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Gil Thériault

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    Difficile d’ignorer la récente vague de dénonciation de crimes sexuels sur les médias sociaux.

    Également difficile pour le mâle blanc hétérosexuel que je suis de se positionner sur le sujet. Je me ferai sans doute reprocher de ne pouvoir comprendre toute l’ampleur du phénomène, mais j’en suis au moins parfaitement conscient

    J’écoutais récemment l’entrevue d’Isabelle Richer, journaliste spécialisée en affaires judiciaires, à l’intérieur de laquelle elle partageait son malaise vis-à-vis ce phénomène de dénonciation publique sur les ondes de Radio-Canada. Son avis rejoint assez bien le mien.

    « J’ai vraiment un choc de valeurs. Il y a mes valeurs fondamentales qui disent qu’il faut dénoncer les situations inacceptables. Puis, il y a mon parcours, qui me fait dire qu’il y a un danger, une dérive (dans cette vague). Les mots ont un sens, il faut les utiliser avec précaution », affirma-t-elle.

    Elle vise en particulier le mot « agression », qui possède un sens précis au sens de la loi, mais qu’on a tendance à utiliser très largement dans le contexte du mouvement de dénonciation actuel.

    Pendant l’entrevue, elle soulignait le manque de tact des personnes qui en déshabillaient d’autres des yeux, l’imbécilité des commentaires sexuels déplacés et des « jokes de mononcle cochon », mais, toujours selon ses termes, ces comportements, si déplacés soient-ils, ne méritent pas un appel au 911. Une agression, si.

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    24 juillet 2020 Aucun commentaire
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  • Dernièrement, plusieurs d’entre nous ont vu passer une nouvelle qui n’en est pas vraiment une, puisqu’enclenchée depuis des mois, sinon des années : le Ministère des Pêches et des Océans (MPO) a l’intention d’abolir la catégorie de permis de chasse au phoque qualifié « pour nuisance ».

    Même s’il est clair que les populations de phoques ont explosé, que ces derniers nuisent de plus en plus à la pêche et que les conflits homme/phoque augmentent, il s’agit en fait d’un permis assez peu utilisé. Pourquoi? Simplement parce que beaucoup de pêcheurs se foutent un peu de posséder ce permis pour leur tirer dessus et qu’un grand nombre (aux Îles du moins) de ces pêcheurs possèdent également un permis commercial de chasseurs de phoque, ce qui les autorise à les abattre presqu’à l’année.

    Statistiquement, retirer ce permis n’aura donc que peu d’effet sur la gestion de cette espèce et rencontrera peu d’opposition. En réalité, les dommages collatéraux de ce retrait sont tout sauf bénins.

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  • Si ma mémoire est bonne, j’ai déjà mentionné mon désenchantement de la profession journalistique dans cette chronique.

    Ce constat s’est amorcé il y a de cela bien des années, mais les récents évènements pandémiques ont jeté une lumière nouvelle sur ma réflexion d’origine.

    Étudiant en communication, sans être utopiste, je croyais fermement à l’importance de disposer d’informations justes afin de prendre des décisions éclairées et ce à tous les niveaux : personnel, professionnel, à l’échelle entrepreneuriale ou sociétale.

    Il m’aurait même semblé essentiel pour tous d’apprendre les rudiments du décodage communicationnel : différencier une nouvelle d’une chronique d’opinion, un publireportage d’une publicité, une étude d’une enquête ou d’une thèse, etc. En bout de ligne, à apprendre où situer une information sur l’échelle de la crédibilité.

    Pour sa part, le métier de journaliste m’apparaissait un peu comme celui d’un enquêteur. Il fallait se tenir à l’affût de nouvelles d’intérêt public, débusquer les données essentielles à l’analyse de la situation, concentrer et vulgariser tout ça pour en simplifier la compréhension, et livrer tout ça dans un langage clair et en temps.

    Et bien sûr, exercer son métier avec le plus d’impartialité possible. Le cours d’éthique journalistique me semblait parmi les plus importants du curriculum et ceux qui s’en écartaient méritaient de perdre leur titre de journaliste de la même façon qu’un juge, un médecin ou un avocat peut perdre son titre s’il s’écarte du droit chemin professionnel.

    Et puis les illusions s’estompent.

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  • J’adore les plantes.

    Pendant longtemps, j’évitais même de couper des fleurs ou des arbres. Je pensais que c’était une marque de respect que de les laisser pousser sauvagement. Au fil du temps, ma vision de la chose a évolué.

