Selon une étude de l'Institut de recherche et d'information socio-économiques (IRIS), la situation financière des aînés se dégrade, mais le pire est à venir, car les régimes de retraite ne permettront pas à tous les baby-boomers de vivre au-dessus du seuil de la pauvreté.
Dans l'état de la situation des personnes âgées au Québec, il appert que le faible taux de revenu chez ces dernières est passé de 4,6 % à 12,3 % de 1996 à 2008. Pendant ce temps, le nombre d'aînés endettés a doublé au cours des 17 dernières années. Bien plus, le taux de propriété des aînés baisse à l'âge de la retraite de 78 % à 68 %. Ce constat brise le mythe selon lequel les aînés n'auraient plus de mensualités à payer pour leur loyer.
Selon l'analyse de l'IRIS, certaines parties du système de retraite ne protègent pas les aînés de la classe moyenne et les moins nantis (les plus pauvres).
À titre d'exemple, l'IRIS souligne que le maximum des prestations du Régime des rentes du Québec n'est versé que si l'on a cotisé le nombre d'années maximum et au taux maximum. Il n'y a qu'une minorité de la population des personnes âgées qui peuvent satisfaire ce critère.
Pour ce qui a trait aux Régimes enregistrés d'épargne retraite, ils favorisent, selon l'IRIS, presque exclusivement les retraités les mieux nantis.
À preuve, selon IRIS, 10 % des ménages les plus riches du Canada détiennent près de la moitié de tous les REER.
Les autres n'ont pas toujours la possibilité de cotiser. On a constaté que le pourcentage des ménages qui ont des dettes est passé de 25 % en 1993 pour plus que doubler et atteindre 60 % en 2010.
Selon l'auteure de la note socio-économique, Mme Éve-Lyne Couturier, cette situation d'appauvrissement des personnes âgées est causée par un système de retraite qui n'offre pas un bon taux de remplacement du salaire obtenu pendant la vie active.
En général, on juge que pour maintenir un niveau de vie comparable une fois à la retraite, on doit viser un taux de remplacement des revenus à 70 %. Au Canada, ce taux de remplacement n'atteint que 40 %.
L'Iris propose le modèle de la Suède. Dans ce pays, le régime de retraite est public. L'État prélève une cotisation de 18,5 % du salaire des travailleurs, assumée également par l'employé et l'employeur. L'argent est versé dans un fonds géré collectivement et est redistribué aux retraités selon différents critères.
Les autorités québécoises devraient effectuer un exercice de réflexion à ce sujet et s'aligner sur le système mis au point en Suède, sans nécessairement le copier mot à mot.