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Gil Thériault

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    En 2017, on m’a invité à Rabat, au Maroc, pour faire une présentation à la Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les états africains riverains de l’Océan Atlantique (COMHAFAT). Ma présentation tournait globalement autour d’une constatation et d’un message : l’image de l’industrie de la pêche est publiquement malmenée et vous auriez tout intérêt à vous en préoccuper.

    Dernièrement (mars) est apparu sur Netflix le (pseudo) documentaire Seaspiracy, réalisé par un cinéaste britannique, Ali Tabrizi qui, tel une Greta marine, a déjà tout compris de la complexité océanique après deux décennies d’existence. Le film a été produit par la même équipe que Cowspiracy (2014) et applique la même recette. Pourquoi changer une formule gagnante?

    Sachant un peu à l’avance que ça allait dans le même sens que tant de pseudo documentaires empruntant une position radicale pour faire parler de soi, j’ai beaucoup hésité avant de le regarder et écrire à son sujet puisque ça lui donne encore un peu plus de visibilité et me fait tomber directement dans ce piège grossier.

    En même temps, comme le film arrive en enviable position parmi les plus visionnés dans plusieurs pays du monde, d’un côté comme de l’autre, mon grain de sel n’y changera pas grand-chose… et ça prouve que ce que j’avançais en 2017 (sur la piètre image de l’industrie de la pêche) s’accélère.

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    16 avril 2021 Aucun commentaire
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  • Il aurait fallu être caché sous une roche depuis plusieurs semaines pour ne pas avoir suivi le voyage et l’arrivée du Madeleine II aux Îles la semaine passée.

    Je m’y connais assez peu en bateau (et globalement en tout autre moyen de transport), mais aux dires des spécialistes de la question, il était grand temps de remplacer l’ancien traversier. Comme tout matériel, ça finit par vieillir et j’imagine que, comme une voiture, à un certain moment, en plus de coûter plus cher à entretenir qu’à remplacer, la vétusté engendre son lot de risques.

    Évidemment, l’équipe de la CTMA ainsi que les Madelinots, en général, ont amplement exprimé leur joie et leur fierté à l’arrivée du nouveau traversier de construction récente, donc plus moderne.

    Équipements à la fine pointe de la technologie, timonerie spacieuse, espaces publics adaptés aux personnes à mobilité réduite et bien éclairés, chenil avec accès au pont extérieur, cabines plus confortables, capacité augmentée, utilisation du carburant plus efficace… il semble vraiment avoir tout pour plaire.

    Et puis, l’une des personnes de mon entourage s’est étonnée : « Je ne sais pas pourquoi les gens semblent si excités par l’arrivée de ce bateau. Après tout, c’est juste un bateau. »

    Sur le coup, j’avoue que ça m’a un peu questionné.

    C’est bien vrai que pour moi, une chambre d’hôtel reste juste une chambre d’hôtel et à partir du moment où elle est propre et confortable, ça me convient parfaitement. C’est dire que je ne comprends absolument pas les gens qui paient 1 500 $ pour dormir dans une chambre de luxe qui n’est certainement pas 15 fois plus confortable que celle à 100 $.

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  • Pas certain si la Dune-du-Sud possède un nombre anormalement élevé de ces adeptes du décibel amplifié, mais entre ces trois irritations sonores que sont les autos et motoneiges modifiées ainsi que les mobylettes avec le moteur dans le tapis, peu de répit annuel.

    Je dois dire que cet hiver, ce fut passablement calme. Peu de neige jusqu’à tout récemment et un couvre-feu imposé par la Santé publique aidants. Mais il faut bien souligner ici que ceux qui prennent plaisir à nous casser les oreilles ne sont possiblement pas les premiers à suivre les consignes gouvernementales. Ultimement, il est quand même triste d’en être réduit à souhaiter des hivers pluvieux pour trouver le sommeil.

    Parce que s’il y a une chose qui m’irrite profondément, c’est de me faire réveiller en sursaut vers 3 h ou 4 h du matin par ce genre de bruit. Et si j’en crois les commentaires recueillis auprès des voisins, je ne suis pas le seul.