    Tout récemment, je faisais de l’élagage sur mon terrain. En pratiquant ce genre d’intervention, on s’aperçoit vite que de couper des branches et des arbres morts ou embarrassants, ça laisse de la place au vivant et, qu’en fait, ça améliore l’environnement des plantes.

    Et ça m’a fait penser à une connaissance africaine, Ron Thomson, qui m’en a beaucoup appris sur le concept de « tough love »… une expression très difficile à traduire, mais dont le sens approximatif est d’« agir avec fermeté pour le plus grand bien ».

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  • Comme je considère qu’il serait grand temps de passer à autre chose qu’à cette pandémie, ces distanciations, cette peur de l’autre et tutti quanti, je vais prêcher par l’exemple et traiter d’un sujet différent cette semaine.

    J’ai récemment eu l’occasion de collaborer avec le Conseil pour les anglophones madelinots (CAMI). Mon rôle consistait, somme toute, à m’assurer que les informations concernant les mesures d’atténuation des impacts de la pandémie leur étaient livrées, idéalement dans leur langue, et les aider à se préparer à la suite des choses.

    J’avoue que l’expérience m’a éveillé à une problématique qui m’avait jusqu’à maintenant échappé.

    Très jeune, j’ai senti que l’apprentissage de l’anglais me permettrait d’entrer en contact et de mieux comprendre une grande partie du reste de la planète où, lorsque l’anglais n’est pas la langue première, elle vient souvent en deuxième position.

    Comme j’emploie presque indifféremment l’une ou l’autre des deux langues, je ne porte pas trop d’attention à la langue utilisée comme véhicule de communication (reportage, communiqué, discours, film…).

    En travaillant avec la communauté anglophone des Îles, je me suis rendu compte du nombre effarant de communications qui se passe ici en français seulement.

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  • La bougie d’allumage de l’économie madeleinienne, la pêche au homard, vient tout juste de produire sa première étincelle. À cause de la situation actuelle liée à la pandémie (altération des restos, plus importants acheteurs du produit), on ne sait, par contre, pas s’il y aura de l’essence dans le réservoir pour très longtemps.

    Les prix baisseront-ils significativement ? Si oui, est-ce que ça affectera l’industrie pour les années à venir ? Impossible d’y répondre avec certitude pour l’instant, mais pour une grande partie des acheteurs, le homard est devenu un produit de luxe et on se paie généralement du luxe quand on a confiance en notre avenir économique.

    J’ai donc l’impression que si le retour à la normale se déroule rondement et que les gens reprennent confiance à leurs moyens financiers, l’industrie du homard pourrait s’en sortir sans trop de mal. Malheureusement, l’incertitude semble, pour l’instant, rester le mot d’ordre.

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  • Dans ma dernière chronique, j’observais l’approche suédoise concernant la pandémie actuelle. L’Islande apparaît comme une autre nation intéressante à observer.

    La grande différence avec les autres pays, c’est sa campagne massive de dépistage. L’un des instigateurs de cette campagne porte le nom de Kári Stefánsson, fondateur et directeur général de deCODE Genetics. À 71 ans, ce solide neurologue aux yeux dépareillés et à la barbe et la chevelure immaculées semble sortir tout droit d’un film de Viking.

    Sa compagnie, fondée en 1996, s’intéresse de près depuis ses débuts aux génomes (ensemble des gènes) particuliers des Islandais. Environ les deux tiers de cette population d’un peu plus de 360 000 habitants ont participé, sous une forme ou une autre, aux études de deCODE, ce qui met une incroyable base de données à sa disposition.

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  • Très souvent en tête de liste des meilleurs pays sur la planète sur différents palmarès de qualité de vie, de soins de santé, de mesures sociales, etc., la Suède est souvent citée comme exemple à suivre et à copier.

    Lorsque tout à coup les médias se sont mis à suggérer que ce pays scandinave ne prenait pratiquement aucune mesure pour contrer l’épidémie de COVID-19 et continuait ses activités comme si de rien n’était, ça a piqué ma curiosité.

    Certains commentaires allaient même dans le sens d’une stratégie pour purger le pays de ses vieillards. Ce serait quand même étonnant pour l’une des sociétés les plus socialistes de la planète, mais bon, théorie du complot, quand tu nous tiens…

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  • Je sais bien qu’il s’agit du coronavirus et non pas de la coqueluche, mais la COVID-19 est quand même devenue la nouvelle coqueluche des médias, non ?

