L’an 40

par Gil Thériault 9 juillet 2021
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Il nous arrive tous d’utiliser des expressions dont on connait le sens, mais dont l’origine nous échappe complètement. « Fou comme un balai », « bête comme ses pieds », « se mêler de ses oignons » et « un de ces quatre » n’en sont que quelques exemples.

L’une de celles que j’utilise personnellement depuis « belle lurette » (en voilà une autre), c’est « je m’en fous comme de l’an 40 ».

Et puis, récemment, ça m’a frappé : mais qu’est-ce qui s’est passé… ou plus justement, ne s’est pas passé en l’an 40 pour qu’on s’en foute à ce point?

Pour commencer, l’expression signifie que l’on accorde très peu ou aucune importance à quelque chose. Mais pourquoi cette année en particulier? Les origines d’une expression sont parfois limpides, mais dans ce cas-ci, disons que… « ça part en couille ».

Déjà, de quelle année 40 parle-t-on? 2040? 1240? 40 après J.-C.? Avant? Comme l’expression a été répertoriée à la fin du XVIIIe siècle, on pourrait croire que ça réfère au moins à une date antérieure, mais l’une des explications veut qu’elle vienne d’un roman d’anticipation intitulé L’an 2440, rêve s’il en fut jamais de Louis-Sébastien Mercier, publié en 1771. L’auteur y décrit une société utopique dont les révolutionnaires de l’époque se seraient vertement moqués, d’où l’expression.

Autre hypothèse qui date de la même époque : certains Français auraient fait des blagues sur l’âge qu’aurait eu Louis XVI quelques jours après être passé à la guillotine.

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