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Hugo Bourque

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    Oui, j’ai déjà été président. Non, je ne parle pas ici de ma plus récente game de Trou de cul, le jeu de cartes bien connu. Quand j’étais à la Polyvalente, chaque année, il y avait des élections. On devait se choisir un conseil étudiant.

    Ma première « campagne électorale » a eu lieu en secondaire 1. On m’avait recruté parce que j’étais le frère de l’autre et sûrement pas pour ma coupe Longueuil et mes t-shirts trop longs. On m’avait offert le poste des communications, même si je ne savais pas trop trop ce que ça impliquait. Malheureusement -ou heureusement- nous avons été battus sans même pouvoir mettre ça sur le dos de l’argent et du vote ethnique. Un scandale!

    Ce n’est que quatre ans plus tard, tel un Gabriel Nadeau-Dubois de Lavernière, que j’ai foncé tête première vers ma deuxième campagne. J’avais regroupé autour de moi des personnes qui, il me semblait, étaient assez populaires dans leur niveau scolaire respectif pour nous permettre de rentrer fort. En politique, il y en a qui achète des électeurs, moi je les tétais en m’associant à des aimants à vote. Chacun son truc. Je m’étais donné le rôle de président… sans savoir trop trop ce que ça impliquait. Ça avait juste l’air le fun d’avoir son propre local dans l’école et de se faire appeler Monsieur le Président. Comme quoi je faisais ça pour les bonnes raisons…

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    23 octobre 2020 Aucun commentaire
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  • Vous demanderez à maman. J’ai sûrement déjà eu le fameux Terrible Two à deux ans, probablement le Fuckin’ Four à quatre ans pis le godam de six à six ans. Mais je ne croyais jamais, au grand jamais, pogner la crise de la quarantaine. En fait, dans ma tête, j’ai tout le temps cru que c’était une légende urbaine. Une espèce de Bonhomme Sept Heures ridé et courbaturé qu’on brandit comme une menace pour faire peur aux gens qui ont vieilli trop vite. Un mythe visant à justifier une faiblesse, ou du moins une insécurité.

    Dans mon cas, ça a pris un an à s’installer sournoisement en moi. Tellement que j’ai pensé m’en sortir sans trop de séquelles. Ma première année de quarantième s’est passée sans que je m’inquiète de mon sort. Remarquez que je ne vous ferai pas de cachette, j’ai vieilli. Dans mon corps, je me sens comme un vieux pet près de sa retraite. J’ai mal à peu près partout, même escarré tranquille sur le sofa. Il faut dire que mon travail en position assise toute la journée me joue de vilains tours. Sinon, même si je cours trois fois par semaine, le moindre effort physique supplémentaire se fait ressentir durant plusieurs jours.

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  • Au début du mois de mars, ça faisait déjà presqu’un mois que Thérèse n’avait pas eu la visite de ses enfants et encore moins de ses petits-enfants. En fait, elle n’avait eu la visite de personne. Mais bon, à soixante-treize ans, elle était capable de s’arranger toute seule. Et puis, les mères étant des mères, pas question de déranger les enfants avec ça. S’ils ne venaient pas à elle, elle n’allait certainement pas les appeler pour insister. Ils avaient sûrement mieux à faire…

    Thérèse vit toujours dans sa belle grande maison ancestrale, à la Belle-Anse. À l’est payée, ça serait quasiment fou de pas en profiter jusqu’au boutte, qu’elle dit toujours. Quand son mari est décédé du cancer, il y a trois ans, ses deux gars auraient voulu qu’elle vende tout ça pour aller rester à la Villa, mais il n’en était pas question. Elle était bien résolue à rester chez elle jusqu’à son dernier souffle. C’est pas un godam de cancer qui va venir scrapper la fin de ma vie, qu’elle répétait.

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  • On en avait tous entendu parler. On savait qu’un jour, ça allait nous arriver. On ne savait juste pas quand. Cet après-midi-là, en rentrant dans la classe de notre cours d’économies familiales, la p’tite Yvette était prête. Prête à nous apprendre la vie. Prête à nous montrer les vraies affaires. À foncer malgré les réticences de chacun. Oui, ce jour-là, coûte que coûte et malgré le fait qu’on n’était que des adolescents bourgeonnants, on allait apprendre à coudre un bouton.

