Actualité
Sécurité nautique
Carte et compétences
sont de mise
Par William Phenix
Période estivale oblige, la sécurité nautique est de retour sur la sellette. Et les chiffres provisoires de la saison nautique 2010 inquiètent; en date du 15 juillet, déjà 52 personnes ont perdu la vie sur les plans d’eau au Québec.
Afin de réduire le nombre d’incidents impliquant des embarcations à moteur, Transports Canada oblige, depuis le
15 septembre dernier, tous les propriétaires et conducteurs de bateaux à moteur à posséder la carte de conducteur d’embarcation de plaisance (CCEP).
En vertu du règlement sur la compétence des conducteurs d’embarcations de plaisance, entré en vigueur progressivement depuis 1999, les plaisanciers qui n’ont pas encore la CCEP devront passer un examen à choix multiples comportant 36 questions sur la sécurité nautique et la conduite d’un bateau hors-bord. L’examen et l’accréditation coûtent cinquante dollars et peuvent se faire en ligne ou dans plusieurs centres de formation un peu partout au Québec. Dans l’archipel, le Centre nautique l’Istorlet, le Service routier Léon Lapierre et le Centre de formation professionnelle et aux adultes offrent les cours et l’accréditation.
Simple formalité, diront certains, mais pour Robert Dupel, porte-parole d’Examenbateau.com, fournisseur de cours accrédité par Transports Canada, la question revêt une importance majeure. « Malheureusement, il a fallu qu’il y ait des pertes de vies humaines pour qu’on prenne conscience de l’importance de la sécurité nautique. Conduire un bateau de plaisance sans carte de conducteur d’embarcation de plaisance est dangereux », conclut le porte-parole.
Conduire une embarcation à moteur sans sa carte de conducteur d’embarcation de plaisance est passible d’une amende d’au moins 250 dollars. La Sûreté du Québec, la GRC, les inspecteurs maritimes de Transports Canada ainsi que les polices provinciales, de comté ou municipales, peuvent appliquer le règlement et sévir partout au Canada.
Selon le lieutenant Jocelyn Montembeault de la Sûreté du Québec, la majorité des plaisanciers des Îles se sont déjà pliés au règlement. « Il y a des gens qui ne se conforment pas au règlement, mais ce n’est pas vraiment une problématique », confirme
M. Montembeault. L’année dernière, la SQ a effectué des vérifications auprès de nombreux conducteurs d’embarcations et « la grande majorité des plaisanciers avaient leur carte de conducteur d’embarcation de plaisance », d’ajouter le lieutenant de la SQ basé sur l’île de Cap-aux-Meules.
La saison estivale,
c’est aussi le kayak et
le cerf-volant de traction
Depuis de nombreuses années, passionnés et néophytes de kayak de mer et de cerf-volant de traction (kite surf) se retrouvent aux Îles de la Madeleine pour pratiquer leur sport. Bien que les conditions aux Îles soient reconnues pour leur qualité à travers l’Amérique du Nord, il y a toujours des risques inhérents à la pratique de ces sports. Des risques bien souvent méconnus du public, averti ou non.
« La plus grande erreur que les gens font en kite, c’est de décoller leur aile au sol trop près des autos, explique Lionel Dion, fondateur-instructeur de l’école Mouvents à Lavernière. On doit toujours décoller et atterrir dans l’eau. » M. Dion soutient qu’il y a aussi beaucoup de « kite-surfers » qui sont aux Îles pour la première fois et qui ne respectent pas la zone réservée aux planches à voile. Une erreur facilement évitable en parlant aux locaux ou aux habitués… ou en suivant une formation. Outre l’école Mouvents, Aérosport et La Petite École de Kitesurf offrent aussi des cours de sports aérotractés.
Du côté du kayak de mer, de nombreux kayakistes prennent souvent le risque de partir seul en plus de ne pas porter leur VFI. Frédric Côté, directeur du Parc de Gros-Cap et moniteur niveau II en kayak de mer, considère que beaucoup de kayakistes ne connaissent pas les techniques de récupération, nécessaire en cas de chavirement. Partir en mer sans connaître les répercussions des conditions météorologiques sur la pratique de leur sport est une autre erreur fréquemment commise. Le Parc de Gros Cap est le seul endroit aux Îles à offrir des cours de kayak de mer accrédités par la Fédération québécoise du canot et du kayak.
Selon le bureau du coroner, le nombre de décès en canot et en kayak a augmenté de 31 % si l’on compare la décennie 2000-2010 à la décennie précédente.