    Je me suis donc posé la question : pourquoi au juste? Pourquoi modifier sciemment un engin pour qu’il fasse davantage de bruit et dérange les voisins? Le pur amour du bruit? Si c’était le cas, ils n’auraient qu’à prendre un casque d’écoute et s’auto-étourdir à volonté, non? À défaut d’option, j’en conclus donc que ces couillons éprouvent simplement un réel plaisir à faire le suer le peuple.

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  • Grosse nouvelle la semaine passée : M. Patate n’est plus.

    Écoute… ça a été pour moi une révélation et j’ai décidé de ce pas de faire un grand ménage chez-moi. Fini la domination patriarcale phallocentrique. F.I. fi, N. I. ni.

    Premièrement, un grand ménage de tous ces produits qui promeuvent l’horrible archétype. J’ai viré tous les produits M. Net, Capitaine Crounche, Mr. Freeze, la casquette Monsieur Muffler et j’en passe.

    Je me suis évidemment senti tout de suite mal d’avoir assumé sans vergogne que mes enfants étaient des fillettes et me suis repenti de les avoir affublées de noms genrés… quelle idée. Je les ai donc renommées immédiatement « Patente » et « Chose ». Ça (pour remplacer le ils/elles) décidera plus tard quel sera leur identité de genre et même si ça en veut une. Même leur mère… désolé (les mauvaises habitudes ont la vie dure), leur autre parent, n’était pas d’accord… c’est à n’y rien comprendre.

    Ça eut beau insister que tous leurs papiers d’identité étaient à leur nom d’origine, rien n’y a fait. Ça coûtera ce que ça coûtera, c’est un investissement pour leur avenir dans un monde sans préjugés, donc meilleur. Comme il faisait beau, nous sommes sortis faire une chose de neige. Les enfants semblaient déçus que j’insiste pour ne plus utiliser le terme « bonhomme de neige », mais je suis resté de glace. Après tout, j’ai la responsabilité de leur montrer la voie. La route sera longue et pénible, je devrai rester fort. C’est pour leur bien après tout.

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  • Plusieurs d’entre nous avons entendu parler du concept du mâle alpha. Il s’agirait d’un type de mâle confiant et dominant. La théorie derrière ce concept a été développée par de nombreux biologistes animaliers au fil du temps, mais l’un d’eux, un Américain du nom de Dave Mech, observa en 1977 une meute de loup dans un parc national et nota que l’un des membres du groupe semblait le chef, le loup dominant. Il le surnomma le loup alpha (comme la première lettre de l’alphabet grec) et publia sa recherche dans un livre qui devint un immense succès populaire. Le public et les média se sont vite emparés du concept et l’ont transposé à l’être humain. Tel individu est alpha, l’autre béta (moins confiant, récessif, suiveur…).

    Une décennie plus tard, Mech essaie de répliquer son expérience en contexte sauvage et s’aperçoit qu’il a fait erreur : il ne s’agissait pas d’un individu alpha, mais d’un couple qui veillait sur sa progéniture. Et aucun rapport de dominance ne semblait exister d’emblée entre mâle et femelle.

    En bon scientifique, il essaie de corriger son erreur et publie à nouveau pour déconstruire ce mythe qu’il a lui-même créé. Trop tard. La fausse conception est entrée dans le langage populaire et l’imaginaire collectif. Elle a maintenant une vie qui lui est propre et l’idée subsiste à ce jour.

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  • Plusieurs d’entre vous s’en souviennent certainement, il y a de cela plusieurs mois, une mode de déboulonnage de statue est passée.

    Bien sûr, l’Histoire étant écrite par les vainqueurs, plusieurs personnages célébrés dans les bouquins ont vu leur image devenir monument public, leur nom devenir boulevard et/ou édifice public.

    Sauf qu’à la relecture et réinterprétation des faits, certains d’entre eux se sont révélés racistes, misogynes, meurtriers, esclavagistes et bien d’autres qualificatifs pas très vénérables.

    D’un côté, il y avait ceux qui clamaient que ces personnages infectes ne méritaient pas de trôner dans tel ou tel parc, ou de voir honorer leur mémoire via un nom d’autoroute ou de building payé par les contribuables.

