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Chroniques

Vous avez certainement vu ça passer dans les nouvelles.

Chaque année, un organisme sans but lucratif (OSBL) fondé en 2003 et connu sous le nom de Global Footprint Network (GFN) annonce qu’à partir de telle ou telle date, l’Humanité aura dépensé toutes les ressources que la planète peut produire dans son année et nous avertit qu’à partir de cette journée fatidique, nous grugeons dans des ressources non renouvelables. Ils appellent ça le Earth Overshoot Day ou en français, le Jour du dépassement.

Si on comparait ça à un compte de banque, c’est un peu comme si nous pigions dans nos intérêts, mais qu’à partir de telle date, nous utilisions notre capital, et ce, sans pouvoir le remplacer. Évidemment, avec cet exemple, on comprend bien qu’à force de dilapider notre argent, on en viendra à dépenser tout l’argent qui se trouve dans ce compte qui ne produira donc plus d’intérêt du tout. La faillite, quoi.

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Chroniques

À mort!

par Gil Thériault 31 août 2018

À la suite et (possiblement) fin des chroniques inspirées par mon séjour au chalet.

Depuis plusieurs années, je constate à quel point nous nous sommes éloignés de la nature. Des « animaux dénaturés » écrivait Vercors. L’urbanisation y est certes pour quelque chose, mais même en campagne, on s’habitue vite au confort de la vie moderne.

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Il y a plein de petits garçons qui, dans leur enfance, rêvent d’un jour devenir pilote d’avion. Nicolas Thériault était de ceux-là… et il a réalisé son rêve. Depuis six mois, ce Madelinot, né en 1983 à Havre-aux-Maisons, est commandant de bord pour Air Transat, l’une des grandes compagnies d’aviation canadienne, après avoir été, pendant six ans, copilote. Avant, il a travaillé, pendant cinq ans, chez Pascan.

Il faut dire que, dès sa tendre enfance, Nicolas baigna dans le milieu de l’aviation. En effet, son père, Jean-Yves Thériault, fut gérant chez Québécair et puis pour Inter-Canadien, ici à l’aéroport des Îles, pendant 25 ans. Il eut une grande influence sur le choix de carrière de son fils, à qui il inculqua la passion des avions.

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Depuis ma tendre enfance, chaque printemps, mon père me demandait de prendre un sac à déchets et ratisser la propriété afin de ramasser les déchets qui s’y trouvaient.

Je me souviens que l’on pouvait facilement remplir deux pleins sacs à poubelle d’objets en tout genre : beaucoup de bouteille en verre, des paquets et filtres de cigarettes, mais également des emballages de toutes sortes. Chose impensable aujourd’hui, c’était l’époque où l’on jetait simplement sa bouteille tétine de Molson et son paquet de Craven A par la fenêtre une fois vidés de leur précieux contenu.

Je refais systématiquement le même exercice chaque printemps et nos efforts collectifs ont sans doute payé puisque maintenant, un petit sac d’épicerie suffit à l’embarrassante récolte. Malgré toutes nos bonnes intentions, il y aura toujours d’irréductibles pollueurs et, surtout, le vent finit toujours par renverser et ouvrir une poubelle ci et là et disperser son contenu à son gré.

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Comme les Îles pullulent de visiteurs en ce moment, j’ai cru que ce serait un bon moment pour discuter d’un thème cher à plusieurs, tombés irrémédiablement sous le charme de la région : vivre aux Îles, ça ressemble à quoi?

D’emblée, avertissement aux visiteurs : « Ne tombez pas dans le piège estival. Vivre ici à l’année, c’est accepter une vie en montagne russe. Énergie, mouvement, abondance et folie l’été, mais lenteur, retrait et tranquillité l’hiver. » L’esprit doit accepter ce puissant contraste.

On pourrait argumenter qu’à la base, on se sent plus confortable dans un endroit connu et ça veut généralement dire celui où l’on est né. Par contre, je me souviens d’un copain de Québec qui me disait souvent : « C’est bizarre. La plupart de mes amis qui viennent de petits villages ruraux me disent qu’ils n’y retourneront jamais alors que les Madelinots disent presque tous vouloir y retourner plus tard, si c’est possible. » Les particularités de l’endroit semblent donc générer une expectative différente.

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Le dictionnaire définit la dinanderie ainsi : « Art médiéval de la production d’objets en laiton coulé, travail artistique du cuivre ou du laiton en feuille par martelage. » Quand on pénètre dans l’atelier de travail de Claude Bourque, sis à l’Étang-du-Nord, face à la mer, on est tout de suite saisi par la pléthore d’objets et de matériaux divers qui remplissent l’espace. C’est plein d’œuvres, achevées ou en voie de réalisation. Tout cela témoigne de l’activité intense qui s’y déploie. L’imaginaire créatif de cet artiste émérite suinte de toutes parts, nous laissant entrevoir un aperçu de la richesse de son inspiration.

