Catégorie

Chronique d’île en île…

J’ai toujours été une éponge. Pour le meilleur et pour le pire. Comment ne pas être bouleversée après avoir franchi les décombres laissés par Irma en compagnie des êtres les plus résilients qu’il m’ait été donné de rencontrer ?

La peur, je la connaissais depuis toute petite. Sans crier gare, elle s’était frayé un chemin dans le noir pour pénétrer petit à petit chaque parcelle de mon être abandonné à la nuit. Silencieuse. Sournoise. Je craignais que des mains inconnues viennent m’agripper sous mon drap froissé pour m’offrir en pâture à je ne sais quel sauvage friand de chair fraîche. Je m’endormais d’épuisement, moite d’un bout à l’autre. Le manège a repris de plus belle, et ce, jusqu’à ce que je change de couchette et que ma crainte se concrétise enfin en quelque chose de palpable : les griffes de ma sœur aînée, fâchée de devoir désormais partager son grand lit avec moi.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

Nous quittons la Martinique avec un nouveau membre d’équipage : mon ami Tom ! Puisque Gaétan a convenu de rentrer au Québec, le capitaine a accepté d’emblée de prendre à son bord ce jeune globetrotteur qui, tout comme nous, vient de traverser l’Atlantique.

L’idée de naviguer avec ce complice de la première heure me comble de joie. En effet, j’ai eu l’occasion de mesurer la valeur de ce Français rencontré aux Canaries lors d’une mésaventure rocambolesque qui scella à jamais notre amitié.

Avec quelques jours devant nous, Tom et moi avons convenu d’aller escalader la Montagne Pelée, ce volcan de 1 397 mètres qui ravagea Saint-Pierre, ancienne capitale de la Martinique. Laurence, que j’avais connue avec lui, était du voyage.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

Si je signe ici des chroniques d’aventures depuis près d’un an et demi c’est parce qu’un jour, l’éditeur et fondateur du journal Le Radar a bien voulu me laisser ma chance. Mon passage à ses côtés m’aura permis d’apprendre toutes les ficelles de cette formidable profession qu’est le journalisme. C’est sans compter les rencontres inoubliables ! Aussi, permettez-moi un aparté, le temps de quelques souvenirs honorant la mémoire d’Achille Hubert, ce visionnaire et bâtisseur madelinot, qui vient d’entreprendre un voyage plus grandiose que tous ceux que je n’aurai jamais le courage d’envisager.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

En foulant le sol de la Martinique, j’étais convaincue de croiser quelques bateaux-stoppeurs rencontrés aux Canaries. Toutefois, si vous m’aviez dit que la première silhouette qu’il me serait donné de voir avant même d’amarrer Le Provence était celle d’un ami connu deux jours avant mon départ de Las Palmas, je ne vous aurais jamais cru.

Hé ! que je lui lance. Ça va ? Pour être honnête, j’étais tellement étonnée de tomber sur Tom que, du coup, j’en avais oublié son prénom ! Ce jeune Français était accompagné du capitaine qui l’avait pris à son bord comme équipier et d’une femme au sourire contagieux. Tous trois allaient partager un verre au Kokoarum, le plus sympathique des nombreux restos-pubs situés aux abords de la marina où nous venions d’accoster. Ça promet, me suis-je dit.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

Si près et si loin à la fois, la mer des Caraïbes se laisse désirer et ravive les songes exotiques qui fleurissent dans mon imagination fertile dès que ma pensée vagabonde vers elle. Malgré tout, le moral des troupes est au beau fixe et les jours s’écoulent au gré du vent, comme si nous naviguions en plein cœur de l’Atlantique.

On s’est habitués au roulis des vagues et aux houles croisées. Chacun a appris à contrôler ses peurs et désormais, tous affrontent le mauvais temps avec plus de sérénité qu’aux premiers jours du voyage. Mais en constatant le peu de distance qui reste avant la terre ferme, le sujet commence à nourrir les conversations. Que va-t-on faire en foulant le sol ?

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

Plus qu’une semaine avant d’atteindre la Martinique. Chaque jour, je fais une inspection en règle dans les armoires où j’ai placé les fruits et les légumes pour vérifier leur état de fraîcheur. Ma grande crainte, c’est que tout se mette à pourrir d’un coup.

Les bananes se gâtent particulièrement vite. Le seul endroit où j’ai trouvé à les mettre, étant donné leur nombre, c’est dans ma cabine. Elles côtoient les oignons et les pommes de terre dans une étagère en bois située le long de ma couchette. L’idéal aurait été de les suspendre, mais elles nous ont été livrées en vrac. Comme certaines étaient déjà plutôt mûres, elles ont précipité le mûrissement de celles qui étaient encore vertes.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

Je vous écris depuis un nouveau bateau, le troisième depuis que j’ai adopté un mode de vie nomade. Il s’agit d’un Petit Prince en acier faisant douze mètres cinquante. Du robuste, prêt à affronter les pires intempéries. Nous sommes ancrés en face de Joao Veira, qui fait partie d’un triolet d’îles au cœur des Bijagos. Cet archipel est considéré comme l’un des derniers endroits de la planète à être demeuré plus ou moins intact au passage des années. Encore de nos jours, certaines de ses îles sont vierges. En général, on y voit un voilier tous les deux ans. Le nôtre fait partie de ceux-là.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

Quand on se lance dans de grandes aventures, mieux vaut ne pas trop y réfléchir. Autrement, on pourrait croire à un élan de folie passagère qu’il faut s’empresser de chasser pour retrouver le confort de nos pantoufles.

J’ai pris conscience de l’ampleur de mon projet de voile quand je me suis retrouvée en pleine mer dans une baignoire de trente-deux pieds de long en compagnie de trois étrangers avec lesquels j’avais échangé deux mots à peine. Bien que j’eusse navigué plusieurs mois d’affilée avant d’aboutir sur un second nouveau navire en tant que bateau-stoppeuse, j’avais l’impression de franchir une étape importante de ce voyage entamé en août et j’en saisissais soudainement toute l’ampleur.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

L’année 2018 s’est terminée de façon bien étrange pour moi. J’étais chavirée à l’idée de quitter le bateau qui devait m’amener dans les îles du Pacifique, mais je constatais que c’était ma seule alternative. Fin janvier, la magie opérait. Le voilier que j’avais trouvé pour traverser l’Atlantique allait directement me conduire dans les bras de mon fils.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest

Malgré le fait que j’avais exprimé mon absence de sentiments à son égard, le capitaine d’Igavik nourrissait secrètement le désir de nous voir former un couple. C’est d’ailleurs le principal problème des filles à bord. Certains navigateurs vous imaginent dans leur couchette avant même que vous mettiez le pied sur le pont, peu importe combien de fois vous avez, au préalable, précisé que vous n’êtes pas à prendre et que c’est… à prendre ou à laisser.

1 Facebook Twitter Google + Pinterest

Ce n’est pas depuis hier qu’on mesure la beauté et la richesse des Canaries. À juste titre, les Grecs et les Phéniciens les avaient surnommées les îles Fortunées. Ma fortune à moi, c’était de les découvrir une à une.

En raison de leur situation géographique, l’archipel canarien constitue une escale obligée pour les navigateurs qui entrevoient un voyage transatlantique. Depuis 1986, l’île de Gran Canaria, la plus peuplée des Canaries, constitue le point de départ de l’Atlantic Rallye for Cruisers, plus communément appelé l’ARC. Cet événement couru invite sans discrimination les néophytes comme les skippers avisés à joindre les Antilles en flottille depuis le port de Las Palmas.

0 Facebook Twitter Google + Pinterest
Articles plus récents