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Chronique Hugo Bourque

Ah ben, si c’est pas Éverrade qu’arrrive au Tim! Pis? Qu’osse que ça chante de bon?

Rien d’neuf, mon Arthur. Rien du tout.

Fait que? Qu’osse que ça a changé parr chez vous finalement?

Changé?

Les élections? Qu’osse que ça a changé?

C’est ça que j’te disais : rien d’neuf, mon Arthur. Rien du tout.

Godam de sorrt, hein? Whate épivarrderries pourr rrien! Des pancarrtes laides, des débats plates, des quessions pas à moitié d’rréponse… toute ça pourr rr’venirr exactement à la même même place qu’avant. Just same! Décourrageant.

On a assez tourné en rond avec c’te campagne-là… on dirait qu’à s’a passé au grand complet dans l’rond-point à Jonathan à la Grande-Entrée!

Ben t’es neuillasse!

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BIP! Courir. Jusqu’à l’autre bord de la ligne avant que l’autre « bip » se fasse entendre. Ma génération, on a tous fait les fameuses courses à paliers du secondaire. Probablement l’activité physique la plus détestée des étudiants. Plus le temps passait, plus les sons stridents se rapprochaient et te forçaient à courir toujours de plus en plus vite. Quand ça faisait trop de fois que tu n’arrivais pas à la ligne d’en face à temps, tu étais éliminé et tu retournais t’asseoir la queue entre les jambes, et les jambes tout aussi mortes que toi.

Qui aurait cru à l’époque que la vie serait un peu comme une course à paliers. On court. Toujours. De plus en plus vite en espérant ne pas s’essouffler plus tôt que prévu. On court après notre queue. On court après notre temps… quand ce n’est pas après celui des autres. On court après notre vie… quand ce n’est pas après celle des autres. On court au travail comme à la maison. Quand on magasine, on dit qu’on fait des courses. On court la chance de gagner à la loterie. On court la galipote. Certains se permettent même de courir deux lièvres à la fois, surtout ceux qui ont la réputation d’être des coureurs de jupons. Ça court les rues. On prend une chance, on court le risque. Y a même des rumeurs qui courent là-dessus. Quand on est sur un gros projet, on dit qu’on est sur un marathon. Et quand on est presque rendu à la fin, on dit que c’est le dernier sprint. On court même après l’amour… pas étonnant que beaucoup de couples finissent par s’essouffler. Et après tout ça, comme si ce n’était pas déjà assez, pour se garder en forme, on va courir. BIP!

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– Godam de sorrt!

– Quosse qu’i’ a, mon Arthur?

– Pas moyen d’aller à la COOP.

– Masse fait? Trop de monde, encore? Pourtant, les tourisses sont pas mal partis…

– Nan, même pas. C’est parrce qu’on est dimanche. C’est farrmé, astheurre, le dimanche.

– Ben quossé qu’ça? Dis me pas qu’le bon Djeu est r’venu à la mode? Le jour du Seigneur est-i’ ressuscité dans notr’ calendrier?

– Nan, nan… grrand neuillasse! C’parrce qu’i’ manque de perrsonnel!

– Ben godêche de luck. Veux-tu bien m’dire yousse que toute c’te personnel-là est passé? Avant la COVID, y’en avait du monde pour travailler…

– J’ché pas! Mais c’est parrtout parrreil, hein? À Mourrial, y a même des rrestaurrants qui offrrent jusqu’à trrente piasses de l’heurre pourr attirrer des trravailleurs. Mais, y veulent même pas ça!

– Ben es-tu fou? Astheure, les travailleurs cherchent un travail ou y faut pas travailler trop fort. Ça veut pus travailler les soirs pis les fins de semaine. Ça veut trois semaines à Noël, deux à Pâques, quatre à l’été pis une à la Mi-Carême… pis faudrait tout le temps les laisser s’en aller aussitôt que leur enfant a l’nez qui coule une miette. En bas de t’ça, givatome la PCU pis ça presse!

– Ben en attendant, pus moyen d’fairre son épicerrie en plein dimanche aprrès-midi! C’est capotant!

