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Chronique Hugo Bourque

Chaque fois que je monte à bord d’un avion, je repense à mes premières fois. C’était à l’époque de la run de lait : les Îles, Gaspé, Mont-Joli, Québec, Montréal. Avec l’impression d’arrêter à deux places pour rien ; je vous laisse deviner lesquelles.

Moi, la première fois que j’ai embarqué dans un avion, j’avais entendu dire que les oreilles pouvaient nous boucher pendant le vol. Oui, aujourd’hui je sais que c’était uniquement pendant le décollage et l’atterrissage, mais dans le temps, je ne possédais pas encore cette précision. Alors, pendant les quatre heures et demie qu’a duré le transport, j’ai chiqué ma gomme comme si c’était ma dernière chiquée à vie. Résultat : à défaut d’avoir mal aux oreilles, j’ai eu la mâchoire engourdie pendant presque tout le long de mes vacances.

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À chaque fin d’été, on a hâte que la chaleur nous lâche. Mais dès que l’automne arrive, on a hâte que l’été revienne. Il faut dire que pour moi, l’automne, c’est davantage la fin d’une chose que le début de quelque chose. La fin du beau temps, des gougounes, des bermudas. Des fois, je pense même que le calendrier automnal nous pousse dans une certaine déprime. Le soleil se couche de plus en plus tôt, on ferme nos piscines, on ramasse notre BBQ. Quand j’étais petit, c’était le moment où papa effectuait la rotation de sa machinerie dans le garage : le tracteur à gazon s’en allait dans le fond et la souffleuse à neige prenait le devant de la grand’ porte. Dans les prochaines semaines, on va célébrer l’Halloween, le mois des morts, le jour du Souvenir; on est loin d’une visite à Walt Disney. Croyez-moi, on ne fera pas beaucoup de karaoké durant ces fêtes-là.

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Cher Señor Météo,

Es-tu tombé su’ la tête? Qu’est-ce qu’on t’a fait? Sans blague, je sais que l’homme avec sa pollution n’est pas délicat avec toi depuis plusieurs années, mais la vengeance ne te mènera nulle part. Le père Lafrance nous l’a assez dit : « Aimez-vous les uns les autres, comme Colette Provencher ». Il me semble que le message passe bien!

Premièrement, est-ce que c’est moi où tu as décidé de passer la saison estivale aux Îles? Sur l’archipel, il a fait beau tout l’été, mais de toute évidence, tu ne t’es pas forcé pour Montréal.

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Depuis que je suis tout petit, j’aime les galas. Les québécois, parce que sinon, je ne m’y connais pas. Moi, si tu es un acteur américain et que tu ne t’appelles pas Brad Pitt, ça se peut que je te mélange avec un autre. C’est comme ça. Même chose pour les chanteurs américains d’ailleurs : si tu ne t’appelles pas Brad Pitt, ça se peut que je te mélange. C’est comme ça. Mais les galas québécois, j’ai toujours aimé ça. J’aime nos artistes ; j’aime nos comédiens, animateurs, humoristes, interprètes, auteurs. Je suis content pour ceux qui gagnent et je suis déçu pour ceux qui perdent.

Je me souviens particulièrement de la remise des prix Gémeaux. Je me revois m’installer devant la grosse Bertha qui nous servait de télévision chez mes parents, de mettre ça au 2 et d’attendre patiemment que ça commence.

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Habiter sur un archipel comporte son lot d’avantages : la mer, le calme, la paix. La sainte paix. Mais évidemment, il n’y a pas que ça. Quand on vit sur une île, on a vite fait le tour, on connaît tout le monde et l’on ne passe jamais vraiment incognito. C’est pourquoi on finit à peu près tous par ressentir l’urgence de sortir de chez nous pour aller voir ailleurs ce qui se passe. Plusieurs Madelinots se paient donc une petite drive à Moncton par année. Un peu de magasinage à la Place Champlain et un brin de chiac dans l’oreille, ça te réorganise l’Acadien.

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14 h 40. La cloche sonne. Et pas n’importe laquelle : celle qui annonce la fin des cours pour aujourd’hui. Un peu plus de huit cents étudiants boutonneux prennent d’assaut les corridors de la Polyvalente des Îles comme si le feu venait de poigner dans leur classe ou comme si c’était la journée du hot chicken à la cafétéria. En sortant de la salle de mathématiques, je croise Aristide qui promène un rétroprojecteur d’acétates sur un chariot dans l’aile F. Je l’ai tellement vu faire ça souvent que j’en ai conclu que pour passer le temps, il promène ses appareils audiovisuels comme un bébé le fait avec ses poupées. J’aperçois aussi Lucie, la préposée de la bibliothèque, qui garde le silence même dans les corridors ; déformation professionnelle, j’imagine. Je la soupçonne d’ailleurs de chuchoter même chez elle les fins de semaine.

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Cher Señor Météo,

Es-tu tombé su’ la tête? Qu’est-ce qu’on t’a fait? Sans blague, je sais que l’homme avec sa pollution n’est pas délicat avec toi depuis plusieurs années, mais la vengeance ne te mènera nulle part. Le père Lafrance nous l’a assez dit : « Aimez-vous les uns les autres, comme Colette Provencher ». Il me semble que le message passe bien!

Premièrement, est-ce que c’est moi où tu as décidé de passer la saison estivale aux Îles? Sur l’archipel, il a fait beau tout l’été, mais de toute évidence, tu ne t’es pas forcé pour Montréal.

