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Gil Thériault

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    Comme je considère qu’il serait grand temps de passer à autre chose qu’à cette pandémie, ces distanciations, cette peur de l’autre et tutti quanti, je vais prêcher par l’exemple et traiter d’un sujet différent cette semaine.

    J’ai récemment eu l’occasion de collaborer avec le Conseil pour les anglophones madelinots (CAMI). Mon rôle consistait, somme toute, à m’assurer que les informations concernant les mesures d’atténuation des impacts de la pandémie leur étaient livrées, idéalement dans leur langue, et les aider à se préparer à la suite des choses.

    J’avoue que l’expérience m’a éveillé à une problématique qui m’avait jusqu’à maintenant échappé.

    Très jeune, j’ai senti que l’apprentissage de l’anglais me permettrait d’entrer en contact et de mieux comprendre une grande partie du reste de la planète où, lorsque l’anglais n’est pas la langue première, elle vient souvent en deuxième position.

    Comme j’emploie presque indifféremment l’une ou l’autre des deux langues, je ne porte pas trop d’attention à la langue utilisée comme véhicule de communication (reportage, communiqué, discours, film…).

    En travaillant avec la communauté anglophone des Îles, je me suis rendu compte du nombre effarant de communications qui se passe ici en français seulement.

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    29 mai 2020 Aucun commentaire
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  • La bougie d’allumage de l’économie madeleinienne, la pêche au homard, vient tout juste de produire sa première étincelle. À cause de la situation actuelle liée à la pandémie (altération des restos, plus importants acheteurs du produit), on ne sait, par contre, pas s’il y aura de l’essence dans le réservoir pour très longtemps.

    Les prix baisseront-ils significativement ? Si oui, est-ce que ça affectera l’industrie pour les années à venir ? Impossible d’y répondre avec certitude pour l’instant, mais pour une grande partie des acheteurs, le homard est devenu un produit de luxe et on se paie généralement du luxe quand on a confiance en notre avenir économique.

    J’ai donc l’impression que si le retour à la normale se déroule rondement et que les gens reprennent confiance à leurs moyens financiers, l’industrie du homard pourrait s’en sortir sans trop de mal. Malheureusement, l’incertitude semble, pour l’instant, rester le mot d’ordre.

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  • Dans ma dernière chronique, j’observais l’approche suédoise concernant la pandémie actuelle. L’Islande apparaît comme une autre nation intéressante à observer.

    La grande différence avec les autres pays, c’est sa campagne massive de dépistage. L’un des instigateurs de cette campagne porte le nom de Kári Stefánsson, fondateur et directeur général de deCODE Genetics. À 71 ans, ce solide neurologue aux yeux dépareillés et à la barbe et la chevelure immaculées semble sortir tout droit d’un film de Viking.

    Sa compagnie, fondée en 1996, s’intéresse de près depuis ses débuts aux génomes (ensemble des gènes) particuliers des Islandais. Environ les deux tiers de cette population d’un peu plus de 360 000 habitants ont participé, sous une forme ou une autre, aux études de deCODE, ce qui met une incroyable base de données à sa disposition.

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  • Très souvent en tête de liste des meilleurs pays sur la planète sur différents palmarès de qualité de vie, de soins de santé, de mesures sociales, etc., la Suède est souvent citée comme exemple à suivre et à copier.

    Lorsque tout à coup les médias se sont mis à suggérer que ce pays scandinave ne prenait pratiquement aucune mesure pour contrer l’épidémie de COVID-19 et continuait ses activités comme si de rien n’était, ça a piqué ma curiosité.

    Certains commentaires allaient même dans le sens d’une stratégie pour purger le pays de ses vieillards. Ce serait quand même étonnant pour l’une des sociétés les plus socialistes de la planète, mais bon, théorie du complot, quand tu nous tiens…

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  • Je sais bien qu’il s’agit du coronavirus et non pas de la coqueluche, mais la COVID-19 est quand même devenue la nouvelle coqueluche des médias, non ?

