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Gil Thériault

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    Comme les Îles pullulent de visiteurs en ce moment, j’ai cru que ce serait un bon moment pour discuter d’un thème cher à plusieurs, tombés irrémédiablement sous le charme de la région : vivre aux Îles, ça ressemble à quoi?

    D’emblée, avertissement aux visiteurs : « Ne tombez pas dans le piège estival. Vivre ici à l’année, c’est accepter une vie en montagne russe. Énergie, mouvement, abondance et folie l’été, mais lenteur, retrait et tranquillité l’hiver. » L’esprit doit accepter ce puissant contraste.

    On pourrait argumenter qu’à la base, on se sent plus confortable dans un endroit connu et ça veut généralement dire celui où l’on est né. Par contre, je me souviens d’un copain de Québec qui me disait souvent : « C’est bizarre. La plupart de mes amis qui viennent de petits villages ruraux me disent qu’ils n’y retourneront jamais alors que les Madelinots disent presque tous vouloir y retourner plus tard, si c’est possible. » Les particularités de l’endroit semblent donc générer une expectative différente.

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    3 août 2018 Aucun commentaire
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  • Le fait d’être né à Havre-aux-Maisons a sans doute à voir avec mon intérêt pour les accents. On se fait rapidement taquiner lorsque, muni d’un grand nombre de parades, l’on esquive si habilement tous les « r » se trouvant sur notre route linguistique.

    Bien sûr, aux Îles, comme chaque patelin possède sa propre version de la juste prononciation, on peut défendre son honneur en mettant de l’avant les particularités des détracteurs. Après tout, démographiquement parlant, aucun groupe ne possède de significatif avantage sur l’autre.

    Ce fut une autre paire de manches lorsque je suis déménagé à Québec pour les études. Soudainement, dans cette mer d’accents passablement uniformes, les particularités de mon langage était perçues comme un défaut de langue. J’ai donc décidé d’atténuer mon accent, pas parce que j’en avais honte, mais bien parce que, surtout que j’étudiais en communication, je préférais que l’on se concentre sur le contenu de mes paroles plutôt que sur son contenant.

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  • Chroniques

    Arsenaux

    par Gil Thériault 6 juillet 2018

    Eh oui! Il y a de fortes chances pour que ce nom de famille si commun aux Îles soit le pluriel d’arsenal.

    Mais ce dont je voulais vous entretenir aujourd’hui concerne plutôt l’arsenal militaire, plus particulièrement le nucléaire.

    Récemment, on a beaucoup parlé de la rencontre entre Trump et Kim Jong-un. L’un des sujets chauds de leur discussion concernait l’armement nucléaire. Beaucoup de pays, possiblement à raison, s’inquiètent que la Corée du Nord possède l’arme nucléaire. Pourtant, les États-Unis l’ont bien, eux.

    Comme moi, vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi ça semble tellement normal de désarmer l’un et pas l’autre.

    J’ai donc effectué de petites recherches et suis tombé sur l’intéressante explication de M. Hanson, un historien américain.

    Il explique que dans les années 40, 50 et jusqu’au début des années 60, il n’y avait que les pays avec la connaissance technologique, la puissance et l’argent nécessaire à ce genre d’expérience qui pouvaient se permettre le nucléaire. On pense ici à l’Angleterre, la France, l’Union soviétique et les États-Unis.

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  • À l’heure de publier cette chronique, je suis à Tokyo en train de parler du dossier des baleines franches dans le golfe du Saint-Laurent.

    Évidemment, si l’on m’invite aussi loin et à grands frais, ce n’est pas seulement pour rapporter les faits, mais bien pour analyser la situation en profondeur.

    C’est donc avec beaucoup d’attention que j’ai fouillé ce dossier au cours des dernières semaines.

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  • « Le voyage forme la jeunesse », affirme l’adage sans suggérer d’effet sur la vieillesse.

    Il faut ici distinguer entre voyage et visite. Dans le premier cas, on découvre en profondeur. Dans la deuxième, sans trop s’imprégner. C’est, selon moi, la différence entre voyageur et touriste/visiteur.

