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Éditorial

Un hiver tout à l’envers !

Par Achille Hubert


La direction du Château Madelinot annonçait cette semaine que les activités touristiques de l’observation des blanchons sur la banquise du golfe Saint-Laurent étaient annulées. Pourquoi?

Parce que le golfe Saint-Laurent, qui habituellement est envahi par les glaces et les banquises en cette période hivernale, se trouve à l’eau claire. Cette situation engendre des conséquences négatives importantes dans deux secteurs économiques :

Soit l’observation des blanchons par des visiteurs venus d’aussi loin que le Japon et l’impossibilité de faire la chasse aux jeunes phoques qui ne seront pas au rendez-vous cet hiver.

La venue aux Îles de centaines de touristes asiatiques a contribué au développement d’un secteur important de cette jeune industrie hivernale.

D’autre part, les chasseurs ne pourront pas s’adonner à leurs activités de chasse parce que les jeunes phoques ne seront pas au rendez-vous, les mères porteuses n’ayant pas pu trouver de morceaux de glace assez grands pour leur permettre de mettre bas leur progéniture.

À qui doit-on attribuer la responsabilité pour cette situation déplorable
et quelle en est la cause?
Si les glaces ne sont pas au rendez-vous, c’est en très grande partie parce que l’air s’est réchauffé à tel point que les saisons ont été bouleversées. Un jour, c’est l’été, le lendemain, l’hiver est revenu, mais pas pour longtemps.

S’il y a des gens qui ne croient pas aux changements climatiques engendrés par les énormes quantités de gaz à effet de serre emprisonnées dans l’atmosphère, les phénomènes que nous vivons en cet hiver 2010 sont là pour prouver le contraire. Le grand responsable de ce phénomène, c’est l’homme moderne qui « garroche » dans l’atmosphère avec ses usines, des quantités énormes de CO2.

Aux Îles, les changements climatiques font plus de dégâts que sur la grande terre. Pourquoi? Parce que les glaces qui entouraient les falaises de l’archipel contribuaient à les protéger de l’érosion engendrée par les vagues puissantes.

Puisqu’il n’y a plus de glace autour des Îles durant l’hiver, le phénomène de l’érosion va s’accélérer de telle sorte que nos caps, nos falaises, même nos sentiers pédestres bornant le rivage sont en danger d’érosion galopante. Par contre, il y a un aspect positif à cette nouvelle situation : la traversée hivernale des bateaux de la CTMA entre Cap-aux-Meules et Souris sera plus facile et plus rapide.

Une question demeure : ce que nous vivons présentement, est-ce que ce phénomène se répètera chaque saison hivernale? Difficile à dire en toute certitude. Chose certaine, les hivers à venir ne seront pas comparables aux hivers d’autrefois qui duraient plusieurs mois et qui engendraient des accumulations gigantesques de coteaux de neige et qui, parfois, bloquaient littéralement toutes les routes.