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Gil Thériault

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    L’une des choses qui m’ont le plus enchanté de mes années de journalisme, c’est l’opportunité d’explorer des sujets que je n’aurais jamais abordé en d’autres circonstances.

    L’un de ces sujets improbables pour une personne aussi peu intéressée que moi aux automobiles fut un cours de conduite sur neige donné dans le nord de Montréal.

    Je suis loin d’être un expert en conduite automobile, mais des années d’expérience en conduite hivernale m’ont permis d’affronter la neige et la glace avec passablement d’aisance. Ce n’est pas le cas de tout le monde et ces cours leurs sont destinés.

    Pendant la théorie, l’instructeur mentionnait que lorsque l’auto dérape dans une courbe, en dérapage contrôlé, il faut garder les yeux fixés vers l’endroit où l’on veut se diriger, i.e. la route. À son avis, le stress porte certains conducteurs à regarder l’arbre qui arrive à toute vitesse devant eux et que, comme on se dirige toujours naturellement vers l’endroit que l’on fixe, ça causait souvent l’accident. Autrement dit, c’est le focus sur l’obstacle qui cause le problème, pas l’obstacle lui-même.

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    23 octobre 2020 Aucun commentaire
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  • Certaines de mes chroniques sont plus légères que d’autres. Celle-ci n’en fait pas partie. Je préfère en avertir mes lecteurs à l’avance et les encourager à relire mes propos avant de me prêter de mauvaises intentions.

    Une entrevue avec une auteure ayant publié un livre sur l’obésité a récemment retenu mon attention. On y parlait de grossophobie, de diversité des corps, etc…

    Je suis le premier à dire que c’est complètement abject de se moquer des personnes ayant du surpoids, mais le discours sur la diversité des corps m’incommode et je m’explique : quand j’entends cet argument, j’ai l’inconfortable impression que l’on tente de réduire le débat à une simple question d’esthétisme.

    Bien sûr que l’obésité ne doit pas être moquée. Pas plus que le diabète, l’acné ou la calvitie d’ailleurs. Mais il faut bien différencier problème de santé et esthétisme. S’il ne faut pas se moquer des personnes aux prises avec du surpoids, il ne faut pas non plus l’encourager pour « célébrer la diversité des corps ».

    Et puis, il y a bien sûr surplus de poids et surplus de poids. On peut avoir quelques kilos en trop (ou en moins) et être en parfaite santé. Il existe des corpulences différentes et là, je suis d’accord, on peut parler de diversité des corps… mais à 200 kg, ce n’est plus de la saine diversité.

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  • Chroniques

    Mes aïeux

    par Gil Thériault 11 septembre 2020

    Comme on peut trouver du positif en toute chose, la pandémie nous a au moins fait prendre conscience que l’on devait plus efficacement prendre soin de nos aînés. L’effarant pourcentage des décès liés au virus et provenant des CHSLD en dit long sur la place qu’occupent nos vieux sur notre liste de priorités collectives.

    Je ne dis pas ça spécifiquement pour notre territoire, puisqu’on trouve encore ici un réel intérêt pour les plus sages d’entre nous. Qu’un territoire isolé et éloigné comme le nôtre nourrisse encore ce mélange de solidarité et d’humanité envers ces finissants de l’école de la vie remonte le moral.

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  • Mon père n’était pas particulièrement maniaque de l’entretien paysager, mais il prenait soin de sa propriété en élaguant et tondant la pelouse à l’occasion.

    Je n’ai jamais senti chez lui quelque sentiment d’urgence ou même de fierté en la matière, mais davantage une sorte de devoir domestique avec un relent de : « Qu’est-ce que les voisins vont penser si je ne le fais pas? »

    Comme je posais des questions à peu près sur tout, ces activités ne faisaient pas exception. Et mon père d’assouvir mon besoin de savoir par un : « Ça fait plus propre et ça éloigne les mulots. » J’avoue pendant longtemps ne pas avoir cherché plus loin.

    Ce n’est qu’une fois ayant moi-même à entretenir ma propriété de façon régulière que, sans doute motivé par de plus amples connaissances écologiques et, surtout, par la paresse, je me remis à questionner cette pratique de tonte de pelouse. Mais pourquoi tond-t-on la pelouse au juste? D’où cette habitude vient-elle?

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  • Difficile d’ignorer la récente vague de dénonciation de crimes sexuels sur les médias sociaux.

    Également difficile pour le mâle blanc hétérosexuel que je suis de se positionner sur le sujet. Je me ferai sans doute reprocher de ne pouvoir comprendre toute l’ampleur du phénomène, mais j’en suis au moins parfaitement conscient

    J’écoutais récemment l’entrevue d’Isabelle Richer, journaliste spécialisée en affaires judiciaires, à l’intérieur de laquelle elle partageait son malaise vis-à-vis ce phénomène de dénonciation publique sur les ondes de Radio-Canada. Son avis rejoint assez bien le mien.