    Sans trop savoir pourquoi, ça m’a rapidement attiré d’aller voir ailleurs. Nous voyagions assez peu en famille et les opportunités de le faire en contexte scolaire étaient beaucoup plus rares à mon époque qu’elles ne le sont aujourd’hui.

    Ça explique peut-être en partie pourquoi j’ai sauté sur l’occasion d’un voyage échange avec l’Ontario en 4e secondaire. La piqûre a été forte et instantanée. Découvrir des gens qui s’expriment autrement, pensent, vivent, mangent, aiment autrement, ça me fascinait et pendant les décennies qui ont suivi, ma soif de découverte du même genre semblait insatiable.

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  • J’ai déjà lu quelque part que donner la vie (avoir un enfant) était l’acte qui nous rapprochait le plus de notre essence divine.

    Pour la plupart des gens, il s’agit tout de même d’un acte naturel, parfois planifié, parfois imprévu. Pour d’autres, c’est plus complexe.

    Ma femme et moi avons dû passer par la procréation assistée. C’est dire que si nous nous étions connus à une autre époque, nous n’aurions sans doute jamais éprouvé le bonheur d’avoir une famille à moins d’adopter. Notre cas est loin d’être unique, mais si un nombre grandissant de couples ont recours à la procréation assistée, ce domaine reste mal connu du grand public.

    Outre les étonnantes avancées médicales et scientifiques dans ce domaine, ce qui m’a le plus frappé dans toute cette aventure, ce sont les questions morales inattendues que l’on doit se poser en cours de route.

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  • Lorsque je faisais de la coopération en Afrique, l’évènement de la semaine, c’était Dallas. Tout le village se rassemblait alors pour écouter cette série télévisée sur l’unique écran disponible. Ils étaient tous fascinés par la vie de cette famille de multimilliardaires américains.

    Un jour, l’un des villageois m’a demandé : « Et toi, Abdulaye (mon nom malien), toi aussi tu as une voiture? » Pensant à ma vieille Honda Civic toute rouillée, toute rouillée, je répondais : « Ouuui. » « Aah, comme dans Dallas », de répondre Lassine. Et moi, évidemment, de me lancer dans une longue explication pour décrire l’impossible comparaison entre ma vie et celle de JR Ewing.

    Au bout de mon monologue-fleuve, il me dit simplement : « Mais tu as quand même une voiture… » J’avais compris son message : JR et moi pouvions tous deux nous rendre du point A au point B en voiture. Le genre de véhicule importe peu. Donc, s’il existe une différence entre JR et moi, ce n’est rien comparé au monde qui me sépare de l’Africain moyen.

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  • Dans cette expression péjorative, de qui parle-t-on? Du colonisateur ou du colonisé?

    À la genèse du Canada, la France et l’Angleterre ont envoyé des colons afin de coloniser leurs colonies. On peut donc dire que les colonisateurs de cette histoire sont ces deux pays européens. Les autochtones ont fait office de colonisés alors que nos ancêtres étaient les colons. Des générations de métissage plus tard, j’imagine que ça fait de nous des colons/colonisés.

    Bien qu’à plusieurs égards, l’histoire des États-Unis soit similaire à la nôtre, il semble clair que les Américains se soient solidement affranchis de leur passé puisqu’aujourd’hui, ils dictent souvent, même à leurs anciennes mères patries, quoi dire et faire.

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  • «Sauver les baleines ». Encore une expression tronquée qui ne veut strictement rien dire.

    Il est très prétentieux de penser que l’on « sauvera » quoi que ce soit. Tout au plus, nous pouvons faire de notre mieux pour atténuer nos impacts négatifs sur une espèce de baleine en particulier. On parle beaucoup ces temps-ci de la baleine noire ou franche. Les anglais la surnomment « right whale » parce que c’était la bonne baleine à chasser par sa lenteur, sa propension à nager en surface et flotter une fois morte.