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À ce temps-ci de l’année, c’est la course au matériel scolaire : vingt-sept Duos Tangs de vingt-sept couleurs différentes; la boîte en métal de Prismacolor avec chaque crayon identifié avec le nom de l’enfant; cinq cahiers Canada et trois cahiers Catéchèse avec le gros poisson de la multiplication des pains dessiné dessus; une colle Pritt; deux effaces, mais pas celles en crayon qui crie « crique-crique-crique » quand on la pousse hors du crayon parce que ça dérange toute la classe; six cartables de deux pouces d’épais. La rentrée scolaire, pour moi, ça a toujours été un moment très excitant. J’adorais l’école. J’avais très hâte de retrouver mes amis, de savoir qui serait mon professeur et de vérifier si nos pupitres allaient être placés en « U », en rangées ou en groupes de quatre.

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La musique adoucit les mœurs, c’est bien connu. Sachant ça, on peut présumer que les Acadiens avaient les mœurs pas mal dures puisque nous avons pratiquement tous la musique dans le cœur et le rythme à nos bottines. C’est d’ailleurs probablement aux Îles qu’il y a le plus haut taux de musiciens par tête de pipe. La tradition de traîner son instrument chez l’un et chez l’autre pour un p’tit « jam » improvisé est encore très présente sur l’archipel.

Quand j’étais petit, papa jouait de la guitare. Régulièrement, je l’entendais gratter les accords d’Albert Babin : « Tout comme une vieille chanson, une valse qui ne finit jamais… »

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On est samedi matin ; il fait beau et chaud. Personne ne parle d’aller au chalet à la Martinique ; il faudra se trouver quelque chose à faire. J’appelle donc Guillaume à Johnny pour aller jouer chez eux. Rien de nouveau ici ; j’ai passé la moitié de mon enfance avec lui. On a joué aux bonshommes de lutte à grands coups de « pffff », « pffff » sans fin, on a écouté beaucoup de films en mangeant du pop corn… mais ce jour-là, ce n’est pas ce que j’avais le goût de faire.

Koss tu fais ?

Rien de spécial.

Ça t’tente-ti d’aller su’ la Butte du vent jouer aux fusils ?

Jouer aux fusils. Faire semblant d’être des GI JOE. Se cacher, espionner et « tirer dans l’tas ». J’aimais beaucoup jouer à ça. Étonnant pour un gars qui évite de dire non pour ne pas faire de pé-peine à quelqu’un.

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L’évolution. Mon ami Robert de la grande famille des illustrés la définit comme étant une transformation graduelle et continuelle. Et ce qui est beau avec l’évolution, c’est que ça se vit généralement tout en douceur de sorte qu’on se rend à peine compte du changement. Rapidement, on oublie même ce que la vie était avant que celui-ci survienne.

Chaque génération a son bouleversement : la télévision, l’automobile, l’avion, la robotique, la microbiologie, la nanobiologie… Mais à mon âge, la nouveauté qui a le plus révolutionné ma vie et marqué mon échelle du temps, c’est clairement l’arrivée de l’internet.

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« Je m’appelle William; je suis un p’tit gars de six ans et tout ce que je vais vous raconter est vrai. Vous demanderez à papa, il va vous le dire. Cet été, je n’étais pas censé venir aux Îles, mais à la dernière minute, mon papa trouvait qu’il en avait grand besoin. Encore une fois, je vais me souvenir longtemps de ma visite ici.

Premièrement, ma sœur et moi on a été poignés dans une auto pendant toute une journée à jouer au iPad, à regarder des films de Batman et à s’écœurer. Une journée de rêve. Après, on a pris le bateau de nuit; c’est tellement beau, une traversée quand tu dors. Un merci spécial au Madeleine qui a passé la nuit à appeler des gens dans les haut-parleurs. Ça aide à bien se reposer…

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Couic, couic, couic, couic, couic…

C’est le bruit que font nos pieds en marchant sur certaines plages des Îles comme celle de Pointe-aux-Loups. On dit que le sable chante… comme le fromage en grains frais de la Fromagerie Pied-de-Vent quand on le croque.

Quand j’étais petit, ma plage, c’était celle de la Martinique, à cause du chalet familial. Elle n’avait pourtant rien de si extraordinaire, mais c’était notre place. Mais je me souviens que ce que je n’aimais pas d’elle, c’est que parfois la mer de ce côté-là était remplie d’un genre d’algue qui avait l’air de longs brins d’herbe. J’étais d’ailleurs convaincu qu’il y avait un gars à l’Île d’Entrée qui avait tondu son gazon et que c’est pour ça qu’on était poigné pour se baigner dans ça. Je l’ai-tu haï, ce gars-là!

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Imaginez que vous organisez une fête à laquelle vous invitez beaucoup d’amis. Après la soirée, ils retournent tous chacun chez eux et immanquablement c’est le début des anecdotes. On se remémore les bons coups, les rires, les surprises; on souligne également les mauvais coups, les bizarreries et les commentaires étonnants. Le plus souvent, ce sont d’ailleurs ces derniers qui restent dans nos mémoires le plus longtemps.

Aux Îles, c’est pareil. Chaque année, des milliers de visiteurs viennent tourister sur notre archipel de rêve. C’est ce qui nous fait vivre, c’est ce qui nous ravigote d’un hiver souvent difficile; c’est le moment pour nous de se remplir d’énergie pour être en mesure de survivre à la prochaine saison de solitude.

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Avant les fusions municipales, presque chaque municipalité des Îles présentait sa fête estivale : Festival du homard de Grande-Entrée, La chasse aux trésors de Havre-aux-Maisons, La fête du village de Cap-aux-Meules, Sable-O-Vent de Fatima, Festival acadien de Havre-Aubert et, bien sûr, le Festival du pêcheur de L’Étang-du-Nord. Je dis « bien sûr » parce qu’étant donné que c’est mon coin de l’archipel, c’était comme « mon » festival. À travers les années, il m’a proposé tout plein d’activités… et de souvenirs.

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