La fracture

par Nathalie Deraspe 21 août 2020
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La veille de mon départ de Florianópolis, au Brésil, nous étions quatre personnes attachées les unes aux autres, réunies pour trinquer à l’amitié. Rien de plus normal (en temps normal). Avant de se quitter, on s’est fait tour à tour un immense câlin. J’en conserve encore le précieux souvenir. Si j’avais su dans quoi j’allais atterrir, j’en aurais réclamé plus d’un.

À deux heures du matin, tandis que mon hôtesse dormait sur le canapé, je finalisais mon bagage dans le silence de la nuit. Une douche rapide me permit de récupérer quelques énergies ensevelies parmi la horde de souvenirs que je m’apprêtais à ramener au Québec. Un conducteur prévenu la veille allait m’amener bientôt à l’aéroport.

Sans faire de bruit, j’ai déposé sur la table de la cuisine une paire de boucles d’oreille achetées précédemment à La Méduse. En cherchant un ultime cadeau pour celle qui m’avait accueillie à bras ouverts dans sa maison, j’étais tombée sur ces petits bijoux dissimulés depuis un moment au fond de mon sac de toilette. J’évitais de les porter, car je craignais de les perdre en nageant dans la mer. Mon amie me pardonnerait le fait qu’elles n’étaient pas neuves, puisque cette jolie création était issue des Îles de la Madeleine, dont je lui ai tant vanté les paysages et les gens, le sable et le vent. Ainsi, quelque chose de concret nous lierait à jamais.

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