Et si on jouait franc jeu?

par Nathalie Deraspe 3 septembre 2021
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Voilà, ça me revient maintenant! Mon esprit cherchait quelque chose d’africain alors qu’il avait un nom bien madelinot : Clovis. Vous vous rappelez, le commerçant de Cap Skiring qui soliloquait? Droit et fier comme une barre de fer, il détonnait avec la faune touristique des environs qui, malgré ses allures nonchalantes, cherchait frénétiquement du bon temps comme de bonnes aubaines.

Que voulez-vous, il y en a qui empilent leurs souvenirs de vacances dans un pressoir dans l’espoir d’en tirer un nectar rare. De nos jours, la vie s’avale cul sec. Comme on n’arrive plus à séparer le bon grain de l’ivraie, en mixant tout et son contraire, on parvient à duper pas mal de monde.

Clovis aurait pu rejoindre le souk établi sur la rue principale, labyrinthe abritant vendeurs de babioles, artisans et couturiers, mais non. Il méritait un endroit lumineux comme ses yeux. Mon oreille tendue lui servait de déversoir d’histoires. J’aurais dû jouer les anthropologues et l’enregistrer. Depuis cet accident bête où je suis tombée de voiture entre L’Étang-du-Nord et le Havre-Aubert, les mots que j’entends, l’intonation qui sert à les prononcer, l’intention derrière, tout est absorbé par mon enveloppe corporelle au lieu d’aboutir dans ma boîte crânienne. Les paroles ne s’impriment plus dans ma tête comme auparavant.

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