Dernier tour de piste au Sénégal

par Nathalie Deraspe 15 octobre 2021
5

Quand j’ai annoncé que je partais en Terre de Téranga, ou pays de l’hospitalité, une amie française s’est exclamée : « Essaie d’aller à Kafoutine! J’ai un couple d’amis qui passe six mois par an là-bas! » Un coup d’œil a suffi pour constater que c’était trop loin de la Casamance pour s’y aventurer, mais le capitaine a consenti à poursuivre l’exploration de la rive nord du fleuve du même nom avant de lever les amarres pour la Gambie. Une surprise de taille nous y attendait.

La décision s’est prise le soir, juste avant d’aller dormir. Le capitaine a pointé un endroit sur la carte. Pourquoi pas? Nous avons tellement apprécié les rencontres au fil des jours : Pascaline, avec son sourire et son ventre rond, à la Pointe Saint-Georges; Louis, fondateur du campement Le Lamentin, qui tenait le site en compagnie de sa sœur; Yacinthe, l’ornithologue intarissable, qui tentait lui aussi de tirer son épingle du jeu en invitant des touristes à séjourner à sa table et à loger dans de jolies petites cases érigées sur une pointe de terre riche en faune aviaire. Des gens si heureux et fiers de vanter leur coin de paradis que pendant qu’ils décrivaient l’immensité de leur chez-soi, des étoiles se mettaient à scintiller dans leurs yeux éblouis. Vous savez, cette flamme qui chez certains, jamais ne vacille. J’y reviens, c’est la détermination du brin d’herbe, celle du souffle du vent, de la vague à son apogée, de la mangrove qui sans relâche veille sur ses habitants. Un feu vivant, qu’on se passe de main en main. Une toile qui se tisse entre les cœurs qui vibrent. Un courant inattaquable. Un frisson. De la pointe des cheveux au bout des orteils.

* * * * *

Pour accéder au contenu complet, abonnez-vous! Seulement 99$ taxes incluses par an.

Aucun commentaire
0

Vous pourriez aimer également ceci