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Jamais. Jamais je n’aurais pu imaginer un jour travailler à la SAQ. À dix-huit ans, je n’avais pas encore goûté à de l’alcool, et je n’avais jamais vraiment travaillé non plus. Mais comme la SAQ était au centre d’achat à l’époque, maman, qui travaillait aussi au centre d’achat dans ce temps-là, en avait glissé un mot à Sam Bourgeois, le directeur de la SAQ. Tout d’un coup qu’il aurait un poste à combler pour l’été… Eh bien, justement, il se cherchait des étudiants pour compléter son équipe.

Mais on ne devenait pas commis là-bas si facilement. Il fallait d’abord passer un examen médical. En attendant mon tour au CLSC, j’avais eu la curiosité d’ouvrir l’enveloppe que Sam m’avait remise et de regarder le formulaire à faire remplir par le médecin. On voulait tout savoir sur moi : mes allergies, mes maladies, mes p’tits soucis… Il y avait même une case pour dire si, oui ou non, j’avais un visage symétrique. Parce que tout le monde sait que c’est toujours très important d’avoir les sourcils à la même hauteur pour aligner comme il faut des bouteilles sur une tablette…

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Tut-tut-tut, mon Arthur! Pas si vite. As-tu ton passeport?

Quoi, mon passeporrt? Ben t’as tombé su’ la tête. J’brraque pas pou’ la Florride, godam, j’va juste me cherrcher un snack au Dixie Lee.

Nan, mais whate tête! J’te parle pas du passeport avec notre face de Mi-Carême étampée d’ssus. J’te parle du passeport à vaccin. J’espère que tu l’as?

Ben c’est sûrr que j’l’ai! J’ai pas idée d’êtrre le seul tata à même pas pouvoirr rrentrrer au CAP pou’ m’entrraîner.

Ben t’es neuillasse! Tu t’entraînes même pas. J’pense que la dernière fois que t’as l’ver de quoi au-d’ssus d’ta tête, c’est quand t’as l’vé ta main pour poser une question au secondaire!

Ah, mon god, toi!

Mais tu vas p’t’être pouvoir me dire ça… me semblait qu’on allait pouvoir enlever notre masque quand on allait avoir le passeport? J’suis assez étchœuré d’avoir ça dans su’ la djeule…

Ah ben ça, c’est comme le rreste. C’est à cause du varriant!

Ah ben j’aimerais cranque de croire ça! J’me respecte la raie!

Ben oui, c’est ça. Le varriant Delta est plus rrough pis c’est pourr ça qu’on continue d’se masquer la face même si qu’on est toute vaccinés.

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J’ai toujours été attiré par les talk-shows. Quand j’étais petit, même si ça ne s’adressait pas vraiment à moi, j’aimais ce type d’émission. Entendre des anecdotes, découvrir des chansons, rire de sketches ou de blagues d’invités. Les talk-shows ont vraiment bercé mon enfance, et m’ont accompagné tout au long de ma vie en me proposant souvent des moments magiques.

Par exemple, Montréal en direct, avec par Pierre Marcotte. Mais surtout mon segment préféré de l’émission : le Bar en direct, avec Claude Blanchard qui racontait plein de jokes. Jokes de belles-mères, de gars saoul, de Newfies. Tout y passait. Et j’essayais de les retenir pour pouvoir les raconter à mon tour par la suite. J’aimais tellement ça que j’imitais parfois Pierre et Claude sur un petit magnétophone à cassettes. J’y enregistrais des débuts d’émissions, et comme j’avais à peu près six ans à l’époque, mon humour n’était pas encore très raffiné. Mon émission s’appelait Montréal en pet et mon texte d’ouverture de chaque émission consistait à faire un bruit de pet avec ma bouche et de courir jusqu’à la salle de bain pour flusher la toilette. Des heures de plaisir.

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Il y a ceux qu’on réalise enfin et ceux qui nous glissent entre les doigts. Il y a les inatteignables et les farfelus et ceux qui valent la peine d’être envisagés et poursuivis. Il y a ceux qu’on caresse toute notre vie sans jamais trouver le courage de tenter notre chance et ceux que nous transformons en réalité à coups d’efforts et de persévérance.

Le rêve éveillé, c’est celui qui nous pousse par en avant. Celui qui nous invite à nous améliorer comme personne. À devenir plus performants et à se dépasser. Mais pour y arriver, il faut d’abord y croire et ensuite, il faut rapidement se mettre en marche dans la bonne direction sans trop regarder en arrière ni se laisser distraire.

