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Nathalie Deraspe

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    Parfois, c’est en prenant du recul qu’on mesure les richesses qui nous entourent. Si l’herbe vous apparaît plus verte chez le voisin, changez votre regard.

    Les gens heureux ont ceci en commun : peu importe où ils se trouvent, ils se sentent bien, car le bonheur jaillit toujours de l’intérieur et la beauté est partout. Toutefois, qui de nous n’a pas endossé les paroles d’Aznavour en chantant que la misère serait moins pénible au soleil?

    Qu’on soit nés sur le béton ou à deux pas de la mer, chaque humain de la planète ressent du bien-être à se trouver près de l’eau, soleil ou pas. De mon côté, si j’ai pu survivre la majeure partie de ma vie éloignée des Îles, c’est bien parce que j’avais toujours un petit clapotis à portée de main.

    Durant mes années les plus sombres à Montréal, je chassais le spleen en m’endormant avec le chant des vagues. À l’époque, un ami m’avait fait cadeau d’une cassette hors de l’ordinaire. Ça ne me rajeunit pas! Pour toute musique, le bruissement de l’eau. Cent vingt minutes de pure extase. Je précise à l’attention des plus jeunes qu’il fallait se lever et tourner la cassette pour écouter l’enregistrement au complet.

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    23 octobre 2020 Aucun commentaire
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  • Vous vous souvenez, au printemps dernier, alors qu’on annonçait l’apparition d’une « pandémie mondiale », j’ai momentanément abandonné le navire qui me conduisait à Montréal, ou plutôt les anecdotes vécues au cours de cette traversée mémorable, pour vous parler de ma situation dans les eaux claires du Brésil. Il serait peut-être temps de clore ce voyage, non?

    Ce matin, j’ai enfin l’occasion de vous faire rêver une fois de plus. Je regarde avec un brin de nostalgie les photos de mes aventures et savoure avec bonheur les souvenirs qui refont surface à chacune d’elles. Depuis longtemps, mon cerveau a décidé de conserver le meilleur de la vie et d’abandonner tout ce qui est destiné à l’empoisonner. Pourquoi s’accrocher aux douleurs de l’accouchement quand le cadeau qui en résulte dépasse tout ce qu’on peut espérer? Il en va de même pour l’expérience acquise au fil des jours.

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  • Vous savez combien je multiplie les superlatifs quand j’écris sur le Brésil. Mon attachement à l’égard de ce pays au territoire aussi grand que le cœur de ses habitants s’explique aisément. Concentrés sur la côte, les Brésiliens sont viscéralement connectés à la mer. Comme les Madelinots.

    N’eût été de cette histoire de COVID, qui nous a gardés captifs deux mois dans cette région spectaculaire, il m’aurait été impossible de m’imprégner de l’esprit qui règne sur le littoral. Grâce à l’ami Everton, alias Camarão (ou crevette en portugais), j’ai pu découvrir petit à petit ce qui anime les gens de sa communauté.

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  • La veille de mon départ de Florianópolis, au Brésil, nous étions quatre personnes attachées les unes aux autres, réunies pour trinquer à l’amitié. Rien de plus normal (en temps normal). Avant de se quitter, on s’est fait tour à tour un immense câlin. J’en conserve encore le précieux souvenir. Si j’avais su dans quoi j’allais atterrir, j’en aurais réclamé plus d’un.

    À deux heures du matin, tandis que mon hôtesse dormait sur le canapé, je finalisais mon bagage dans le silence de la nuit. Une douche rapide me permit de récupérer quelques énergies ensevelies parmi la horde de souvenirs que je m’apprêtais à ramener au Québec. Un conducteur prévenu la veille allait m’amener bientôt à l’aéroport.