    Les nouvelles et la panique se répandent encore plus rapidement que la maladie… et feront, en fin de compte, peut-être davantage de dommages.

    Les réflexions que suscite cette crise mondiale sont légion.

    Je lisais quelque part que si l’on en parle davantage que de la faim dans le monde, qui tue infiniment plus de personnes annuellement, c’est parce que les riches en sont affectés. Pas faux. Je lisais à ce propos que les autorités sanitaires italiennes devaient décider qui serait soigné et qui serait laissé à son sort. Bien que ça soit en effet épouvantable comme situation, il s’agit du quotidien pour des milliers de communautés à travers le monde aux prises avec des crises alimentaires, un manque d’eau potable, de médicaments, la guerre ou la déportation.

    Mais évidemment, les médias s’intéressent aux nouveautés, pas au phénomène qui perdure depuis des siècles.

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  • À moins de vivre sous une roche, impossible de ne pas avoir entendu parler des incendies qui ont sévi en Australie vers la fin de l’année dernière.

    Comme cela se passe très loin de nous et que les médias aiment bien exagérer (c’est toujours populaire), j’ai communiqué directement avec une amie australienne qui vit au centre de Melbourne. Elle m’a bien confirmé que la situation était malheureusement aussi triste et même davantage que ce qu’on en voit à la télé et sur les médias sociaux.

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  • Il y a de cela plusieurs années, une connaissance qui fréquentait alors l’université m’a demandé de jeter un œil sur l’un de ses travaux universitaires. Ce fut un choc.

    Il s’agissait d’une dizaine de pages de copier-coller d’autres textes, de citations mal relevées, de ramassis de mots et d’idées pêle-mêle ainsi que d’une suite d’erreurs sémantiques de base.

    L’une de mes amies, professeure aux études supérieures, m’avait pourtant prévenu qu’ils avaient dû relâcher un peu les normes : « Pratiquement aucun de mes étudiants ne passerait, sinon… »

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  • En décembre passé, de nombreux intervenants des Îles se sont rencontrés pour discuter du dossier des aires marines protégés (AMP). Bien qu’il ne s’agisse pas d’un nouveau dossier, cette rencontre marquait une étape importante puisqu’à en croire les représentants des deux ministères présents (Ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MELCC) pour le provincial et Parc Canada pour le fédéral), les démarches auraient pu s’arrêter là si une majorité des intervenants en avait exprimé le souhait.

    Il s’agissait en effet d’un scénario tout à fait plausible. Tout le monde semblait s’entendre sur le fait que l’acceptabilité sociale d’un tel projet passait par les pêcheurs et que sans acceptabilité sociale, pas de projet.

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  • La somme d’information qui existe sur les voitures électriques (VÉ) est impressionnante. Pour certains, il s’agit d’un incontournable écologique, d’autres la voient comme une alternative intéressante et certains lui opposent même une farouche résistance.

    J’écoutais récemment un vox pop effectué dans les rues d’Edmonton. L’Alberta étant la plus grande productrice de pétrole au Canada, vous en devinez probablement les résultats.

    Difficile de se faire un portrait mondial de cette technologie. Son efficacité environnementale dépend évidemment beaucoup de la façon dont la région produit son électricité. Je suis d’ailleurs tombé sur un tableau qui démontrait que grâce à son hydro-électricité, le Québec était l’un des endroits au monde où la conduite d’une voiture électrique prenait le plus son sens.

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  • Chroniques

    Hors-saison

    par Gil Thériault 29 novembre 2019

    Tourisme Îles-de-la-Madeleine a récemment remis son bilan pour la dernière saison estivale. Si l’intérêt de développer le tourisme hors-saison n’est pas nouveau, il commence à s’imposer comme la seule option de développement raisonnable puisque la capacité d’hébergement maximale, en pointe estivale, doit vraiment être sur le point d’être atteinte.