    « J’ai vraiment un choc de valeurs. Il y a mes valeurs fondamentales qui disent qu’il faut dénoncer les situations inacceptables. Puis, il y a mon parcours, qui me fait dire qu’il y a un danger, une dérive (dans cette vague). Les mots ont un sens, il faut les utiliser avec précaution », affirma-t-elle.

    Elle vise en particulier le mot « agression », qui possède un sens précis au sens de la loi, mais qu’on a tendance à utiliser très largement dans le contexte du mouvement de dénonciation actuel.

    Pendant l’entrevue, elle soulignait le manque de tact des personnes qui en déshabillaient d’autres des yeux, l’imbécilité des commentaires sexuels déplacés et des « jokes de mononcle cochon », mais, toujours selon ses termes, ces comportements, si déplacés soient-ils, ne méritent pas un appel au 911. Une agression, si.

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  • Dernièrement, plusieurs d’entre nous ont vu passer une nouvelle qui n’en est pas vraiment une, puisqu’enclenchée depuis des mois, sinon des années : le Ministère des Pêches et des Océans (MPO) a l’intention d’abolir la catégorie de permis de chasse au phoque qualifié « pour nuisance ».

    Même s’il est clair que les populations de phoques ont explosé, que ces derniers nuisent de plus en plus à la pêche et que les conflits homme/phoque augmentent, il s’agit en fait d’un permis assez peu utilisé. Pourquoi? Simplement parce que beaucoup de pêcheurs se foutent un peu de posséder ce permis pour leur tirer dessus et qu’un grand nombre (aux Îles du moins) de ces pêcheurs possèdent également un permis commercial de chasseurs de phoque, ce qui les autorise à les abattre presqu’à l’année.

    Statistiquement, retirer ce permis n’aura donc que peu d’effet sur la gestion de cette espèce et rencontrera peu d’opposition. En réalité, les dommages collatéraux de ce retrait sont tout sauf bénins.

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  • Si ma mémoire est bonne, j’ai déjà mentionné mon désenchantement de la profession journalistique dans cette chronique.

    Ce constat s’est amorcé il y a de cela bien des années, mais les récents évènements pandémiques ont jeté une lumière nouvelle sur ma réflexion d’origine.

    Étudiant en communication, sans être utopiste, je croyais fermement à l’importance de disposer d’informations justes afin de prendre des décisions éclairées et ce à tous les niveaux : personnel, professionnel, à l’échelle entrepreneuriale ou sociétale.

    Il m’aurait même semblé essentiel pour tous d’apprendre les rudiments du décodage communicationnel : différencier une nouvelle d’une chronique d’opinion, un publireportage d’une publicité, une étude d’une enquête ou d’une thèse, etc. En bout de ligne, à apprendre où situer une information sur l’échelle de la crédibilité.

    Pour sa part, le métier de journaliste m’apparaissait un peu comme celui d’un enquêteur. Il fallait se tenir à l’affût de nouvelles d’intérêt public, débusquer les données essentielles à l’analyse de la situation, concentrer et vulgariser tout ça pour en simplifier la compréhension, et livrer tout ça dans un langage clair et en temps.

    Et bien sûr, exercer son métier avec le plus d’impartialité possible. Le cours d’éthique journalistique me semblait parmi les plus importants du curriculum et ceux qui s’en écartaient méritaient de perdre leur titre de journaliste de la même façon qu’un juge, un médecin ou un avocat peut perdre son titre s’il s’écarte du droit chemin professionnel.

    Et puis les illusions s’estompent.

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  • J’adore les plantes.

    Pendant longtemps, j’évitais même de couper des fleurs ou des arbres. Je pensais que c’était une marque de respect que de les laisser pousser sauvagement. Au fil du temps, ma vision de la chose a évolué.

    Tout récemment, je faisais de l’élagage sur mon terrain. En pratiquant ce genre d’intervention, on s’aperçoit vite que de couper des branches et des arbres morts ou embarrassants, ça laisse de la place au vivant et, qu’en fait, ça améliore l’environnement des plantes.

    Et ça m’a fait penser à une connaissance africaine, Ron Thomson, qui m’en a beaucoup appris sur le concept de « tough love »… une expression très difficile à traduire, mais dont le sens approximatif est d’« agir avec fermeté pour le plus grand bien ».