    De l’autre côté, il y avait ceux qui avançaient que si on commence à réinterpréter l’Histoire, que l’on risquait à nouveau de faire fausse route, que l’on devait plutôt expliquer le contexte de l’époque, qu’aucun personnage historique ne pouvait faire l’unanimité…

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  • Comme on ne s’est pas vu dans le temps des Fêtes, je profite de cette chronique pour vous souhaiter une très prolifique année 2021. Et je ne ferai même pas de remarque désobligeante sur celle qui vient de passer.

    Le passage à une nouvelle année semble propice à la prise de résolutions. Alors que d’habitude, personne autour de moi ne m’en parle, cette année, bizarrement, plusieurs me les ont demandées, ce qui m’a questionné sur l’origine de cette tradition que je ne suis pas.

    Eh bien, si je me fie au nombre de liens internet sur le sujet, mon questionnement a également suscité la curiosité d’un tas de gens.

    Plusieurs hypothèses pointent les Babyloniens qui, il y a de cela 4 000 ans, profitaient de l’équinoxe du mois de mars pour remettre les outils et l’argent empruntés au cours de l’année précédente afin de repartir à neuf.

    Dans notre quotidien occidento-centrique, on pourrait penser que la planète entière célèbre le début d’année le premier janvier. Erreur. Ce n’est ni universel, ni intemporel.

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  • omme beaucoup de chroniqueurs, j’ai longuement traité du dossier de la COVID-19 au début du phénomène. Je m’en suis également vite lassé. On a tellement l’impression de n’entendre parler que de ça… que ça donne envie de parler d’autre chose.

    Je me souviens par contre m’être bêtement posé la question : pourquoi ne testons-nous pas massivement afin de contenir l’épidémie? C’est l’approche adoptée par certains pays, alors pourquoi pas le nôtre? La réponse est évidemment complexe.

    Récemment, et pour la première fois, je suis allé passer un test de dépistage. J’y étais bien allé avec mes fillettes, mais rien ne vaut d’expérimenter la chose soi-même pour bien la mesurer.

    D’emblée, je dois dire que c’est beaucoup moins déplaisant qu’on me l’avait décrit. Certes, la tige dans le fond d’une narine n’a rien de jouissif et est même assez intrusive, mais en bout de ligne, si le prélèvement est bien effectué par l’infirmière, on ne ressent qu’une sorte de chatouillement que l’on doit endurer une dizaine de secondes. Rien pour en faire un drame.

    L’un de mes amis ayant davantage fouillé sur les tests de dépistage a piqué ma curiosité lorsqu’il s’est mis à me décrire le processus de détection de certaines parties du virus, ses facteurs de multiplication et tutti quanti.

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  • J’ai souvent affirmé que je m’intéressais davantage aux plantes qu’aux mammifères et davantage aux minéraux qu’aux plantes. En discutant avec mon voisin, j’ai réalisé à quel point ma connaissance des plantes était faible et ça m’a fait reconsidérer mon affirmation : il s’agit sans doute plus de respect (suivant leur importance respective dans l’écosystème) que d’intérêt.

    Si l’on en croit les récits historiques, la densité végétale pré-colonisation de l’archipel était très importante. Malgré des conditions difficiles, la résiliente nature avait trouvé le moyen de s’épanouir avec des plantes rampantes à longues racines qui protégeaient d’autres petites plantes des puissants vents et de l’air salin. Ces plantes épaulaient à leur tour de petits arbres, qui soutenaient la pousse de plus grands arbres. Un beau système naturel équilibré doublé d’une protection efficace contre l’érosion.

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  • Je ne me décrirais certainement pas comme un mordu de politique, mais il s’agit tout de même d’un secteur qui influence tellement notre quotidien qu’il est difficile de ne pas s’y intéresser un minimum.

    Je m’intéresse encore moins à la politique américaine, mais avouons que ces derniers temps, les médias nous ont un peu forcé la main en nous bombardant d’information sur la course Trump-Biden. Et oui, bien sûr, les décisions politiques du puissant voisin américain influencent beaucoup le quotidien des Canadiens.