    Comme on dit, l’été, on pourrait même louer son cabanon.

    Pour être assurés de trouver le logement qui leur convient, certains visiteurs s’y prennent maintenant presque deux ans à l’avance. Ce n’est pas rien. Moi qui m’imagine mal pouvoir planifier mes vacances plus que quelques mois (parfois même semaines) à l’avance, il faut être drôlement motivé pour se projeter si loin dans le futur.

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  • Comme j’ai passablement voyagé, on m’a administré une importante panoplie de vaccins au cours de ma vie. Bizarrement, moi qui me pose des questions sur à peu près tout, je ne me suis jamais vraiment interrogé sur ce dossier.

    J’ai seulement commencé à questionner le sujet pour mes enfants, car il fallait à ce moment décider pour plus important que moi, mais même là, mon approche a été des plus simplistes : est-ce que mon médecin fait lui-même vacciner ses propres enfants ? Oui. Alors, ça doit être bon pour les miens également.

    Il existe peu de Québécois complètement anti-vaccins, mais j’ai été surpris d’apprendre qu’environ le tiers hésitait encore. Parmi ceux-là, l’un de mes bons amis, à la fois intelligent et éduqué. On ne peut donc pas balayer le phénomène du revers de la main en le mettant sur le compte de la naïveté, et j’ai donc fouillé davantage le sujet.

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  • Contrairement à plusieurs familles des Îles, nous n’avons pas eu de problème de garderie.

    Une nouvelle garderie privée s’est ouverte tout près de la maison au bon moment et on nous a offert une place au CPE-BC Chez Ma Tante (BC pour  Bureau coordonnateur des ressources en service de garde ou RSG) juste au moment où la garderie privée ne nous convenait plus. Vraiment bénis.

    J’ai accepté un poste comme administrateur du CPE-BC afin de suivre et comprendre un peu mieux l’encadrement dont profiterait ma petite. Pendant deux ans, j’ai assisté à plusieurs réunions et me suis vite rendu compte de la complexité de ce dossier.

    En tant que journaliste, on apprend à creuser rapidement un dossier afin de le comprendre et le vulgariser aux lecteurs. Un genre de prédigestion intellectuelle. Pourtant, en deux ans, je ne sais pas si j’ai pu maîtriser ce dossier suffisamment pour en faire autant.

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  • On sait que la création des premières aires marines protégées (AMP) remonte aussi loin qu’au début du siècle dernier, mais depuis que les Nations Unies ont établi des cibles de protection à atteindre pour ses membres, elles ont certainement connu un regain de popularité.

    On peut donc se demander à juste titre qui se cache derrière ce grand retour des AMP.

    Selon un rapport du groupe de consultants internationaux Opes Oceani, les AMP de grandes surfaces (plus de 100 000 km2) ont peu à voir avec la gestion domestique des ressources marines et sont rarement établies dans des optiques de protection de la biodiversité. Il s’agit plutôt d’une tendance mondiale basée sur des cibles numériques (tant de pourcentage) de protection poussée par de riches organismes internationaux du genre World Wildlife Fund (WWF), suffisamment influents pour jouer dans la cour des grands. Ce dernier apparaît d’ailleurs rapidement dans les recherches Web sur le sujet.

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  • J’aime bien cette façon de décrire une idée par un petit récit fictif que l’on appelle allégorie. En voici une. Si vous savez de quoi je parle, tant mieux. Sinon… ben c’est raté pour moi.

    « L’Humanité est perdue dans le bois et les réserves d’eau diminuent.

    Excédée par le temps que prennent les spécialistes en plein air et leaders de l’Humanité à déterminer de quel côté on doit avancer, une jeune personne un peu anxieuse se lève et les interpelle : « Vous prenez tellement de temps à réagir que nous allons tous crever ici. Moi, je pars dans cette direction », dit-elle en pointant les buissons derrière elle.

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