    Sans faire de bruit, j’ai déposé sur la table de la cuisine une paire de boucles d’oreille achetées précédemment à La Méduse. En cherchant un ultime cadeau pour celle qui m’avait accueillie à bras ouverts dans sa maison, j’étais tombée sur ces petits bijoux dissimulés depuis un moment au fond de mon sac de toilette. J’évitais de les porter, car je craignais de les perdre en nageant dans la mer. Mon amie me pardonnerait le fait qu’elles n’étaient pas neuves, puisque cette jolie création était issue des Îles de la Madeleine, dont je lui ai tant vanté les paysages et les gens, le sable et le vent. Ainsi, quelque chose de concret nous lierait à jamais.

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  • Plus la date de mon départ du Brésil approche et plus je crains de débarquer dans un film d’horreur mettant en vedette des zombies masqués. D’ailleurs, en regardant les nouvelles de la planète, je me sens comme une cinéphile qui se serait trompée de salle au cinéma. Alors j’étire mon film d’aventures entre sable et mer, dans lequel les personnages ne sont ni méchants, ni paranos.

    On l’a toujours dit : dans la vie, il y en a pour tous les goûts! Mais en ce moment, on dirait qu’une partie de l’humanité veut imposer sa vision à l’autre. Contrôler le message. Pourtant, en y regardant de plus près, ils ne sont pas si nombreux à vouloir nous convaincre que le futur sera fait de nourriture en capsules, d’individus bioniques et de voyages intersidéraux. Un avenir glacial à l’abri de toute chaleur humaine ou de poésie, loin de la verdure et du chant des vagues comme celui des oiseaux. Un trou noir à l’esthétique chirurgicale. Avec distanciation sociale, s’il vous plaît!

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  • Comme le disait si bien le cinéaste Pierre Falardeau, la liberté n’est pas une marque de yogourt. Cela dit, pareil au produit laitier qu’on aurait abandonné au fond d’un frigo en tenant pour acquis qu’il resterait intact, nos libertés individuelles sont si malmenées par les temps qui courent que leur concept même semble périmé.

    Quand on est une chenille, peu nous importe l’interdiction de voler. C’est sans penser qu’inéluctablement, on deviendra papillon. Il y a quarante ans, le Québec a failli se doter d’un pays. Mais comment voulez-vous qu’un État devienne souverain alors que la moitié de la population qui le compose se contente de ramper ?

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  • Le soleil brille à nouveau à Santo António de Lisboa et mon humeur s’accroche fougueusement à ses rayons comme à la mer qui m’apaise en me tendant les bras chaque soir où je retrouve ma couchette. En ce moment même, elle me berce délicieusement, en me promettant d’être toujours là demain. Pour chaque sourire déversé sur cette Terre, un oiseau prend son envol et trace dans le ciel quelque signe d’espoir face à l’avenir. Mais il faudra y mettre du nôtre. Et pas qu’un peu.

    Autour de la pleine lune, le vent s’est affairé à souffler très fort. On aurait dit que la planète voulait se débarrasser de toutes les saletés qui l’encombrent. Faire table rase. Pendant ce temps-là sur le Net, quelques cerveaux s’enflamment et s’insurgent contre le discours officiel, tentant d’apporter un éclairage différent à cette crise fabriquée de toutes pièces pour mousser la peur au sein de la population. En effet, la poignée de fous qui gouvernent le monde s’est mis en tête de nous contrôler plus que jamais. Quoi de mieux que la crainte de la mort pour ce faire ?

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  • Aujourd’hui, c’est la première fois depuis deux mois que j’entrevois de la pluie. Comme quoi l’automne au Brésil est synonyme de tout sauf de mauvais temps. Habituée au soleil, les nuages noirs qui dominent le ciel m’inspirent une histoire sombre.

    Au même titre que tous ceux et celles qui sont « confinés » aux Îles, je me sens extrêmement choyée de vivre la crise planétaire qui nous secoue dans un endroit aussi clément et agréable et où le gros bon sens continue à régner, malgré le gouvernement qui se situe à la tête du royaume de la bossa-nova.