    Bref, en tentant d’y voir un peu plus clair, je me suis heurté à leur processus électoral. Pas simple.

    Et comme la confusion semblait assez générale autour de moi, je me suis dit qu’une tentative de vulgarisation de ce système pourrait en intéresser quelques-uns. Voici donc un petit résumé de mes recherches :

    Il faut tout d’abord que les caucus de parti et les primaires déterminent qui briguera le poste de président des États-Unis pour les partis en présence et pour nos voisins du sud, ça ne signifie pratiquement que les Républicains et les Démocrates, détenant à leur deux la presqu’entièreté du pouvoir politique américain.

    Il faut toujours faire attention avec les généralisations, mais les Républicains (comme Trump) sont vus comme conservateurs (contre l’avortement, pour les armes et l’armée, moins de taxes) et plus proches des citoyens, alors que les Démocrates, comme plus libéraux (pro choix, pour le contrôle des armes et une armée minimaliste, plus de taxes) et plus élitistes.

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  • L’une des choses qui m’ont le plus enchanté de mes années de journalisme, c’est l’opportunité d’explorer des sujets que je n’aurais jamais abordé en d’autres circonstances.

    L’un de ces sujets improbables pour une personne aussi peu intéressée que moi aux automobiles fut un cours de conduite sur neige donné dans le nord de Montréal.

    Je suis loin d’être un expert en conduite automobile, mais des années d’expérience en conduite hivernale m’ont permis d’affronter la neige et la glace avec passablement d’aisance. Ce n’est pas le cas de tout le monde et ces cours leurs sont destinés.

    Pendant la théorie, l’instructeur mentionnait que lorsque l’auto dérape dans une courbe, en dérapage contrôlé, il faut garder les yeux fixés vers l’endroit où l’on veut se diriger, i.e. la route. À son avis, le stress porte certains conducteurs à regarder l’arbre qui arrive à toute vitesse devant eux et que, comme on se dirige toujours naturellement vers l’endroit que l’on fixe, ça causait souvent l’accident. Autrement dit, c’est le focus sur l’obstacle qui cause le problème, pas l’obstacle lui-même.

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  • Certaines de mes chroniques sont plus légères que d’autres. Celle-ci n’en fait pas partie. Je préfère en avertir mes lecteurs à l’avance et les encourager à relire mes propos avant de me prêter de mauvaises intentions.

    Une entrevue avec une auteure ayant publié un livre sur l’obésité a récemment retenu mon attention. On y parlait de grossophobie, de diversité des corps, etc…

    Je suis le premier à dire que c’est complètement abject de se moquer des personnes ayant du surpoids, mais le discours sur la diversité des corps m’incommode et je m’explique : quand j’entends cet argument, j’ai l’inconfortable impression que l’on tente de réduire le débat à une simple question d’esthétisme.

    Bien sûr que l’obésité ne doit pas être moquée. Pas plus que le diabète, l’acné ou la calvitie d’ailleurs. Mais il faut bien différencier problème de santé et esthétisme. S’il ne faut pas se moquer des personnes aux prises avec du surpoids, il ne faut pas non plus l’encourager pour « célébrer la diversité des corps ».

    Et puis, il y a bien sûr surplus de poids et surplus de poids. On peut avoir quelques kilos en trop (ou en moins) et être en parfaite santé. Il existe des corpulences différentes et là, je suis d’accord, on peut parler de diversité des corps… mais à 200 kg, ce n’est plus de la saine diversité.

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  • Chroniques

    Mes aïeux

    par Gil Thériault 11 septembre 2020

    Comme on peut trouver du positif en toute chose, la pandémie nous a au moins fait prendre conscience que l’on devait plus efficacement prendre soin de nos aînés. L’effarant pourcentage des décès liés au virus et provenant des CHSLD en dit long sur la place qu’occupent nos vieux sur notre liste de priorités collectives.

    Je ne dis pas ça spécifiquement pour notre territoire, puisqu’on trouve encore ici un réel intérêt pour les plus sages d’entre nous. Qu’un territoire isolé et éloigné comme le nôtre nourrisse encore ce mélange de solidarité et d’humanité envers ces finissants de l’école de la vie remonte le moral.

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