Né près de l’église de Lavernière, à l’Étang-du-Nord, en 1964, Claude a un frère aîné, Yves, qui vit à Québec. Son père, Nestor Bourque, aujourd’hui décédé, était garde-pêche. Sa mère, Olivine Gallant, toujours vivante, à 80 ans, était caissière à la COOP l’Unité, à Lavernière. « J’ai passé mon enfance dehors, avec mes copains, à jouer dans le bois, au football, au hockey boule et au hockey sur glace, dont j’étais un maniaque. » Après ses études primaires et secondaires aux Îles, Claude a étudié, pendant un an, au Cégep de Sainte-Foy, à Québec, en sciences pures. Il a alors pensé, brièvement, à une carrière de vétérinaire, mais il a vite plutôt opté pour les arts visuels, sa matière préférée. Il est donc allé à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, où il a obtenu, en 1986, un baccalauréat en arts visuels, avec une majeure en céramique et gravure. « C’était plus près des Îles et j’ai pu y étudier en français. »

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Chroniques

Arsenaux

par Gil Thériault 6 juillet 2018

Eh oui! Il y a de fortes chances pour que ce nom de famille si commun aux Îles soit le pluriel d’arsenal.

Mais ce dont je voulais vous entretenir aujourd’hui concerne plutôt l’arsenal militaire, plus particulièrement le nucléaire.

Récemment, on a beaucoup parlé de la rencontre entre Trump et Kim Jong-un. L’un des sujets chauds de leur discussion concernait l’armement nucléaire. Beaucoup de pays, possiblement à raison, s’inquiètent que la Corée du Nord possède l’arme nucléaire. Pourtant, les États-Unis l’ont bien, eux.

Comme moi, vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi ça semble tellement normal de désarmer l’un et pas l’autre.

J’ai donc effectué de petites recherches et suis tombé sur l’intéressante explication de M. Hanson, un historien américain.

Il explique que dans les années 40, 50 et jusqu’au début des années 60, il n’y avait que les pays avec la connaissance technologique, la puissance et l’argent nécessaire à ce genre d’expérience qui pouvaient se permettre le nucléaire. On pense ici à l’Angleterre, la France, l’Union soviétique et les États-Unis.

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À 85 ans bien sonnés, Byron Clark, né à Old Harry, à Grosse-Île, reste des plus actifs, alors qu’il s’apprête à publier son huitième ouvrage, à caractère historique, relatant divers aspects et différentes époques de la vie de la communauté anglophone des Îles, principalement. « Ce travail aide à garder ma mémoire active », dit-il, tout en constituant, pour nous, un legs de la mémoire collective du passé.

Les origines familiales de Byron sont doubles, anglaises du côté de son père et irlandaises, du côté de sa mère. L’arrivée des Clark au Canada, venus s’installer en Nouvelle-Écosse, remonte au dix-neuvième siècle. James Clark, l’arrière-arrière-grand-père de Byron, fut le premier, en 1828, à venir vivre aux Îles. Frank, le père de Byron, était menuisier, constructeur de bateaux, pêcheur de morue, marin, durant la Première Guerre mondiale et travailleur des postes, à Old Harry. La mère de Byron, Annie Bell, était d’origine irlandaise, son père étant né à Belfast, en Irlande du Nord.

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À l’heure de publier cette chronique, je suis à Tokyo en train de parler du dossier des baleines franches dans le golfe du Saint-Laurent.

Évidemment, si l’on m’invite aussi loin et à grands frais, ce n’est pas seulement pour rapporter les faits, mais bien pour analyser la situation en profondeur.

C’est donc avec beaucoup d’attention que j’ai fouillé ce dossier au cours des dernières semaines.

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« Le voyage forme la jeunesse », affirme l’adage sans suggérer d’effet sur la vieillesse.

Il faut ici distinguer entre voyage et visite. Dans le premier cas, on découvre en profondeur. Dans la deuxième, sans trop s’imprégner. C’est, selon moi, la différence entre voyageur et touriste/visiteur.

Sans trop savoir pourquoi, ça m’a rapidement attiré d’aller voir ailleurs. Nous voyagions assez peu en famille et les opportunités de le faire en contexte scolaire étaient beaucoup plus rares à mon époque qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Ça explique peut-être en partie pourquoi j’ai sauté sur l’occasion d’un voyage échange avec l’Ontario en 4e secondaire. La piqûre a été forte et instantanée. Découvrir des gens qui s’expriment autrement, pensent, vivent, mangent, aiment autrement, ça me fascinait et pendant les décennies qui ont suivi, ma soif de découverte du même genre semblait insatiable.

