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Chronique Hugo Bourque

Dès que les premiers rayons du soleil entraient dans ma chambre par en dessous de la toile baissée et des rideaux aux images de Dukes of Hasard, je sautais en bas du lit pour aller jouer dehors. Comme je ne déjeunais jamais, j’étais rapidement assis sur la galerie pour mettre mes souliers à velcro. Je passais par le p’tit garage à papa pour récupérer mes camions et j’allais m’inventer tout un monde dans le parc, juste à côté de la maison.

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Oué, c’tu fas ?

Pas grand-chose, touâ ?

Bah… euhrien. On va ti faire un tour au Central ?

Aweille ouâre. Mais ça s’pourra que Stéphane vienne me chercher là pour aller Chez Gaspard plus tard.

Pas d’troube.

OK ben, à bétôt.

Ça résume pas mal les discussions des vendredis soir estivaux entre Annie à Robert et moi. Je passais prendre ma New Castle avec mon chip BBQ au Central et autour de dix heures, mon frère arrêtait en chemin et j’embarquais avec lui pour me rendre au bar Chez Gaspard pour entendre le groupe qui y jouait cette fin de semaine-là.

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Récemment, dans un restaurant, j’ai commandé un drink et l’on me l’a servi avec une paille en genre de carton qui se décompose dans ta bouche à mesure que tu bois. Pour la planète, c’est génial ; pour l’expérience client, on repassera. Mais ça m’a fait réaliser qu’on n’a pas toujours été préoccupé ni même concerné par l’environnement. Aujourd’hui, beaucoup de nos faits et gestes sont directement reliés à la survie de notre terre adorée : on recycle, on composte, on trie, on sauvegarde, on protège, on électrifie, on se signe des pactes, on se manifeste, on se sonne l’alarme… Mais quand j’étais jeune, on était très loin de se douter que la planète pourrait un jour rendre son dernier souffle.

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Dimanche passé, j’ai quitté mon Varennes d’adoption pour me rendre, à mes risques et périls, à la Place des festivals en plein cœur de Montréal. Le groupe Les Salebarbes y présentait un spectacle gratuit dans le cadre des Francofolies. Comme je n’ai pas eu la chance de les voir Aux Pas Perdus, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai traversé le pont, évité les nids de poule et chercher un stationnement pour assister à l’événement. On peut être fiers de nos deux p’tits gars des Îles, Jonathan et Éloi à Alcide Painchaud, parce que leurs amis acadiens et eux ont livré un spectacle mémorable. Une bonne p’tite shot d’Acadie pour tougher jusqu’à mes vacances. Comme la lampée de bagosse de Mi-Carême qui nous fait survivre jusqu’au printemps.

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Ces matins-là, maman ouvrait mes stores à la grandeur beaucoup trop de bonne heure dans notre chambre. Il fallait qu’on se lève, mon frère et moi, parce que débutait le grand ménage du printemps. Quel calvaire pour l’enfant que j’étais. Je ne comprenais pas pourquoi on faisait tout ça : « Mais, pourquoi c’qu’on fâ ça ? C’est même pas sale ! », qu’on disait. Et l’on disait ça chaque année…

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On parle souvent d’avoir un pays. Son pays. Un pays qui nous ressemble. Qui nous représente bien à la face du monde. Mais pour ça, il faut d’abord assumer qui nous sommes. On doit se connaître. Personnellement, je trouve qu’une grande partie de nous est constamment refoulée au plus profond de notre être : nous sommes tous un peu ou beaucoup quétaines. On a tous une part de quétaine en nous. Nous sommes tous le quétaine de quelqu’un d’autre. Mais tout d’abord, il faut savoir qu’un quétaine c’est, selon le dictionnaire, quelqu’un qui aime ce qui a été conçu dans le but d’être beau, mais qui est ridicule par son manque de raffinement. Alors, à partir d’aujourd’hui, je milite officiellement pour un pays quétaine. Mais assumé. Pas quétaine de fins de semaine.

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Je me suis longtemps caché. Honteux. Comme la plupart des toxicomanes, je me suis menti à moi et aux autres. J’ai toujours pensé que je réussirais à garder le contrôle sur ma substance. À être plus fort qu’elle. Malheureusement, j’ai dû m’avouer vaincu. Mes démons ont eu le dessus sur moi.

Au début, c’était mes parents qui me fournissaient mes doses. Mais depuis que je me les paye moi-même, je vois bien que ça me coûte très cher pour quelque chose qui ne m’apporte que très peu d’effets positifs. C’est un peu pour ça, et pour être un meilleur exemple pour mes enfants, que j’ai pris un virage important dans ma vie : fini le sucre raffiné ! Peut-être pas fini, final… mais fini le plus possible. En d’autres mots, y faut que j’slacke !