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  • Comme je considère qu’il serait grand temps de passer à autre chose qu’à cette pandémie, ces distanciations, cette peur de l’autre et tutti quanti, je vais prêcher par l’exemple et traiter d’un sujet différent cette semaine.

    J’ai récemment eu l’occasion de collaborer avec le Conseil pour les anglophones madelinots (CAMI). Mon rôle consistait, somme toute, à m’assurer que les informations concernant les mesures d’atténuation des impacts de la pandémie leur étaient livrées, idéalement dans leur langue, et les aider à se préparer à la suite des choses.

    J’avoue que l’expérience m’a éveillé à une problématique qui m’avait jusqu’à maintenant échappé.

    Très jeune, j’ai senti que l’apprentissage de l’anglais me permettrait d’entrer en contact et de mieux comprendre une grande partie du reste de la planète où, lorsque l’anglais n’est pas la langue première, elle vient souvent en deuxième position.

    Comme j’emploie presque indifféremment l’une ou l’autre des deux langues, je ne porte pas trop d’attention à la langue utilisée comme véhicule de communication (reportage, communiqué, discours, film…).

    En travaillant avec la communauté anglophone des Îles, je me suis rendu compte du nombre effarant de communications qui se passe ici en français seulement.

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  • La bougie d’allumage de l’économie madeleinienne, la pêche au homard, vient tout juste de produire sa première étincelle. À cause de la situation actuelle liée à la pandémie (altération des restos, plus importants acheteurs du produit), on ne sait, par contre, pas s’il y aura de l’essence dans le réservoir pour très longtemps.

    Les prix baisseront-ils significativement ? Si oui, est-ce que ça affectera l’industrie pour les années à venir ? Impossible d’y répondre avec certitude pour l’instant, mais pour une grande partie des acheteurs, le homard est devenu un produit de luxe et on se paie généralement du luxe quand on a confiance en notre avenir économique.

    J’ai donc l’impression que si le retour à la normale se déroule rondement et que les gens reprennent confiance à leurs moyens financiers, l’industrie du homard pourrait s’en sortir sans trop de mal. Malheureusement, l’incertitude semble, pour l’instant, rester le mot d’ordre.

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  • Dans ma dernière chronique, j’observais l’approche suédoise concernant la pandémie actuelle. L’Islande apparaît comme une autre nation intéressante à observer.

    La grande différence avec les autres pays, c’est sa campagne massive de dépistage. L’un des instigateurs de cette campagne porte le nom de Kári Stefánsson, fondateur et directeur général de deCODE Genetics. À 71 ans, ce solide neurologue aux yeux dépareillés et à la barbe et la chevelure immaculées semble sortir tout droit d’un film de Viking.

    Sa compagnie, fondée en 1996, s’intéresse de près depuis ses débuts aux génomes (ensemble des gènes) particuliers des Islandais. Environ les deux tiers de cette population d’un peu plus de 360 000 habitants ont participé, sous une forme ou une autre, aux études de deCODE, ce qui met une incroyable base de données à sa disposition.

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  • Très souvent en tête de liste des meilleurs pays sur la planète sur différents palmarès de qualité de vie, de soins de santé, de mesures sociales, etc., la Suède est souvent citée comme exemple à suivre et à copier.

    Lorsque tout à coup les médias se sont mis à suggérer que ce pays scandinave ne prenait pratiquement aucune mesure pour contrer l’épidémie de COVID-19 et continuait ses activités comme si de rien n’était, ça a piqué ma curiosité.

    Certains commentaires allaient même dans le sens d’une stratégie pour purger le pays de ses vieillards. Ce serait quand même étonnant pour l’une des sociétés les plus socialistes de la planète, mais bon, théorie du complot, quand tu nous tiens…

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  • Je sais bien qu’il s’agit du coronavirus et non pas de la coqueluche, mais la COVID-19 est quand même devenue la nouvelle coqueluche des médias, non ?

    Les nouvelles et la panique se répandent encore plus rapidement que la maladie… et feront, en fin de compte, peut-être davantage de dommages.

    Les réflexions que suscite cette crise mondiale sont légion.

    Je lisais quelque part que si l’on en parle davantage que de la faim dans le monde, qui tue infiniment plus de personnes annuellement, c’est parce que les riches en sont affectés. Pas faux. Je lisais à ce propos que les autorités sanitaires italiennes devaient décider qui serait soigné et qui serait laissé à son sort. Bien que ça soit en effet épouvantable comme situation, il s’agit du quotidien pour des milliers de communautés à travers le monde aux prises avec des crises alimentaires, un manque d’eau potable, de médicaments, la guerre ou la déportation.

    Mais évidemment, les médias s’intéressent aux nouveautés, pas au phénomène qui perdure depuis des siècles.

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