    Les nouvelles et la panique se répandent encore plus rapidement que la maladie… et feront, en fin de compte, peut-être davantage de dommages.

    Les réflexions que suscite cette crise mondiale sont légion.

    Je lisais quelque part que si l’on en parle davantage que de la faim dans le monde, qui tue infiniment plus de personnes annuellement, c’est parce que les riches en sont affectés. Pas faux. Je lisais à ce propos que les autorités sanitaires italiennes devaient décider qui serait soigné et qui serait laissé à son sort. Bien que ça soit en effet épouvantable comme situation, il s’agit du quotidien pour des milliers de communautés à travers le monde aux prises avec des crises alimentaires, un manque d’eau potable, de médicaments, la guerre ou la déportation.

    Mais évidemment, les médias s’intéressent aux nouveautés, pas au phénomène qui perdure depuis des siècles.

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  • À moins de vivre sous une roche, impossible de ne pas avoir entendu parler des incendies qui ont sévi en Australie vers la fin de l’année dernière.

    Comme cela se passe très loin de nous et que les médias aiment bien exagérer (c’est toujours populaire), j’ai communiqué directement avec une amie australienne qui vit au centre de Melbourne. Elle m’a bien confirmé que la situation était malheureusement aussi triste et même davantage que ce qu’on en voit à la télé et sur les médias sociaux.

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  • Il y a de cela plusieurs années, une connaissance qui fréquentait alors l’université m’a demandé de jeter un œil sur l’un de ses travaux universitaires. Ce fut un choc.

    Il s’agissait d’une dizaine de pages de copier-coller d’autres textes, de citations mal relevées, de ramassis de mots et d’idées pêle-mêle ainsi que d’une suite d’erreurs sémantiques de base.

    L’une de mes amies, professeure aux études supérieures, m’avait pourtant prévenu qu’ils avaient dû relâcher un peu les normes : « Pratiquement aucun de mes étudiants ne passerait, sinon… »

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  • En décembre passé, de nombreux intervenants des Îles se sont rencontrés pour discuter du dossier des aires marines protégés (AMP). Bien qu’il ne s’agisse pas d’un nouveau dossier, cette rencontre marquait une étape importante puisqu’à en croire les représentants des deux ministères présents (Ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MELCC) pour le provincial et Parc Canada pour le fédéral), les démarches auraient pu s’arrêter là si une majorité des intervenants en avait exprimé le souhait.

    Il s’agissait en effet d’un scénario tout à fait plausible. Tout le monde semblait s’entendre sur le fait que l’acceptabilité sociale d’un tel projet passait par les pêcheurs et que sans acceptabilité sociale, pas de projet.

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  • La somme d’information qui existe sur les voitures électriques (VÉ) est impressionnante. Pour certains, il s’agit d’un incontournable écologique, d’autres la voient comme une alternative intéressante et certains lui opposent même une farouche résistance.

    J’écoutais récemment un vox pop effectué dans les rues d’Edmonton. L’Alberta étant la plus grande productrice de pétrole au Canada, vous en devinez probablement les résultats.

    Difficile de se faire un portrait mondial de cette technologie. Son efficacité environnementale dépend évidemment beaucoup de la façon dont la région produit son électricité. Je suis d’ailleurs tombé sur un tableau qui démontrait que grâce à son hydro-électricité, le Québec était l’un des endroits au monde où la conduite d’une voiture électrique prenait le plus son sens.

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  • Chroniques

    Hors-saison

    par Gil Thériault 29 novembre 2019

    Tourisme Îles-de-la-Madeleine a récemment remis son bilan pour la dernière saison estivale. Si l’intérêt de développer le tourisme hors-saison n’est pas nouveau, il commence à s’imposer comme la seule option de développement raisonnable puisque la capacité d’hébergement maximale, en pointe estivale, doit vraiment être sur le point d’être atteinte.

    Comme on dit, l’été, on pourrait même louer son cabanon.

    Pour être assurés de trouver le logement qui leur convient, certains visiteurs s’y prennent maintenant presque deux ans à l’avance. Ce n’est pas rien. Moi qui m’imagine mal pouvoir planifier mes vacances plus que quelques mois (parfois même semaines) à l’avance, il faut être drôlement motivé pour se projeter si loin dans le futur.

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