Il y en a qui rêvent d’avoir plus d’argent pour être riche. D’autres rêvent que les riches aient moins d’argent. Beaucoup rêvent au bonheur sans avoir l’impression qu’ils y toucheront un jour.

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Yes sir, mon Arthur. Comment c’qu’i’ va?

Arthur? Mais quosse que t’es après faire là? Es-tu après d’te troubler?

J’fais la danse du soleil! Avec toute la chnoute qui nous a tombé su’ la tête c’t’été, j’me dis qu’ça peut pas fairre de torrt.

Mais t’es après t’chavirer net! Tu vas finir par te dérènecher l’dos à faire toutes c’tes grand’ simagrées-là!

Arrrête ouarre. Pis à parrt de t’ça, si jamais ça devient une discipline olympique, j’s’rrai prrêt.

Ah mon god, toi, pars-moi pas su’ les Olympiques!

Mais quosse que t’as contrre les Olympiques?

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La messe du dimanche matin va bientôt finir. Habituellement, on va plutôt à l’église le samedi soir, mais cette semaine, c’est pas pareil. C’est une messe spéciale. Tranquillement pas vite, nous allons presque tous nous déplacer vers le quai de L’Étang-du-Nord où débutera officiellement le Festival du pêcheur. Et pour l’occasion, comme chaque année, un beau cortège de bateaux de pêche décorés de leurs plus beaux fanions multicolores se rendra au large des côtes pour accompagner le père Lafrance qui lancera une couronne de fleurs en mémoire de ces valeureux pêcheurs que la mer aura malheureusement décidé de garder près d’elle pour l’éternité. Amen.

J’ai six ans. Comme matante Marie-May et matante Emma font partie de la chorale La Vague, je les suis partout. Surtout quand il y a un événement spécial comme la messe de minuit ou, dans ce cas-ci, celle du pêcheur, parce que la chorale propose toujours un petit spectacle en plus des chants réguliers. Et aujourd’hui, je sais ce qui s’en vient : une promenade en mer. Parce qu’il n’y a pas que le père Lafrance qui voguera vers le large. Un bateau amènera aussi la chorale, question d’ajouter un peu de musique à l’événement. Moi, je me faufile avec mes matantes, et prends place à bord pour ma p’tite drive annuelle sur l’eau. Comme je n’ai aucun pêcheur dans ma famille, c’est pas tous les jours que j’ai l’occasion d’en faire une. Alors, j’en profite.

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Salut! Moi, c’est William.

Pis moi, Charlie.

On est les enfants à Hugo, et cette semaine, c’est nous qui allons vous écrire. En fait, c’est moi parce que ma sœur ne sait pas encore écrire.

T’as dit la même chose l’année passée pis l’autre avant. Mais je te jure que c’est la dernière fois, parce que je vais être en première année pis je vais apprendre à lire et à écrire.

OK, mais en attendant, tu sais pas écrire. Fait que c’est moi qui va le faire…

Pfff…

Pfff toi-même! Tout ce qu’on va vous raconter ici est vrai. Vous demanderez à papa, il va vous le dire. Là, on vient de quitter les Îles pour retourner dans notre autre chez nous. C’est fou c’qui peut s’en passer, des choses, dans deux semaines de vacances.

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Plus on vit dans une petite place, plus on se gangrène de petites habitudes inoffensives plus ou moins utiles, mais tout à fait cocasses. Ça finit par nous définir, par nous hanter. Tant et tellement qu’on ne se rend parfois plus compte qu’elles sont parties prenantes de notre personnalité.

Par exemple, il faut savoir que par chez nous, on ne met pas tout le temps notre clignotant en auto. On prend souvent pour acquis que la personne en arrière de nous sait yousse qu’on reste, donc sait yousse qu’on va tourner. Mais si tu ne viens pas d’ici et que tu ne mets pas ton clignotant, c’est là que c’est fourrant. Parce qu’on sait pus qui c’qui va où pis on risque de se rentrer dedans. Bref, si t’es pas de chez nous, laisse ça aux pros pis mets ton clignotant!

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