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Actualité

Fuite de diésel :
des devoirs et des leçons...


Par Adèle Arseneau

Échouage du Corfu Island, puis celui du Irving Whale, trouvailles d'hydrocarbures au Sandy Hook, site des réservoirs d'Irving… l'on compte plusieurs incidents historiques dans la relation Îles de la Madeleine-hydrocarbures. Un nouvel évènement viendra marquer l'histoire : le déversement de diesel de l'oléoduc qui relie le quai de Cap-aux-Meules et la centrale thermique d'Hydro-Québec qui, au moment de mettre sous presse, le mercredi 17 septembre 2014, continue son flot.

Chronologie
d'un déversement
Le directeur régional des réseaux autonomes de la Société d'État, Alain Sayegh, explique qu'Hydro-Québec (HQ) procédait, le jeudi 11 septembre, à un test de pression dans son pipeline comme le veut la réglementation de Transports Canada et constate alors une anomalie. Le test est stoppé et HQ vide et ferme le conduit. Dans la journée, une mare huileuse est constatée dans l'eau du port commercial et de la marina de Cap-aux-Meules : les bateaux de pêcheurs sont inspectés, aucun coupable n'est pointé du doigt et l'équipe de Lavages industriels Vigneau, pour le compte de la Garde côtière, s'occupe du nettoyage à l'aide d'estacades et de matière absorbante en deux endroits du quai.

Alors que l'on croit que tout est terminé en soirée, de nouvelles flaques sont visibles le lendemain. Le nettoyage se poursuit donc et Hydro-Québec dépêche son équipe sur les lieux. Elle prend les rênes des opérations et s'active à une tranchée, le samedi, afin de localiser la fuite. Le dimanche, alors que le site est fermé à la circulation, le ministre de l'Environnement, Heurtel, le ministre de la Région, D'Amour, le député des Îles et le maire sont sur les lieux pour constater la situation. À ce moment, 46 barils de produits absorbants et 17 000 litres d'eau huileuse pompés à même une première tranchée près du port sont récupérés. Les ministres confirment que si besoin est, une aide financière sera versée. Cela dit, ils affirment qu'un bon travail a été fait et est en train de se déployer notamment avec des locaux professionnels. M. Heurtel explique que l'on devra attendre de tourner la page du déversement avant de tirer une leçon de cette situation.

Alors qu'on croit que le déversement est arrêté le dimanche, selon les mots du ministre de l'Environnement, le lundi suivant, l'on entend tout à la fois des excuses du PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal et la confirmation de nouvelles flaques de diesel, particulièrement à marée descendante. L'on calculait à ce jour 33 000 litres d'eau huileuse pompée et 81 barils de matières absorbantes souillées. Par mesure préventive, l'on ferme la pêche dans le secteur du quai dans un rayon d'un mille nautique.

M. Vandal indique alors qu'une deuxième tranchée est entreprise et qu'une nouvelle équipe est au travail, au niveau du confinement, du nettoyage, pour trouver la faille du pipeline et qu'une patrouille circule en mode surveillance dans la zone de dix mètres carrés. « Nous allons travailler jusqu'à ce que nous trouvions la source, allons réparer ou tout changer si cela s'avère nécessaire. Aussi, nous avons suffisamment de diesel pour fonctionner plusieurs mois, au-delà de novembre. Il n'y a donc pas de crainte à avoir de ce côté-là. Et s'il le faut, nous aurons les services d'un fardier. Toutes les interventions sont aux frais d'HQ », d'assurer le PDG.

Pour le maire, Jonathan Lapierre, malgré la satisfaction des mesures mises en place et la venue des hautes instances, la situation demeure préoccupante. Une réflexion sera à faire et un plan à échafauder avec Hydro-Québec pour que l'évènement ne se répète pas, d'insister le maire, avec l'instauration de mesures particulières de protection de l'archipel comme l'implantation d'un Centre d'intervention d'urgence de déversements pétroliers en mer. Alors que celui-ci confirme qu'aucune anomalie n'a été détectée au système d'aqueduc, M. Vandal explique qu'un carottage aura lieu sur quelques kilomètres pour en vérifier l'étendue. Notons que l'on ne sait encore à quel chiffre s'attendre à la fin de l'exercice.

Et l'industrie
des croisières?
Un peu en état d'alerte, le chef d'Escale Îles de la Madeleine explique que samedi, jour d'escale du National Geographic Explorer, des questionnements sur son organisation sont venus l'inquiéter. « Nous attendions le navire dans les vingt prochaines minutes quand on nous a annoncé le déversement. Il y a eu un branle-bas de combat : déménager quelques infrastructures, dont le bateau lui-même qui a dû occuper le quai du voyageur. Il a fallu s'aménager un coin, réaménager la zone et ensuite nous est venue la question des prochains navires… Devrait-on les annuler? » C'est, finalement rassuré par HQ, que le chef d'Escale poursuivra l'accueil des bateaux. « La zone sera surveillée, il faudra engager du personnel de plus, nous devrons établir un couloir puisque l'endroit est fermé, mais on a vu beaucoup de bonne volonté d'Hydro-Québec. »

Sonnette d'alarme pour
les environnementalistes
La présidente de l'organisme Attention FragÎles est inquiète de l'inconnu entourant encore la situation du déversement au niveau de la gestion de l'environnement, mais aussi au maintien du préjugé favorable que porte encore le gouvernement actuel au développement de la filière hydrocarbures. « Nous faisons face à des conditions, somme toute contrôlées, mais n'arrivons pas intervenir parfaitement. Ce genre de dossier s'accumule depuis des années sans que rien soit réglé (Irving Whale, Corfu, etc.), et ce, malgré toutes les bonnes intentions des gouvernements. Je crois que nous sommes à un tournant de notre avenir», d'expliquer Danielle Giroux. Tout en saluant la volonté municipale d'implanter un centre d'intervention, un doute survient quant à la capacité lors de gros déversements. Elle réclame que l'on tienne compte des recommandations du BAPE dont le raccordement des Îles par câble sous-marin au réseau d'hydroélectricité du continent.

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