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Chronique Hugo Bourque

Quand j’étais petit, chez pepé avait un minuscule chalet à la Martinique; on n’y allait pas souvent, mais chaque fois, ça avait pour moi quelque chose de bien spécial.

Je me souviens que dès que je mettais le pied dehors de chez nous, je savais que ce serait une journée de chalet. Ça se sentait. Vraiment. Une odeur de sable chaud et de marée baissante qui, avec le souffle du vent, se rendait jusqu’à mes narines au plus profond du centre-ville de Lavernière. Quand ces senteurs-là réussissaient à masquer celle de la Canapro, je savais qu’on allait aboutir sur la Martinique.

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Richard à Joseph à Henry à Jules à Constant à Joseph à Pierre-Paul à Pierre à Michel à François à Antoine à Simon. Toute une lignée d’hommes qui, avant moi, ont fait de leur mieux pour être le meilleur papa que leur époque leur suggérait d’être. Je parle de l’époque parce qu’évidemment, le rôle du père a beaucoup évolué avec le temps; Ovila Pronovost dans Les filles de Caleb s’assoyait rarement par terre pour jouer aux Barbies avec Blanche quand elle était petite. Pas sûr qu’il lisait beaucoup de livres de paternité pour s’améliorer et mieux comprendre ses enfants non plus.

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À l’été 2004, j’effectuais mon tout dernier match au sein de la Ligue madelinienne d’improvisation. C’était au bar Chez Gaspard, juste en dessous d’un tuyau qui coule. À ce moment-là, je quittais une organisation, des amis, une famille.

Vingt-sept ans plus tôt, à Montréal, eut lieu le tout premier match d’improvisation; le succès fut immédiat. Robert Gravel et Yvon Leduc venaient d’inventer un jeu qui allait traverser les époques et marquer plusieurs générations d’improvisateurs et de spectateurs. Partout au Québec. Partout dans le monde. Une performance théâtrale où des comédiens imaginent une histoire à partir d’un thème donné, sans préparation, sans texte, sans rien. Un véritable saut dans le vide.

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– Hugo, c’est l’heure d’se l’ver. Faut être su’l’quai d’bonne heure si on veut être sûr de monter à bord.

-Pas déjà? Me semble que j’viens d’me coucher…

Il est de bonne heure. En fait, tellement de bonne heure que même l’heure est couchée à c’t’heure-là. Évidemment, la veille d’un départ, on s’endort toujours plus tard qu’on aurait voulu. On est excité, on pense à ce qu’on souhaite faire pendant nos vacances. Ça arrive encore à 37 ans; imaginez à 7… Donc, quand le cadran sonne ou, dans ce cas-ci, quand mon père vient me réveiller, disons que la levée de corps se fait difficilement.

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Nous sommes en 1996. Je me prépare tranquillement à passer à travers mes derniers examens du secondaire, mais j’ai la tête ailleurs. Je suis même un p’tit brin déprimé. Le genre de déprime qui s’amourache d’un bonheur et qui surgit aussitôt que celui-ci le quitte. Une nostalgie qui t’étouffe hâtivement dès la première seconde où tu te rends compte que tu as perdu ce que tu chérissais tant. Nous sommes en 1996 et nous venons tout juste d’effectuer la dernière représentation de la pièce de théâtre « Témoin à charge » d’Agatha Christie; après plusieurs années d’attente, c’était enfin à mon tour de faire partie de la troupe de la 5e secondaire, dirigée par notre professeur de français, Jean-Jacques à Éphrem. Momentanément, mon coup de cœur pour le théâtre se transforme en véritable peine d’amour. Heureusement pour moi, ça ne durera qu’un moment.

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Le rêve, mes amis. Un rêve éveillé et pleinement conscient. Un rêve d’amélioration de notre condition ; tout ce qu’il y a de plus optimiste et positif. Je rêve d’un demain assumant l’hier et zieutant l’après-demain avec l’espérance d’un présent emmieuté. Par les temps qui courent, les corruptions, les commissions d’enquête et les fraudes de toutes sortes semblent se passer davantage du côté des élues et de la police que de celui des brigands et des criminels. Les élèves ont dépassé les maîtres, comme on dit. Et c’est pourquoi je rêve.

