Sara Dignard
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La semaine dernière, les comités de la Pointe de Havre-aux-Maisons et celle de Grande-Entrée, responsables des plans de revitalisation, qui travaillent depuis des années sur leurs projets respectifs, ont tous deux reçu une bien mauvaise nouvelle. En effet, en attente de la confirmation du soutien financier du gouvernement fédéral, ils ont tous deux appris que ce dernier les laissait en plan. Les deux présidents de ces comités, Jonathan Lapierre pour Grande-Entrée et Nicolas Arseneau pour Havre-aux-Maisons, dénoncent tous deux la situation.
À Grande-Entrée, depuis 1993, c'est un comité de 12 personnes qui s'impliquent bénévolement pour voir naître un réel projet de développement et de revitalisation de la Pointe. À Havre-aux-Maisons, c'est depuis environ trois ans qu'un comité informel de cinq citoyens s'est formé autour de la même volonté pour la Pointe. D'un côté comme de l'autre, les projets dépendent directement de l'implication logistique et monétaire du milieu, et, bien évidemment, du soutien monétaire des deux paliers de gouvernement. Alors que le milieu était tout ouïe et avait investi des sommes importantes, que le provincial eût, d'un côté comme de l'autre, confirmé son financement, c'est au niveau du fédéral que le bât blesse. En effet, après des années d'attente, les projets étant en plein envol, le verdict est tombé. Le financement n'arrivera pas comme prévu. Au menu, déceptions, colère et incompréhension.
Dérives administratives
C'est avec des budgets similaires, soit de deux à trois millions de dollars, que jonglent les projets de revitalisation de la Pointe de Havre-aux-Maisons et de Grande-Entrée. Des deux côtés, le son de cloche est le même. Le fédéral n'a pas été transparent et les a amenés à procéder à des dépôts de projets divers, à des études de marché, les forçant à s'adapter à divers critères changeants, pour finalement leur faire fausse route. Nicolas Arseneau parle de cafouillage : « Il n'y a pas eu de logique. On avait déjà une confirmation de six cent mille dollars du milieu, le fédéral nous a financés pour que l'on monte le projet, trois cent mille dollars ont été investis juste dans le dépôt de projet et quand nous sommes arrivés à l'action, ils se sont retirés. » Jonathan Lapierre confirme la même situation du côté de Grande-Entrée : « On a tenté, en février dernier, de se coller aux critères qui ont changé en cours de route. Le fédéral a joué au yoyo. Il fallait qu'il nous dise non au départ avant de nous demander d'investir des milliers de dollars dans des démarches administratives. » Nicolas Arseneau souligne aussi le fait que ces retards de financement amènent un développement chaotique et des dépenses supplémentaires qui auraient pu être évités : « Tous nos plans étaient faits, on avait avancé même si on attendait la réponse du fédéral qui nous a vraiment déçus. C'est un développement qui va se faire pareil, mais au lieu de le faire sur dix ans, on voulait donner un coup de barre et le faire sur deux, trois ans. »
Résilience et espoir
pour l'avenir des Îles
Jonathan Lapierre insiste. Il ne baissera pas les bras : « Je n'accepte pas ce non-là, il ne vaut rien, on n'a même pas fini de déposer le projet qu'on était en train de revoir et ils nous disent déjà non! C'est un non-sens. On veut des réponses, savoir quels sont les fameux critères pour mieux comprendre comment s'adapter. On demande donc une rencontre, soit qu'ils viennent aux Îles ou qu'on aille en Gaspésie. » Nicolas Arseneau soutient lui aussi qu'il faut garder espoir et aborder la situation sous tous les angles malgré l'épuisement qu'il commence à ressentir après ces années d'efforts : « Au moins là, on sait à quoi s'attendre, il faut rester optimistes, même si c'est très dur de mobiliser les bénévoles quand ça retarde à un tel point. Il n'y a pas d'employés qui s'occupent du développement de la Pointe en tant que telle, ce n'est pas qu'à moi et aux citoyens de prendre ça en main. » Le projet étant inclus dans la stratégie provinciale de développement de la Gaspésie et des Îles, c'est du côté de la députée, Jeannine Richard, que M. Arseneau va se tourner dans les semaines à venir pour discuter de la situation. Pour M. Lapierre, il est aussi question, au-delà des projets de Havre-aux-Maisons et de Grande-Entrée, de l'avenir de tous les projets du communautaire aux Îles qui sont en jeu : « Si des projets comme les nôtres ne passent pas, aucun projet en dehors du privé ne va passer. C'est très inquiétant pour le futur. »
Louis Vigneau du ministère des Transports le confirme, les travaux prévus de leur côté se poursuivent : « On n'est pas liés à leur financement et même si on a tenté d'être aidant avec eux, on est indépendants. Alors, ce qu'on avait de prévu, notamment de régler des problèmes de drainage, on va le faire. Pour le reste, on ne peut que souhaiter bonne chance au projet de revitalisation de la Pointe. » L'entrepreneur Hamel Construction ayant jusqu'en novembre 2013 pour finaliser les travaux promis au menu cet été, notons la finalisation des deux sections en cul-de-sac, la réparation des deux culées de béton de l'ancien pont, le belvédère et les sentiers pédestres.