps, dans le reste du Québec.

Milieu de travail, langue d’affichage, information gouvernementale, municipalités, éducation, immigration, etc., cette loi ratisse large. Selon le premier ministre François Legault, il s’agit de ramener un sentiment de fierté envers cette belle langue qui est nôtre. Nous la voulons langue commune à tous les Québécois, anciens ou nouveaux. Par ailleurs, certains, bien qu’ils applaudissent à cet effort sincère, après tant d’années de laisser-aller des gouvernements précédents, sont plus exigeants et jugent que le gouvernement y va de demi-mesures et qu’il ne va pas assez loin. Le temps nous dira bien si cette loi aura les effets escomptés.

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Dans la première partie, j’avais abordé le troc, la paléo monnaie, l’adoption de l’or comme échelle de valeur puis son abandon, dans les années 70, ce qui équivaut à baser uniquement notre économie sur un concept aussi volatile que la confiance. Mais avant même ce moment charnière, plusieurs événements ont façonné l’utilisation moderne de la monnaie et le système économique d’aujourd’hui.

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À mon avis, à la fois l’un des plaisirs et l’un des avantages de voyager à l’étranger, c’est d’être exposé à toutes sortes d’éléments novateurs et ainsi élargir nos horizons.

Au cours de leur vie, une grande majorité de Canadiens ne sera exposée qu’à un nombre extrêmement limités d’unités monétaire, possiblement les dollars canadien et américain. Plusieurs auront tout de même entendu parler de l’euro, la livre sterling et peut-être même du yen, mais leur connaissance des devises (unité monétaire) se limitera souvent à ces quelques monnaies vedettes.

Au cours de mes voyages, je dois bien en avoir utilisé près d’une cinquantaine, mais il existe en fait 180 différentes devises reconnues par les Nations-Unis et plusieurs valent plus que l’euro, comme le dinar du Koweït, le rial d’Oman et même le dollar des Îles Cayman. Et ça a piqué ma curiosité.

L’histoire et l’évolution des monnaies sont fascinantes au point de stimuler un triptyque en la matière (passé, présent et futur) dans mes trois prochaines chroniques.

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S’il est un sujet de l’actualité à prendre avec des pincettes, de doigts bien gantés de blanc, c’est sûrement cet épineux dossier de la laïcité de l’État. Longtemps, je me suis retenu de plonger dans ce panier de crabes, mais le récent jugement de la Cour supérieure du Québec, visant à valider ou invalider cette loi votée par l’Assemblée nationale du Québec, la loi 21, a eu raison de ma réticence. Je me mouille

Appuyée par une majorité de Québécois, la loi 21 soulève les passions. Les arguments dans le débat en cours, pour et contre, révèlent le degré d’emprise que la religion a, ou n’a pas, ou n’a plus, sur les individus. Il s’agit aussi de définir de quelle manière doit s’exprimer la notion d’un État laïque, ce que revendique l’État québécois.

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Chroniques

Humus

par Gil Thériault 30 avril 2021

Lors de ma dernière chronique, j’ai descendu en flamme l’affligeant documentaire Seaspiracy. Cette fois, histoire de contrebalancer un chouia, je vais aborder deux autres documentaires qui, au contraire, m’ont beaucoup plu. Même si j’ai moi-même écouté d’abord The Biggest Little Farm (2018) et ensuite Kiss the Ground (2020), je recommanderais l’ordre inverse.

En gros, Kiss the Ground souligne l’extrême importance du sol dans tout l’écosystème et l’équilibre planétaire en général. J’ai déjà abordé ce même sujet lors d’une précédente chronique : un sol fertile demeure la base de tout ce système. Il s’agit de la fondation du bâtiment sans laquelle tout s’écroule.

Je n’ai pas fait d’enquête afin de vérifier les chiffres qu’ils avancent dans ce documentaire, mais les quelques papiers scientifiques que j’ai consulté sur la désertification sont assez éloquents et les dommages causés à la terre par les pesticides et insecticides utilisés dans les monocultures de grands volumes sont bien documentés.

Bien que j’aurais aimé qu’on y explique davantage les raisons qui nous ont motivé, en tant que société, à adopter aussi farouchement l’utilisation des produits chimiques dans nos méthodes agricoles et la complexité de toute cette problématique, les réalisateurs y évitent tout de même le ton moralisateur et n’offrent pas non plus de solution miracle. Enfin, une approche nuancée.

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