    La p’tite Yvette, c’était Yvette Monnier. Un petit bout de femme impeccable. Toujours tirée à quatre épingles. Les cheveux remontés en chignon sans une mèche qui dépasse. Le parfum bien dosé, ni trop présent ni complètement discret. Jamais un mot déplacé. Une pointe d’humour aux bonnes places et juste ce qu’il faut de poigne pour qu’on l’écoute sans lui manquer de respect. Et elle n’avait pas la tâche la plus simple au monde; elle était professeur d’économies familiales en secondaire deux. Autrement dit, elle devait apprendre à des enfants prépubères à devenir des adultes pas trop pépères. Méchant contrat!

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  • Enfin, godam! Ils sont partis. C’est pas qu’on les aime pas, nos enfants. Mais mon djeu qu’on les aime encore plus quand ils sont à l’école. La semaine passée, par chez nous, c’était la rentrée de mes petits pirates. Je dis « petits », mais le plus grand des deux trouverait ça sûrement moins drôle que l’autre de se faire catégoriser comme ça. Évidemment, avec ce qu’on a vécu depuis le mois de mars, disons que cette rentrée a brassé pas mal d’émotions. Un mélange de peur et de soulagement. Et c’est dommage, parce que normalement, les retours en classe sont plutôt festifs.

    Je me souviens, au primaire, chaque début d’année, c’était la fête dans le gymnase de mon école, l’école Saint-Pierre de Lavernière. À travers cette odeur si particulière d’espadrilles humides, cordés comme des piquets de clôture, on était tous réunis pour que notre directrice, Madame Hilda, nous présente le thème de l’année et la petite chanson quétaine qui allait avec. Nos professeurs auraient beaucoup aimé qu’on chante le refrain avec elles, mais malheureusement l’écho ne nous permettait jamais de bien entendre les paroles. Ça ou le fait que ça ne nous tentait absolument pas de chanter. À vous de choisir.

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  • Cher Hugo,

    Moi, c’est toi dans vingt-cinq ans. Je t’écris pour te rassurer et te confirmer qu’il s’en passe des affaires dans un quart de siècle. Et je ne parle pas juste des nombreux poils gris que nous avons maintenant dans notre barbe…

    Tu es sur le point d’entamer ta toute dernière année à la Polyvalente. Wow! Profites-en bien, parce que c’est vrai ce qu’on dit : ce sont les plus belles années de notre vie. Tu vas voir qu’on va s’ennuyer de notre passage dans la grande école. De nos amis. De nos professeurs aussi. On sera très nostalgique des expériences qu’on y aura vécues. L’improvisation sur l’heure du dîner, le théâtre que t’as fait l’an passé avec Pascal Chevarie et celui que tu vas faire cette année avec Jean-Jacques Bourgeois, tes animations de galas amateurs. Sans oublier toutes les jokes que tu auras racontées à tes amis dans les corridors de l’école et les nombreux pas franchis entre l’aile B et l’aile D pour passer le temps entre les cours.

    Avouons-le, on n’est pas très sportif. Tu l’as toujours dit : tout le sport, chez les Bourque, a été chez notre frère. Mais ne te décourage pas, parce que malgré quelques douleurs chroniques dues à notre travail assis devant un ordinateur, c’est à quarante et un ans qu’on va se sentir le plus en forme. Peux-tu croire qu’on se lève régulièrement à cinq heures du matin pour aller courir?

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  • Salut ! Moi, c’est William.

    Pis moi, c’est Charlie.

    On est les enfants à Hugo, mais cette semaine, c’est nous qui allons vous écrire. En fait, c’est moi parce que ma sœur n’est pas encore capable d’écrire.

    T’as dit la même chose l’année passée.

    Oui, pis si je ne me trompe pas, je vais encore le dire l’année prochaine.

    Cet été, on a encore été aux Îles. On devait y aller en auto, mais finalement, comme y a du monde qui ne voulait pas qu’on passe par chez eux pour se rendre au bateau, papa a décidé qu’on irait en avion.

    Comme ça, on n’allait pas être obligé de se chicaner dans le char. On allait faire ça dans l’avion.

    Mais moi, y a une chose que j’ai trouvé plate. C’est que Charlie était pas obligé de garder son masque dans l’avion. Pis moi, oui.

    C’est parce que j’ai juste cinq ans, c’est pour ça.

    Mais c’est pas juste pareil !

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  • C’était une belle journée chaude de juillet. Le genre de journée où les astres s’alignent et où les marées s’affinent, transformant la mer en véritable miroir marin réfléchissant le ciel à merveille.