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« L’hiver a tourné le visage, le gel a craqué sous le pont. Ça crie dehors et ça voyage, dans le chemin des trois maisons. » Extrait de la chanson Le chemin des trois maisons.

Auteur-compositeur-interprète de chansons bien connu, également écrivain, Georges Langford a créé, depuis plus de cinquante ans, une œuvre musicale et littéraire d’une grande richesse. Dans ses chansons et ses écrits, il est souvent question de ses Îles chéries, qu’il aime passionnément et qu’il a fait connaître à l’extérieur de l’archipel. On peut certes dire de ce grand timide que c’est notre barde bien à nous.

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J’ai déjà lu quelque part que donner la vie (avoir un enfant) était l’acte qui nous rapprochait le plus de notre essence divine.

Pour la plupart des gens, il s’agit tout de même d’un acte naturel, parfois planifié, parfois imprévu. Pour d’autres, c’est plus complexe.

Ma femme et moi avons dû passer par la procréation assistée. C’est dire que si nous nous étions connus à une autre époque, nous n’aurions sans doute jamais éprouvé le bonheur d’avoir une famille à moins d’adopter. Notre cas est loin d’être unique, mais si un nombre grandissant de couples ont recours à la procréation assistée, ce domaine reste mal connu du grand public.

Outre les étonnantes avancées médicales et scientifiques dans ce domaine, ce qui m’a le plus frappé dans toute cette aventure, ce sont les questions morales inattendues que l’on doit se poser en cours de route.

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Lorsque je faisais de la coopération en Afrique, l’évènement de la semaine, c’était Dallas. Tout le village se rassemblait alors pour écouter cette série télévisée sur l’unique écran disponible. Ils étaient tous fascinés par la vie de cette famille de multimilliardaires américains.

Un jour, l’un des villageois m’a demandé : « Et toi, Abdulaye (mon nom malien), toi aussi tu as une voiture? » Pensant à ma vieille Honda Civic toute rouillée, toute rouillée, je répondais : « Ouuui. » « Aah, comme dans Dallas », de répondre Lassine. Et moi, évidemment, de me lancer dans une longue explication pour décrire l’impossible comparaison entre ma vie et celle de JR Ewing.

Au bout de mon monologue-fleuve, il me dit simplement : « Mais tu as quand même une voiture… » J’avais compris son message : JR et moi pouvions tous deux nous rendre du point A au point B en voiture. Le genre de véhicule importe peu. Donc, s’il existe une différence entre JR et moi, ce n’est rien comparé au monde qui me sépare de l’Africain moyen.

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L’un aura passé quatre ans aux Îles, l’autre y a été prêtre pendant près de 20 ans. Les deux se sont connus pendant leurs études et se sont retrouvés ici. Bientôt, ils vont nous quitter afin de poursuivre leur vie et leur apostolat ailleurs. Allons à la rencontre de ces deux disciples de Jésus.

Claude

Claude Gosselin est né le 22 janvier 1959, à Saint-Louis-de-Pintendre, un petit village près de Lévis. Ses parents, Marcel Gosselin et Juliette Aubert, aujourd’hui décédés, étaient propriétaires d’un garage et d’un restaurent attenant. La famille de cinq enfants, quatre garçons et une fille, dont Claude est le benjamin, vivait au-dessus de ce commerce d’entreprise familiale. « Mon terrain de jeu était le garage et le restaurant. Je m’amusais à jouer avec… les clients. Cela a fait de moi un être très sociable. Encore aujourd’hui, je suis à l’aise quand il y a plein de gens autour de moi. » Claude a donc vite appris ce qu’est la notion de servir, qu’il a par la suite continué de faire dans son sacerdoce. « Le client a toujours raison », rappelle-t-il.

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Dans cette expression péjorative, de qui parle-t-on? Du colonisateur ou du colonisé?

À la genèse du Canada, la France et l’Angleterre ont envoyé des colons afin de coloniser leurs colonies. On peut donc dire que les colonisateurs de cette histoire sont ces deux pays européens. Les autochtones ont fait office de colonisés alors que nos ancêtres étaient les colons. Des générations de métissage plus tard, j’imagine que ça fait de nous des colons/colonisés.

Bien qu’à plusieurs égards, l’histoire des États-Unis soit similaire à la nôtre, il semble clair que les Américains se soient solidement affranchis de leur passé puisqu’aujourd’hui, ils dictent souvent, même à leurs anciennes mères patries, quoi dire et faire.

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