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Chronique d’île en île…

Notre ultime parcours dans la mer des Caraïbes a été idyllique. J’ai l’impression qu’elle veut laisser une trace positive dans nos mémoires.

C’est tellement bon de sentir un peu de quiétude après des mois de galère ! Je parviens à régénérer mes batteries très rapidement, mais n’empêche que c’est bon de pouvoir pleinement apprécier le temps qui passe à l’abri des intempéries.

Malgré tout, je crois que la fatigue du voyage commence à se faire sentir. Particulièrement sur les vieux os du capitaine, qui a perdu beaucoup de poids à force de stress. Le pauvre a du mal à profiter de la situation. Il ne tient pas en place. De jour en jour, son propre navire souffre. Ma cabine n’est pas étanche et je bois la tasse à la moindre vague. Ça couine de partout. Je pense que si on se tapait une bonne déferlante, il casserait en deux. Je crois même avoir remarqué une craquelure sur le pont. Je n’ai pas osé investiguer davantage. J’ai préféré me dire que mes yeux et mon imagination me jouent des tours. C’est plus rassurant.

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Je ne m’habituerai jamais aux restes de plastique qui jalonnent la planète. La mer vomit jour après jour, pendant qu’on s’ébaubit sur l’écume qu’elle laisse derrière elle en faisant des dessins sur le sable.

À l’intérieur des terres, les humains gisent au bord des routes comme des déchets, car depuis trop longtemps déjà, la voiture fait tout déraper, y compris les rapports entre nous. Quel paradoxe ! Comme le téléphone intelligent, l’invention qui visait à faciliter les rapprochements permet à des gens éloignés de se retrouver, mais à ceux qui sont proches de se perdre de vue.

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Depuis mon dernier mot, Dorian est venu semer le trouble aux Îles. Une amie m’a confié que, pendant que le vent s’évertuait à tout briser sur son passage, elle était en pleine tempête avec La fille à bord. Mon cœur se brise à chaque nouvelle saignée dans les dunes. Espérons que l’archipel sera ménagé dans les mois à venir ! En attendant, si vous le voulez bien, retournons sur le Provence…

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Après trois ans d’absence justifiée par mes escapades en voilier, j’ai retrouvé mes amitiés intactes et mes Îles, plus resplendissantes que jamais. Aussi, à l’aube d’un nouveau départ vers le large, j’aimerais vous parler d’un projet ambitieux et rassembleur que j’ai à peine éventé, mais qui me trotte dans la tête depuis plusieurs années.

Plus de mille jours sans apercevoir la dentelle des caps et les morsures de la mer, le foin de dune et les plages à perte de vue, sans compter nos maisons semées au vent et colorées au gré de nos humeurs. Cela a suffi pour faire ressurgir cette idée qui, loin d’être farfelue, assurerait le respect et la pérennité architecturale de l’archipel tout en nous engageant collectivement à atteindre un nouveau niveau d’excellence.

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Nous avons mouillé dans une zone considérée comme réserve naturelle. Bien qu’on soit le seul navire à l’ancre, Isla de Ratones constitue l’endroit idéal où jeter la pioche, à condition de partir tôt. Ses eaux limpides et sa jolie plage attirent bon nombre de touristes venus en navette depuis la côte, à un petit kilomètre de là.

Alentour, les poissons pullulent et la faune aviaire est très présente. Malgré son nom, je n’ai vu aucun rat fouiner près de moi. Et la baignade est magique !

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J’ai toujours été une éponge. Pour le meilleur et pour le pire. Comment ne pas être bouleversée après avoir franchi les décombres laissés par Irma en compagnie des êtres les plus résilients qu’il m’ait été donné de rencontrer ?

La peur, je la connaissais depuis toute petite. Sans crier gare, elle s’était frayé un chemin dans le noir pour pénétrer petit à petit chaque parcelle de mon être abandonné à la nuit. Silencieuse. Sournoise. Je craignais que des mains inconnues viennent m’agripper sous mon drap froissé pour m’offrir en pâture à je ne sais quel sauvage friand de chair fraîche. Je m’endormais d’épuisement, moite d’un bout à l’autre. Le manège a repris de plus belle, et ce, jusqu’à ce que je change de couchette et que ma crainte se concrétise enfin en quelque chose de palpable : les griffes de ma sœur aînée, fâchée de devoir désormais partager son grand lit avec moi.