    Ce jour-là, on était un groupe d’amis évaché sur la plage du Corfu. On avait joué au Frisbee, on s’était baigné, on avait tué des taons en leur faisant claquer nos serviettes mouillées sur la djeule… mais là, on faisait le bacon au soleil en jasant de toutes sortes d’affaires, mais surtout des autres. As-tu su pour le gars à machine? As-tu vu la fille à chose? D’ici la fin de l’après-midi, c’était garanti, on allait tous être à jour dans nos palabres.

    Quand tout à coup, une rumeur de possibilité de pêche au maquereau s’est mise à planer au-dessus de nous autres. Le papa d’une amie connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un… Bref, un bateau et son capitaine étaient disponibles pour nous y amener. On n’allait sûrement pas bouder notre plaisir. Tout le monde est retourné chacun chez eux pour aller s’enlever le sable des culottes et pour ramener ce qu’il faut pour une sortie en mer, c’est-à-dire pas grand-chose.

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  • J’ai mal à mon showbiz. Oh ! Ce n’est pas un milieu très sain d’esprit. Entre nous, il faut être carencé en godêche pour toujours avoir besoin de se mettre de l’avant et rechercher constamment l’attention, l’approbation et l’amour du plus grand nombre de personnes possible. Pas étonnant de trouver beaucoup de dépendances chez nos artistes chouchous. Mais récemment, plusieurs, et certains parmi nos préférés, sont tombés de leur piédestal. Disons que si l’on a souvent chanté J’aurais voulu être un artiste, je pense que certains d’entre eux auraient préféré ne pas en être un ces jours-ci. Une vague houleuse de dénonciation sur le web ou dans des journaux a fait voler en éclat l’héritage culturel que plusieurs professionnels du divertissement auraient bien aimé nous léguer.

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  • C’est la face au vent, virée vers une ligne d’horizon en mouvement et le dos collé sur une dune de la Pointe-aux-Loups que je farfouillais distraitement mon Facebook à la recherche d’un détail de journée d’une connaissance que j’aurais malencontreusement échappé. Mon pouce glisse la vie des autres par en haut à une vitesse folle. Rien de pertinent, rien d’intéressant.

    Des mots. Plein de mots. Mais surtout des maux. Plein de maux. On se plaint, on s’accuse, on se dénonce, on se prononce. Et tout ça, sans que personne ne nous demande vraiment notre avis. On s’improvise spécialistes de tout sans connaître rien en rien.

    On le voit très bien ces temps-ci avec le fameux port du masque obligatoire. Soudainement, on est tous aptes à argumenter, même avec des scientifiques. Pourtant, que tu sois d’accord avec la loi ou non, ça n’intéresse à peu près personne. Dis-le si tu veux, mais de grâce, laisse ceux qui ne sont pas d’accord avec toi penser ce qu’ils veulent. Peu importe dans quelle équipe que tu es. Tu veux le porter? Porte-le. Tu ne veux pas le porter? OK, reste chez vous. Simple de même.

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  • Les Îles. Plus de trois cents kilomètres de plages. Et peu importe le petit bout qu’on choisit pour s’y échouer, le temps passé là est toujours un moment magique…

    Spot trouvé, serviette éparée. Tout est prêt pour une journée rêvée. Mais le sable s’est déjà invité dans nos affaires. Le vent l’y a poussé sans trop de difficulté. Reprendre sa serviette pour l’escouer dans les airs et manger le sable en pleine face. Il souffle de quel bord, ce vent-là?

    Se tortiller sur sa serviette pour se creuser un espace confortable pour le dos. Comme si le sable labouré allait se transformer en matelas coussiné. Faire le bacon. Un bout sur le ventre, un bout sur le dos. Pour s’égaliser la déprime en même temps que la peau. Un bout sur le ventre, un bout sur le dos. Se colorer le corps pour se vider l’esprit. L’esprit sain dans un corps sain devient l’esprit bien dans un corps brun. Se badigeonner comme une dinde à Noël pour ne pas sécher sous la chaleur d’un fourneau à ciel ouvert. Le sable et le foin de dune fument sous le soleil chaud d’une fin de juillet qui tape et retape jusqu’à nous faire rougir de l’intérieur. Ça sent bon… quand on est capable de faire abstraction de l’odeur de coconut des crèmes de madames à la peau jaune-orange étrange.

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