    Les groupes activistes ont à nouveau réussi à tromper l’opinion publique et les politiciens pas très futés et/ou opportunistes (ce qui semble clairement constituer la majorité d’entre eux) en créant et vendant l’idée de la « super baleine ». Comment créer la super baleine? Selon le regretté professeur Arne Kalland, facile. En prenant le plus captivant de chacune des espèces et en en faisant l’attribut d’une seule. Ainsi, la super baleine est le plus grand mammifère au monde (baleine bleue), le plus grand cerveau (cachalot), possède le plus grand poids en ratio cerveau/corps (grand dauphin), chante (rorqual à bosse), opère des pouponnières (certains dauphins), est amicale (baleine grise), est menacée (baleine noire, bleue, boréale…). Aucune des 89 sortes de cétacés ne correspond à tous ces critères, mais au merveilleux monde de Disney, qu’importe.

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  • Le terme « bénévolence » réfère à la disposition à être aimable et bienveillant. Dans un contexte moderne, c’est presque péjoratif, à la limite du laisser-aller, de la trop grande tolérance.

    C’est également dans cette famille de mot que l’on retrouve le terme « bénévolat », l’exercice d’une activité sans rémunération.

    Selon les informations que j’ai pu recueillir, il y aurait une centaine d’organismes à but non lucratif aux Îles. En plus des nécessaires membres du conseil d’administration (CA), plusieurs de ces organismes s’appuient régulièrement sur le travail de plusieurs autres bénévoles pour tenir leurs évènements caritatifs.

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  • Lorsque les gens apprennent que je classais autrefois mes épices par ordre alphabétique, ça me vaut généralement quelques moqueries et, pour les plus inquisiteurs, l’évocation d’un possible diagnostic de trouble obsessif compulsif (TOC).

    Comme je ne peux garder mon classement que lorsque je vis seul et que depuis des années, ma femme incorpore allègrement les médicaments, tisanes et autres incongruités parmi les épices, et que je n’en dors pas moins bien, j’imagine quand même que les traitements psychologiques seraient superflus dans mon cas.

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  • Dans un monde en boulimie d’information, le simple fait d’acheter du lait est devenu compliqué : 0 %, 1 %, 2 %, 3.25 %… 1 litre, 2 litres, en carton, sac de plastique, quel est le producteur le plus près, les vaches sont-elles bien traitées? Et les hormones? Et les antibiotiques? La petite en boit-elle trop?…

    Au nombre de décisions que l’on doit prendre sur une base quotidienne, au travail, à la maison, pour la santé, l’environnement, etc., pas étonnant que les solutions simples soient prisées. Quinoa, bon. Chocolat, pas bon.

    Bien sûr, les choses sont rarement aussi simples et les coups de baguette magique fonctionnent peut-être bien chez Disney, mais beaucoup moins dans la réalité.

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  • Avertissement : Toute ressemblance avec des commerces de votre entourage n’est pas le fruit du hasard.

    On entend souvent que ce n’est pas évident d’opérer un commerce aux Îles et possiblement avec raison. Spécialement dans le commerce au détail qui fait maintenant compétition avec les géants de ce monde que sont Ali Baba, Amazon et compagnie. Même Walmart, Costco, IKEA et autres méga commerces offrent maintenant la livraison à domicile. Je lisais d’ailleurs, récemment, qu’Amazon allait ouvrir son propre service de livraison plutôt que de passer par UPS, Purolator ou autres… ça illustre bien leur portée.

    Dans ce contexte, plusieurs commerçants locaux n’ont d’autre choix que d’offrir une valeur ajoutée (fraîcheur, service…) et d’aller titiller la fibre locale pour fidéliser le consommateur.

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  • En 2012, alors que j’avais accepté un mandat pour le Réseau des gestionnaires de la ressource phoque, géré par l’Institut de la fourrure du Canada, j’ai eu l’opportunité de me rendre à Iqaluit, dans le Nunavut, afin d’assister au Symposium de l’Arctique sur la gestion et le commerce de la faune.

    Dans ce cadre, nous avions assisté à plusieurs conférences, dont deux sur l’ours polaire, données par deux biologistes ayant passé leur vie à travailler en collaboration avec les Inuit sur les ours polaires : Markus Dyck et Mitchell Taylor.

    En gros, ces biologistes nous apprenaient qu’après un déclin dans les années 60 (7 000), les 13 populations d’ours polaire du Canada se portaient très bien (plus de 25 000) et qu’ils semblaient bien s’adapter aux changements climatiques.

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