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Pour plusieurs personnes qui ne viennent pas des Îles, tous les Madelinots font la pêche ou ont des parents qui pêchent. Ridicule? Peut-être… Mais avouons que côté préjugés, ce n’est quand même pas le plus loufoque qu’on ait entendu; je salue ici ceux qui pensent qu’on n’a pas les z’Internet sur l’archipel, les autres qui sont certains qu’on aime tous le poisson et ceux qui se trouvent drôles en nous disant : « Tu vas comprendre une heure plus tard dans les maritimes ». Ha! Ha! Ha! Hi-la-rant.

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Je suis vieux. Oh, ça fait longtemps que je le sais. Disons qu’il y a des indices qui ne trompent pas. Les cheveux qui sont de moins en moins nombreux; les poils qui le sont de plus en plus. J’entends parfois moins bien, je vois un peu moins loin. Moins je dors, moins je m’en sors et plus c’est épicé, moins c’est digéré. Bref, je dois me rendre à l’évidence; la FADOC a sûrement déjà préparé ma carte.

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Vient un moment où le secret bien gardé doit voir le jour et être partagé. Comme une urgence de crier haut et fort qui l’on est vraiment. Sans cachette. Sans mystère. Au risque de décevoir, voire peut-être même de choquer. Tout le monde cache quelque chose et aujourd’hui, le temps est venu d’ouvrir la porte de ma garde-robe et de vous laisser voir une facette de ma personnalité que j’ai gardée trop longtemps pour moi tout seul.

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Oyez! Oyez! Bêtes à sucre et amateurs de cacao : réjouissez-vous car votre période préférée de l’année arrive enfin! Pâques frappe à nos portes et nous avons à nouveau accès aux animaux chocolatés avec des yeux qui louchent en bonbons jaunes. Ce temps-là de l’année est toujours magique pour moi… même si on peut maintenant s’acheter les fameux œufs Cadbury pratiquement à l’année.

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On dit qu’un poisson rouge prend l’espace que son bocal lui permet de prendre. S’il est transféré dans un plus grand aquarium, il aura tendance à prendre un peu d’expansion… comme pour mieux remplir son environnement. Un changement qui lui servira à profiter davantage de son nouvel espace et à s’épanouir pleinement.

Y’a dix ans, le petit poisson madelinot que j’étais a décidé de plonger dans un aquarium beaucoup plus grand que le sien : Montréal en d’hors, comme on dit par chez nous.

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Techniquement, t’es avec nous depuis le lundi 20 mars. Je sais qu’aux Îles, la terre est pas mal à l’herbe, mais par ici, avec le trente centimètres de neige qu’on a reçu la semaine passée… on n’est pas à la veille de se sortir la gougoune au grand vent.

T’es vraiment coquin, printemps, parce que chaque année tu nous joues ce tour-là. Dès que tu nous vois lâcher nos tuques pis nos mitaines, tu nous garroches une bordée sur la tête. Comme pour nous rappeler que tu ne vas pas laisser une date au calendrier dicter ta vie. Après, tu retires ta courtepointe de neige et de verglas du paysage et tu permets enfin au soleil de nous envelopper de sa chaleur.

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Il y a de ces questions qui ont le tour de nous tourmenter! Je ne parle pas ici de « quelle sauce tu prends dans ton douze pouces? » ou encore « tu veux-tu du bacon sur ton bâtonnet à l’ail? » Je parle de vraies questions; celles qui nous gardent éveillés même après le bulletin de nouvelles de Sophie Thibault, celles qu’on se pose en se grattant au sang l’fond d’la tête, bref celles qu’on haït. Et à ce temps-ci de l’année, tout Madelinot loin de sa mer patrie est happé par ce genre de parasite de cerveau. Notre mars/avril est toujours hanté du même maudit dilemme : « on va-t’y aux Îles c’t’été ou pas? »

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