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Nous quittons la Martinique avec un nouveau membre d’équipage : mon ami Tom ! Puisque Gaétan a convenu de rentrer au Québec, le capitaine a accepté d’emblée de prendre à son bord ce jeune globetrotteur qui, tout comme nous, vient de traverser l’Atlantique.

L’idée de naviguer avec ce complice de la première heure me comble de joie. En effet, j’ai eu l’occasion de mesurer la valeur de ce Français rencontré aux Canaries lors d’une mésaventure rocambolesque qui scella à jamais notre amitié.

Avec quelques jours devant nous, Tom et moi avons convenu d’aller escalader la Montagne Pelée, ce volcan de 1 397 mètres qui ravagea Saint-Pierre, ancienne capitale de la Martinique. Laurence, que j’avais connue avec lui, était du voyage.

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Si je signe ici des chroniques d’aventures depuis près d’un an et demi c’est parce qu’un jour, l’éditeur et fondateur du journal Le Radar a bien voulu me laisser ma chance. Mon passage à ses côtés m’aura permis d’apprendre toutes les ficelles de cette formidable profession qu’est le journalisme. C’est sans compter les rencontres inoubliables ! Aussi, permettez-moi un aparté, le temps de quelques souvenirs honorant la mémoire d’Achille Hubert, ce visionnaire et bâtisseur madelinot, qui vient d’entreprendre un voyage plus grandiose que tous ceux que je n’aurai jamais le courage d’envisager.

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En foulant le sol de la Martinique, j’étais convaincue de croiser quelques bateaux-stoppeurs rencontrés aux Canaries. Toutefois, si vous m’aviez dit que la première silhouette qu’il me serait donné de voir avant même d’amarrer Le Provence était celle d’un ami connu deux jours avant mon départ de Las Palmas, je ne vous aurais jamais cru.

Hé ! que je lui lance. Ça va ? Pour être honnête, j’étais tellement étonnée de tomber sur Tom que, du coup, j’en avais oublié son prénom ! Ce jeune Français était accompagné du capitaine qui l’avait pris à son bord comme équipier et d’une femme au sourire contagieux. Tous trois allaient partager un verre au Kokoarum, le plus sympathique des nombreux restos-pubs situés aux abords de la marina où nous venions d’accoster. Ça promet, me suis-je dit.

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Si près et si loin à la fois, la mer des Caraïbes se laisse désirer et ravive les songes exotiques qui fleurissent dans mon imagination fertile dès que ma pensée vagabonde vers elle. Malgré tout, le moral des troupes est au beau fixe et les jours s’écoulent au gré du vent, comme si nous naviguions en plein cœur de l’Atlantique.

On s’est habitués au roulis des vagues et aux houles croisées. Chacun a appris à contrôler ses peurs et désormais, tous affrontent le mauvais temps avec plus de sérénité qu’aux premiers jours du voyage. Mais en constatant le peu de distance qui reste avant la terre ferme, le sujet commence à nourrir les conversations. Que va-t-on faire en foulant le sol ?

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Plus qu’une semaine avant d’atteindre la Martinique. Chaque jour, je fais une inspection en règle dans les armoires où j’ai placé les fruits et les légumes pour vérifier leur état de fraîcheur. Ma grande crainte, c’est que tout se mette à pourrir d’un coup.

Les bananes se gâtent particulièrement vite. Le seul endroit où j’ai trouvé à les mettre, étant donné leur nombre, c’est dans ma cabine. Elles côtoient les oignons et les pommes de terre dans une étagère en bois située le long de ma couchette. L’idéal aurait été de les suspendre, mais elles nous ont été livrées en vrac. Comme certaines étaient déjà plutôt mûres, elles ont précipité le mûrissement de celles qui étaient encore vertes.

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Je vous écris depuis un nouveau bateau, le troisième depuis que j’ai adopté un mode de vie nomade. Il s’agit d’un Petit Prince en acier faisant douze mètres cinquante. Du robuste, prêt à affronter les pires intempéries. Nous sommes ancrés en face de Joao Veira, qui fait partie d’un triolet d’îles au cœur des Bijagos. Cet archipel est considéré comme l’un des derniers endroits de la planète à être demeuré plus ou moins intact au passage des années. Encore de nos jours, certaines de ses îles sont vierges. En général, on y voit un voilier tous les deux ans. Le nôtre fait partie de ceux-là.

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