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Chronique Hugo Bourque

On est samedi matin ; il fait beau et chaud. Personne ne parle d’aller au chalet à la Martinique ; il faudra se trouver quelque chose à faire. J’appelle donc Guillaume à Johnny pour aller jouer chez eux. Rien de nouveau ici ; j’ai passé la moitié de mon enfance avec lui. On a joué aux bonshommes de lutte à grands coups de « pffff », « pffff » sans fin, on a écouté beaucoup de films en mangeant du pop corn… mais ce jour-là, ce n’est pas ce que j’avais le goût de faire.

Koss tu fais ?

Rien de spécial.

Ça t’tente-ti d’aller su’ la Butte du vent jouer aux fusils ?

Jouer aux fusils. Faire semblant d’être des GI JOE. Se cacher, espionner et « tirer dans l’tas ». J’aimais beaucoup jouer à ça. Étonnant pour un gars qui évite de dire non pour ne pas faire de pé-peine à quelqu’un.

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L’évolution. Mon ami Robert de la grande famille des illustrés la définit comme étant une transformation graduelle et continuelle. Et ce qui est beau avec l’évolution, c’est que ça se vit généralement tout en douceur de sorte qu’on se rend à peine compte du changement. Rapidement, on oublie même ce que la vie était avant que celui-ci survienne.

Chaque génération a son bouleversement : la télévision, l’automobile, l’avion, la robotique, la microbiologie, la nanobiologie… Mais à mon âge, la nouveauté qui a le plus révolutionné ma vie et marqué mon échelle du temps, c’est clairement l’arrivée de l’internet.

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« Je m’appelle William; je suis un p’tit gars de six ans et tout ce que je vais vous raconter est vrai. Vous demanderez à papa, il va vous le dire. Cet été, je n’étais pas censé venir aux Îles, mais à la dernière minute, mon papa trouvait qu’il en avait grand besoin. Encore une fois, je vais me souvenir longtemps de ma visite ici.

Premièrement, ma sœur et moi on a été poignés dans une auto pendant toute une journée à jouer au iPad, à regarder des films de Batman et à s’écœurer. Une journée de rêve. Après, on a pris le bateau de nuit; c’est tellement beau, une traversée quand tu dors. Un merci spécial au Madeleine qui a passé la nuit à appeler des gens dans les haut-parleurs. Ça aide à bien se reposer…

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Couic, couic, couic, couic, couic…

C’est le bruit que font nos pieds en marchant sur certaines plages des Îles comme celle de Pointe-aux-Loups. On dit que le sable chante… comme le fromage en grains frais de la Fromagerie Pied-de-Vent quand on le croque.

Quand j’étais petit, ma plage, c’était celle de la Martinique, à cause du chalet familial. Elle n’avait pourtant rien de si extraordinaire, mais c’était notre place. Mais je me souviens que ce que je n’aimais pas d’elle, c’est que parfois la mer de ce côté-là était remplie d’un genre d’algue qui avait l’air de longs brins d’herbe. J’étais d’ailleurs convaincu qu’il y avait un gars à l’Île d’Entrée qui avait tondu son gazon et que c’est pour ça qu’on était poigné pour se baigner dans ça. Je l’ai-tu haï, ce gars-là!

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Imaginez que vous organisez une fête à laquelle vous invitez beaucoup d’amis. Après la soirée, ils retournent tous chacun chez eux et immanquablement c’est le début des anecdotes. On se remémore les bons coups, les rires, les surprises; on souligne également les mauvais coups, les bizarreries et les commentaires étonnants. Le plus souvent, ce sont d’ailleurs ces derniers qui restent dans nos mémoires le plus longtemps.

Aux Îles, c’est pareil. Chaque année, des milliers de visiteurs viennent tourister sur notre archipel de rêve. C’est ce qui nous fait vivre, c’est ce qui nous ravigote d’un hiver souvent difficile; c’est le moment pour nous de se remplir d’énergie pour être en mesure de survivre à la prochaine saison de solitude.

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Avant les fusions municipales, presque chaque municipalité des Îles présentait sa fête estivale : Festival du homard de Grande-Entrée, La chasse aux trésors de Havre-aux-Maisons, La fête du village de Cap-aux-Meules, Sable-O-Vent de Fatima, Festival acadien de Havre-Aubert et, bien sûr, le Festival du pêcheur de L’Étang-du-Nord. Je dis « bien sûr » parce qu’étant donné que c’est mon coin de l’archipel, c’était comme « mon » festival. À travers les années, il m’a proposé tout plein d’activités… et de souvenirs.