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  • Désormais engourdis par le ronflement du moteur, nous remontons la côte américaine en observant de longues périodes de silence durant lesquelles chacun de nous plonge dans les méandres de sa pensée. Voyager, c’est aussi partir loin au dedans de nous-mêmes.

    Le capitaine se ronge les sangs, obsédé par l’idée de rentrer au bercail le plus tôt possible. Il s’inquiète également des frais engendrés par son voilier, craint l’ultime avarie qui l’obligerait à abandonner le Provence et à prendre un vol pour le Québec. Y aurait-il plus grande insulte à son égard ? En grand anxieux, il refuse de céder la barre. Tout pour garder son esprit captif et à l’abri des vagabondages. Va savoir comment seront ses futures relations avec son épouse ! C’est la première fois que le couple est séparé si longtemps. Et Dieu sait qu’une traversée de l’Atlantique laisse toujours sa marque…

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  • Si vous m’aviez dit qu’un jour j’irais sur la côte américaine, j’aurais cru à une mauvaise blague. Avec le sable qu’on a aux Îles? Pfutt! C’est digne des cartes postales kitsch qu’un ami de mon père envoyait des États chaque été. J’en avais assez de mon souvenir de Plattsburgh, de sa plage rocailleuse, de la malbouffe et du coup de soleil monstre que j’avais rapporté de là-bas. Vous vous en doutez, je ne me reconnais pas dans les snowbirds.

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  • À l’époque, j’ai détesté les Bahamas. Le luxe éhonté de ses hôtels et innombrables yachts versus l’exploitation et la pauvreté imminente de la population locale me choquait trop. La situation n’a pas changé, mais cette fois, j’ai pu davantage entrer en contact avec les Bahamiens. Comme par enchantement, leur chaleur humaine m’a fait oublier tout le reste. Sans compter la énième leçon de résilience…

    Les passagers du Provence n’étaient guère impressionnés par cet étalage grotesque de toc américain. Pour nous, le paradis était ailleurs qu’à Paradise Island. C’est pourquoi, après ma dernière baignade, nous avons filé vers « l’autre » Nassau, refusant d’aller écornifler les bien nantis des alentours. Je voulais faire découvrir à mes collègues de navigation une facette inédite des Bahamas : celle que d’autres préfèrent ignorer.

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  • Notre ultime parcours dans la mer des Caraïbes a été idyllique. J’ai l’impression qu’elle veut laisser une trace positive dans nos mémoires.

    C’est tellement bon de sentir un peu de quiétude après des mois de galère ! Je parviens à régénérer mes batteries très rapidement, mais n’empêche que c’est bon de pouvoir pleinement apprécier le temps qui passe à l’abri des intempéries.

    Malgré tout, je crois que la fatigue du voyage commence à se faire sentir. Particulièrement sur les vieux os du capitaine, qui a perdu beaucoup de poids à force de stress. Le pauvre a du mal à profiter de la situation. Il ne tient pas en place. De jour en jour, son propre navire souffre. Ma cabine n’est pas étanche et je bois la tasse à la moindre vague. Ça couine de partout. Je pense que si on se tapait une bonne déferlante, il casserait en deux. Je crois même avoir remarqué une craquelure sur le pont. Je n’ai pas osé investiguer davantage. J’ai préféré me dire que mes yeux et mon imagination me jouent des tours. C’est plus rassurant.

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  • Je ne m’habituerai jamais aux restes de plastique qui jalonnent la planète. La mer vomit jour après jour, pendant qu’on s’ébaubit sur l’écume qu’elle laisse derrière elle en faisant des dessins sur le sable.

    À l’intérieur des terres, les humains gisent au bord des routes comme des déchets, car depuis trop longtemps déjà, la voiture fait tout déraper, y compris les rapports entre nous. Quel paradoxe ! Comme le téléphone intelligent, l’invention qui visait à faciliter les rapprochements permet à des gens éloignés de se retrouver, mais à ceux qui sont proches de se perdre de vue.

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