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« C’que j’vous d’mande de faire, c’est de m’expliquer ce serait qui votre ami idéal. Le genre d’ami que vous aimeriez avoir. »

J’étais en quatrième année. Sûrement que Jeannette à Wilfrid cherchait à savoir quelles qualités devait-on avoir pour être un bon ami : attentif, gentil, serviable… Ce genre de caractéristiques. Moi, ce jour-là, sans trop savoir pourquoi, j’avais plutôt choisi de décrire ses différences. Ce qui ferait que je trouverais cette personne-là intéressante. Et je lui avais imaginé la totale : je souhaitais avoir un ami anglophone, handicapé, en chaise roulante et qui avait vécu longtemps dans un pays loin de chez nous. Et quand on m’avait demandé pourquoi, j’avais répondu : « Parce que ça va être différent pis qu’on va s’apprendre beaucoup d’affaires… »

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À sept ans, j’étais clairement un enfant heureux. Je pratiquais mon vélo à deux roues en faisant à peu près mille allers-retours dans le parc entre chez pepé et chez nous. J’empruntais le petit chemin d’herbe tapée au milieu de deux champs de foin. J’adorais ça, surtout vers la fin de l’été, juste avant que mononcle Rolland vienne faucher tout ça. Ça sentait bon et j’y voyais plein de papillons. Sur mon bicycle, j’avais un haut-parleur de police. Je pouvais dire : « haut les mains » dans le micro à un méchant imaginaire et le ramener au poste avec la sirène dans le tapis actionnée par un bouton rouge qui était fixé après le guidon. C’était magique.

À sept ans, j’allais souvent au chalet de chez pepé, sur la Martinique. J’adorais ça parce que j’avais l’impression de partir en vacances. À cette époque-là, on s’y rendait parfois toute la famille. On y passait la journée, on soupait là, et l’on revenait quand le soleil allait se coucher.

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Encore cette année, Armand a tout préparé avec la même excitation et la même passion dans les yeux. Il a fait ses cages durant l’hiver, dans son garage chauffé juste à côté de la maison. Il y a passé des heures et des heures à clouer, nouer et identifier tout en écoutant sa vieille radio. De temps en temps, il embarquait dans son truck pour aller faire une p’tite drive su’l’quai pour voir où en étaient les glaces et essayer de prévoir si la pêche serait retardée ou non.

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À l’époque, dans l’édifice où il y avait la Beignerie, juste en face du comptoir de chez Sears, on retrouvait une tabagie. La tabagie La bouée. Dans ma tête de petit garçon, j’ai toujours eu l’impression qu’on n’était pas censé y entrer vu que, dans le nom, il y avait le mot « tabac ». Et pourtant, c’était une véritable caverne d’Ali Baba pour des enfants comme nous.

C’est là que j’ai commencé mes premières collections. On s’y rendait régulièrement, mon frère et moi, pour s’acheter des cartes de hockey. Je ne connaissais rien au sport, mais j’aimais beaucoup la gomme rose dans la poudre blanche qui venait avec. Je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs, parce qu’après trois chiquées dedans, elle devenait dure comme du charbon. Pour ce qui est des cartes, je dois aussi avouer que l’idée d’avoir, par exemple, Patrick Roy dans mon paquet avant mon frère, me plaisait beaucoup. À cet âge-là, tout ce qui peut mener à une chicane est retenu comme proposition.

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Quand j’étais petit, je regardais beaucoup les grandes personnes. J’avais hâte d’en être une.

J’ai d’ailleurs beaucoup joué aux métiers. Je me choisissais un travail et je faisais semblant de le pratiquer. Avant d’avoir douze ans, j’ai été détective privé, docteur, policier, soldat dans l’armée, lutteur, professeur d’école, pirate… Je me souviens aussi d’avoir souvent été un astronaute. Je mettais le casque de hockey à Stéphane, je prenais une espèce de fusil laser à batterie qui faisait « ululululu » quand on tirait et je m’assoyais sur la première marche, tout en haut de l’escalier qui menait à la cave.

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À l’heure où j’écris ces lignes, je suis à plusieurs milliers de pieds d’altitude, quelque part entre Québec et les Îles. Je vole vers ma terre natale pour le travail. Le mauvais côté de tout ça, c’est que dans le processus, j’ai dû briser le cœur de mes enfants. Je sais que ça fait partie de la vie et qu’ils vont s’en remettre. Après tout, on brise régulièrement le cœur de nos enfants. Pour un oui ou pour un non. Un non quand ils espéraient tant un oui ; un oui, même s’ils se cachaient derrière un non. Mais je ne suis clairement pas programmé pour faire de la peine aux gens. Surtout pas à mes enfants. Je n’ai rien de ces pères sévères appartenant à une autre époque qui se contentaient de prendre des nouvelles de leur progéniture une fois aux six mois. Je suis incapable de punir sans raison, sans permettre d’expliquer ou de s’excuser. Et dès que le pardon est accordé, béké bobo, on recommencera plus, final bâton. Et l’on passe à autre chose.

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