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Quand il fait chaud, on sort ses culottes courtes, ses camisoles et ses gougounes pour aérer tout ce qui s’aère en public. Pour beaucoup de monde, c’est un réflexe tout à fait banal; pour d’autres, c’est un moment presque angoissant. C’est pourquoi quelques semaines avant le début de l’été, plusieurs se mettent à fréquenter les salles d’entraînement pour essayer de faire fondre quelques livres et ainsi retrouver confiance en eux.

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Quand j’étais petit, chez pepé avait un minuscule chalet à la Martinique; on n’y allait pas souvent, mais chaque fois, ça avait pour moi quelque chose de bien spécial.

Je me souviens que dès que je mettais le pied dehors de chez nous, je savais que ce serait une journée de chalet. Ça se sentait. Vraiment. Une odeur de sable chaud et de marée baissante qui, avec le souffle du vent, se rendait jusqu’à mes narines au plus profond du centre-ville de Lavernière. Quand ces senteurs-là réussissaient à masquer celle de la Canapro, je savais qu’on allait aboutir sur la Martinique.

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Richard à Joseph à Henry à Jules à Constant à Joseph à Pierre-Paul à Pierre à Michel à François à Antoine à Simon. Toute une lignée d’hommes qui, avant moi, ont fait de leur mieux pour être le meilleur papa que leur époque leur suggérait d’être. Je parle de l’époque parce qu’évidemment, le rôle du père a beaucoup évolué avec le temps; Ovila Pronovost dans Les filles de Caleb s’assoyait rarement par terre pour jouer aux Barbies avec Blanche quand elle était petite. Pas sûr qu’il lisait beaucoup de livres de paternité pour s’améliorer et mieux comprendre ses enfants non plus.

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À l’été 2004, j’effectuais mon tout dernier match au sein de la Ligue madelinienne d’improvisation. C’était au bar Chez Gaspard, juste en dessous d’un tuyau qui coule. À ce moment-là, je quittais une organisation, des amis, une famille.

Vingt-sept ans plus tôt, à Montréal, eut lieu le tout premier match d’improvisation; le succès fut immédiat. Robert Gravel et Yvon Leduc venaient d’inventer un jeu qui allait traverser les époques et marquer plusieurs générations d’improvisateurs et de spectateurs. Partout au Québec. Partout dans le monde. Une performance théâtrale où des comédiens imaginent une histoire à partir d’un thème donné, sans préparation, sans texte, sans rien. Un véritable saut dans le vide.

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– Hugo, c’est l’heure d’se l’ver. Faut être su’l’quai d’bonne heure si on veut être sûr de monter à bord.

-Pas déjà? Me semble que j’viens d’me coucher…

Il est de bonne heure. En fait, tellement de bonne heure que même l’heure est couchée à c’t’heure-là. Évidemment, la veille d’un départ, on s’endort toujours plus tard qu’on aurait voulu. On est excité, on pense à ce qu’on souhaite faire pendant nos vacances. Ça arrive encore à 37 ans; imaginez à 7… Donc, quand le cadran sonne ou, dans ce cas-ci, quand mon père vient me réveiller, disons que la levée de corps se fait difficilement.

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Nous sommes en 1996. Je me prépare tranquillement à passer à travers mes derniers examens du secondaire, mais j’ai la tête ailleurs. Je suis même un p’tit brin déprimé. Le genre de déprime qui s’amourache d’un bonheur et qui surgit aussitôt que celui-ci le quitte. Une nostalgie qui t’étouffe hâtivement dès la première seconde où tu te rends compte que tu as perdu ce que tu chérissais tant. Nous sommes en 1996 et nous venons tout juste d’effectuer la dernière représentation de la pièce de théâtre « Témoin à charge » d’Agatha Christie; après plusieurs années d’attente, c’était enfin à mon tour de faire partie de la troupe de la 5e secondaire, dirigée par notre professeur de français, Jean-Jacques à Éphrem. Momentanément, mon coup de cœur pour le théâtre se transforme en véritable peine d’amour. Heureusement pour moi, ça ne durera qu’un moment.

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Le rêve, mes amis. Un rêve éveillé et pleinement conscient. Un rêve d’amélioration de notre condition ; tout ce qu’il y a de plus optimiste et positif. Je rêve d’un demain assumant l’hier et zieutant l’après-demain avec l’espérance d’un présent emmieuté. Par les temps qui courent, les corruptions, les commissions d’enquête et les fraudes de toutes sortes semblent se passer davantage du côté des élues et de la police que de celui des brigands et des criminels. Les élèves ont dépassé les maîtres, comme on dit. Et c’est pourquoi je rêve.

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