Économies familiales

par Hugo Bourque 25 septembre 2020
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On en avait tous entendu parler. On savait qu’un jour, ça allait nous arriver. On ne savait juste pas quand. Cet après-midi-là, en rentrant dans la classe de notre cours d’économies familiales, la p’tite Yvette était prête. Prête à nous apprendre la vie. Prête à nous montrer les vraies affaires. À foncer malgré les réticences de chacun. Oui, ce jour-là, coûte que coûte et malgré le fait qu’on n’était que des adolescents bourgeonnants, on allait apprendre à coudre un bouton.

La p’tite Yvette, c’était Yvette Monnier. Un petit bout de femme impeccable. Toujours tirée à quatre épingles. Les cheveux remontés en chignon sans une mèche qui dépasse. Le parfum bien dosé, ni trop présent ni complètement discret. Jamais un mot déplacé. Une pointe d’humour aux bonnes places et juste ce qu’il faut de poigne pour qu’on l’écoute sans lui manquer de respect. Et elle n’avait pas la tâche la plus simple au monde; elle était professeur d’économies familiales en secondaire deux. Autrement dit, elle devait apprendre à des enfants prépubères à devenir des adultes pas trop pépères. Méchant contrat!

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